[Critique] Paper Mario: Sticker Stars

Dès sa première apparition, les fans de la série Mario ont été charmés par les esthétiques mignonnes et tout simplement novatrices de Paper Mario. Des personnages uniques et des univers visuellement attrayants ont fait en sorte que cette franchise est devenue un incontournable à chaque apparition. Ceci étant dit après plus de 3 jeux sous cette franchise, est-ce que Paper Mario Sticker Star se collera au niveau d’excellence que ses prédécesseurs ont laissé ou tombera-t-il à plat comme une vulgaire feuille de papier?

Fiche Technique

Console(s) 3DS
Nombre de joueurs 1 joueur
Développeur Nintendo
Éditeur Intelligent Systems
Date de sortie Depuis le 11 Novembre 2012
Prix de détail suggéré 39.99$
ESRB E pour tous

Étincelant et charmant

Dès l’ouverture du jeu, on est rapidement charmé par les esthétiques qui sont caractéristiques à la franchise avec Mario et ses ennemis bien connus. Dès lors, nous sommes plongés dans un monde constitué de papier, de carton et d’autocollants. Ce qui frappe est le détail dans lequel cet univers a été utilisé à son plein potentiel. Tous les personnages sont pleinement conscients, comme dans les autres jeux, qu’ils sont des bouts de papier. Ils se trouvent empilés, froissés, mouillés, pliés, etc. Mais ce ne sont pas que les personnages qui ont droit à ce traitement hilarant. Les décors font aussi preuve de belles parures de bricolages et de papier. Parfois des origamis, parfois des constructions complexes, l’univers exploite à fond la thématique du bricolage et c’est tout à fait plaisant.

Ça colle…

Malgré le fait que la thématique papier soit omniprésente, l’objectif principal du jeu est la collection d’autocollants dans le but de sauver, encore une fois, le Royaume champignon du machiavélique Bowser. Avec l’aide des autocollants parsemés un peu partout et de son allié Kersti, Mario devra faire appel au pouvoir magique de ces joyeux morceaux collants pour progresser à travers les obstacles, mais aussi pour défaire ses ennemis. Une prémisse très enfantine, mais qui prend vie dans le jeu.

Le jeu utilise astucieusement les autocollants avec le mode de collage où l’écran peut se transformer en grande feuille pour y appliquer autocollants et bouts de papier. Les endroits prévus à cette fin sont définis par des carrés faciles à voir, mais seulement dans ce mode. Ce qui peut devenir problématique par endroits, car vous pourriez bel et bien passer à côté d’éléments importants pour coller quelque chose qui vous aidera plus tard. Le manque d’indications peut être aussi frustrant. Ça occasionne beaucoup de « tournage en rond » pour trouver le bon autocollant.

Vous pouvez trouver ces autocollants de diverses formes et couleurs, reluisantes ou holographiques, avec une force proportionnellement attribuée à sa brillance. On vous donne aussi la chance de pouvoir faire le tri de ces autocollants avec un livre qui peut aisément trier vos derniers achats ou trouvailles avec un seul bouton. Bref, c’est un retour en enfance pour bien des gens, au temps où collectionner des autocollants comme ceux de Dragon Ball était amusant et plus intéressant que les cartes de hockey!

Ça cogne…

L’utilisation centrale des multiples autocollants dans un système de combat comme bien des jeux de rôle sur le marché, le seul piège (que j’apprécie beaucoup) est que vos attaques sont basées sur les autocollants que vous possédez et non à des talents que vous gagnez magiquement au fil des niveaux. Le tout a été enlevé pour laisser place à de petits bouts de papier collant. Ceux-ci dictent les attaques, que ce soit un saut, un marteau ou une « gougoune ». Cela ajoute un niveau de profondeur intéressant, car les ennemis se transforment pour ne pas se faire sauter dessus ou certains ne peuvent pas se faire attaquer par une charge frontale. Même si vous manquez de collants, si vous vous défendez avec brio, le jeu vous donnera une chance en vous donnant un autocollant de temps à autre durant le combat.

