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Critique Le Sanctuaire
Bojana Novakovic dans Le Sanctuaire

[Critique] Le Sanctuaire, l’horreur entre folklore et nature intrusive

Cette fin de semaine, je me suis blottie dans mon petit lit après avoir visionné The Hallow ou en français Le Sanctuaire. Ce dernier est sorti en 2015, et a également été projeté au Festival de film de Sundance en avant-première. Son réalisateur et scénariste Corin Hardy, parait encore assez méconnu du grand public.  Cela dit, Le Sanctuaire pourrait bien être tremplin à sa carrière. Ce film d’horreur innove sur plusieurs plans tout en utilisant les clichés de ce cinéma. 

Tout d’abord, le scénario demeure plutôt classique, dans le ton d’un film du genre. Une famille londonienne, les Hitchens, quitte la grande ville pour emménager dans la campagne irlandaise. Leur joli bambin Finn pourra ainsi profiter de la nature dont une grande forêt entourant la maison. Mais ce paysage à la fois froid et à couper le souffle regorge d’une multitude de secrets. Ainsi Le Sanctuaire enchaîne ce suspense angoissant entre le voisin douteux, la forêt sombre, ou la découverte d’un cadavre animal dont la mort semble étrange.

De nombreuses fois, le scénario reprend les codes du film d’horreur. Parfois on s’attend à avoir peur, la lumière s’éteint, le chien jappe sans raisons apparentes, le téléphone ne fonctionne plus. Vous l’aurez compris, le suspense est présent, mais cliché à certains moments. Pourtant, il marche plutôt bien. Toute l’atmosphère, la mise en avant du décor naturel, cette Irlande folklorique font que le film n’est jamais ennuyant malgré des codes souvent reconnus.

D’ailleurs, c’est de cette Irlande folklorique que Corin Hardy tire la force du film. Adepte des créatures telles que les vampires ou encore les zombies, le réalisateur parvient à s’éloigner de cet univers déjà exploité des centaines de fois. Il opte plutôt pour des êtres de la forêt tout aussi effrayants, peut-être même plus, inspirés des contes irlandais.

Critique Le Sanctuaire
Source: pophorror.com

J’ai également trouvé le jeu d’acteur assez bon. Le père de famille est incarné par Joseph Mawle, l’oncle Benjen Stark dans Game of Thrones. Il donne une performance juste dans cet univers horrible. Bojana Novakovic ou Claire Hitchens dans le film peut paraitre agaçante, mais son jeu s’associe finalement bien. Le spectateur angoisse tout autant que cette jeune mère. On notera également la présence de Michael McElhatton, le voisin étrange dans Le Sanctuaire ou encore le détestable Roose Bolton dans Game of Thrones. Il introduit la notion de peur pour les Hitchens. J’ai même regretté cette apparition à l’écran trop courte à mon gout, représentant à merveille l’élément de l’épouvante.

Enfin, vous l’aurez compris, Le Sanctuaire est un bon film d’horreur avec l’originalité de ne pas utiliser le filon du zombie à nouveau. Il propose une alternative réussie et évite les longueurs, d’ailleurs quasi-inexistantes. Effectivement pas une grande adepte du genre, Les 97 minutes du film n’ont pas semblé s’étirer à l’infini. En général, j’ai vraiment apprécié ce visionnement. Finalement, Le Sanctuaire serait idéal un vendredi soir affalé dans votre canapé en commençant par rêver des paysages irlandais jusqu’à découvrir l’enfer du folklore.

À propos de Janis Koparanian

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