De plus, le jeu offre des objets étranges et qui cassent la thématique, mais encore une fois, les personnages semblent totalement conscients que ces objets sont anormaux, bien que parfois utiles. Par exemple, on peut trouver une paire de ciseaux et les transformer en un autocollant surpuissant, autant pour les situations hors combats ou tout simplement pour des fins d’exploration.

Ça se décolle mal…

Pour autant de points positifs, on pourrait croire que j’ai été conquis par le jeu. Vous n’êtes pas totalement dans le tort, mais des points frustrants nuisent atrocement à l’expérience de jeu. Premier truc qui me chicote est l’espèce de sous-division des mondes : plutôt que de faire une histoire en continuité, on se promène dans un monde à la Super Mario, les niveaux semblent aussi plus élaborés pour une exploration qui ne devrait pas prendre plus que 3 secondes.

Autre point qui semble malheureux est le fait que la richesse de la franchise semble avoir été diluée de manière à ne garder que l’essentiel, sauf qu’à bien des égards, le résultat que nous obtenons est très loin de ce que nous connaissons. Mis à part les Toads, Kersti et les antagonistes du plombier moustachu, on se retrouve dans un environnement sans culture, ni richesse : les goombas, les koopas et tout le reste sont des ennemis, pas de personnages hors de l’ordinaire. On reste dans le Mario, sans essayer de pousser plus loin. Dans cet esprit, très peu d’explications sont données, outre le bon vieux « fouille et tu trouveras ». Malheureusement, je trouve que ceci occasionne une perte de temps colossale et peut devenir très peu amusante, spécialement dans le cadre du système de plan avec des niveaux différents.

Et tant qu’on y est, toujours se battre tout seul contre une horde de mécréants peut devenir lassant, spécialement dû au fait qu’outre que de donner des sous, ils ne donnent rien et peuvent être évités sans qu’il n’y ait de conséquences. Ces ennemis deviennent rapidement des nuisances plutôt que quelque chose qui devrait nous encourager à leur sauter dessus. Fort heureusement, pour palier au fait qu’on peut se retrouver un contre quatre dans un combat, on nous fournit le « battle spiner », une espèce de roulette qui donne des bonis et des utilisations d’autocollants supplémentaires durant le combat. En
investissant une quantité ridicule de sous comparé à celle que nous cumulons, on peut régler un combat en un tour. L’idée est bonne, mais j’aurais mieux aimé des partenaires avec des personnalités différentes plutôt que de m’aventurer seul dans cet univers, peut-être suis-je encore trop nostalgique des vieux jeux comme Super Mario RPG ou les autres Paper Mario.

Une excellente idée, une exécution discutable

Le jeu est tout de même une belle réalisation et un très bel environnement dans lequel jouer. Toutefois, son charme brise rapidement par ses nombreuses faiblesses. Le jeu offre néanmoins des moments mémorables et reste une expérience amusante. On voit qu’il y avait beaucoup de bonnes idées sur la table à dessin, mais malheureusement, à force de diluer l’expérience de jeu, j’ai de la difficulté à comprendre pourquoi ils ont pris une telle voie si peu originale pour une prémisse absolument sautée comme celle-ci. Ils auraient peut-être pu prendre un exemple sur la série Mario & Luigi pour trouver de l’inspiration.

Devriez-vous l’acheter?

MEH

C’est une bonne expérience si vous n’êtes pas un habitué des jeux RPG ou que vous soyez un fan fini de la série. Comme mentionné dans ma critique, l’univers charmant et caractéristique à Paper Mario est toujours la bienvenue, pourvu que le jeu se tienne. Malheureusement, je ne peux pas en dire autant de ce jeu. Je ne peux recommander le jeu, mais il vaut toutefois la peine d’être essayé avant de faire l’achat, question de vous forger une opinion plus forte à savoir si ce jeu vous colle à la peau.

À propos de Bruno-Pierre Campeau

Bruno est rédacteur en chef de la section jeux vidéo et est un passioné de l'industrie du jeu. Il jouer et aime en parler mais surtout il n'hésite pas à taper sur les doigts d'une companie lorsque celle-ci fait une erreur.

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