Les jeux en mode solo pour le confinement

Nous vous avons présenté une série d’articles sur nos suggestions de jeux pour Noël 2020. Suite aux prévisions et aux recommandations de la santé publique, vos vacances du temps des Fêtes seront probablement très différentes. Une période de confinement pour les personnes vivant seules, c’est beaucoup moins d’occasions de jouer à vos jeux de société préférés. Donc, j’ai décidé de vous présenter une sélection des jeux en mode solo pour votre confinement.

Je tenterai de passer à travers divers styles de mode solo. Les jeux conçus pour les solistes, les jeux avec un mode solo intégré, les jeux avec un adversaire artificiel (automa) et les variantes solos faites par les adeptes de ces jeux. Commençons !

Les conceptions pour le solo

Même s’ils accommodent parfois jusqu’à deux joueurs, les jeux suivants sont essentiellement faits pour jouer seul. Ils sont souvent perçus comme un jeu de patience pour les joueurs, offrant des mécaniques et des sensations comparables aux jeux de société comme vous les connaissez. Voici des jeux purement solos pour le temps du confinement.

L’Onivers

Les jeux de l’Onivers, de Shadi Torbey, édités par Filosofia (français) et Z-Man Games (anglais). C’est une série de jeux solo. Le premier est Onirim (jeu de cartes), où on tente de trouver des portes pour sortir d’un rêve. Mon préféré est Sylvion, un « tower defense » où on tente de sauver une forêt des ravages du feu. Vous trouverez également Castellion (jeu de tuiles), Nautilion (un roll and move avec un twist) et Aerion (jeu de dés à la Yahtzee avec de belles mécaniques). Tous de très bons jeux en solo.

Jeu de société Goblivion

Goblivion

Un « deck-building » mixé avec un « tower defense  » où vous devrez vous préparer à défendre votre château en entraînant les paysans et les gens du village. Un très bon jeu avec des défis très variés.

Palm Island

  • Auteur : Jon Mietling
  • Illustrateur : Jon Mietling, Mirko Suzuki
  • Éditeur : Nuts ! Publishing (français), Portal Dragon (anglais)
  • Page BoardGameGeek

Un pur « deck-building » dans votre main. Vous avez un nombre précis de tours pour améliorer vos 17 cartes. C’est addictif, rapide et occupe zéro espace sur la table. Un jeu parfait pour les amateurs de « deck-building » .

Arkham Noir

  • Auteur : Yves Tourigny
  • Illustrateur : David Prieto, Yves Tourigny
  • Éditeur : Edge Entertainment (français), Ludonova (anglais)
  • Page BoardGameGeek

C’est une fusion entre le jeu de patience et un casse-tête mais en mode gamer. Vous devrez gérer votre deck de cartes afin de découvrir et enchaîner les indices qui vous aideront à résoudre des enquêtes de meurtres. Le tout dans l’univers de H.P. Lovecraft. Faite vite avant de vous épuiser et de devenir fou !

Les jeux avec un mode solo intégré

Cette section fait surtout référence aux jeux qui, de par leur conception, peuvent se jouer seul en ne modifiant rien ou presque rien dans votre partie. On doit souvent tenter d’optimiser nos actions et de battre notre propre score d’une partie à l’autre. Quand un un jeu a bien intégré son mode solo, vous verrez que confinement ou pas, c’est que le jeu est bien fait

Les Châteaux de Bourgogne, le jeu de cartes

  • Auteur : Stefan Feld
  • Illustrateur : Julien Delval, Harald Lieske
  • Éditeur : Alea
  • Page BoardGameGeek

C’est Les Châteaux de Bourgogne sans les dés. En fait vos cartes sont multi-usages, elles serviront de cartes et de dés. De toutes les itérations de ce jeu, c’est celle qui offre le mode solo le plus intéressant. Vous ferez de petits paquets de cartes qui, de manche en marche, seront révélés pour que votre adversaire virtuel score. La mise en place est donc facile et le tour de l’adversaire ne prend que quelques secondes. Un bon choix pour jouer seul à ce classique.

Agricola, les fermiers de la Lande

C’est pratiquement le même jeu qu’à deux et vous tentez d’optimiser votre exploitation agricole. Vos clôtures sont non seulement utiles pour vos constructions mais seront aussi le compte-tour pour le jeu. J’ai bien aimé faire des parties solos, particulièrement pour me familiariser avec toutes les extensions présentes dans la boîte.

La Quête du Bonheur

  • Auteur : Adrian Abela, David Chircop
  • Illustrateur : Panayiotis Lyris
  • Éditeur : Super Meeple (français), Artipia Games (anglais)
  • Page BoardGameGeek
  • Notre critique

Dans ce jeu, vous aurez à atteindre un certain niveau de bonheur à long terme (c’est comme ça qu’ils nomment les points dans ce jeu) pour être déclaré vainqueur. Ce jeu est pour moi une découverte ludique, c’est tellement drôle, on se refait une vie différente à chaque partie. Avec l’extension « Thug Life » on peut même faire de très mauvais choix, c’est très amusant.

Calico

Il n’y a qu’une seule différence avec le jeu régulier pour sa version solo, c’est de défausser la tuile la plus à droite, sur la rivière de tuiles, pour le tour de l’adversaire imaginaire. À la différence de plusieurs jeux, Calico vous offre des défis très différents en mode solo. Il y a tant de variabilité que l’utilisation de certaines tuiles de pointage et de certains chats demande 58+ points pour gagner ou 64+ points, etc. Dix défis, de plus en plus difficiles à atteindre sont déjà inclus dans la boîte. Bonne chance, ce n’est pas si facile !

Les jeux avec un adversaire virtuel (automa)

Le plus intéressant pour recréer la sensation originale du jeu, c’est d’avoir un adversaire virtuel (automa, depuis que Stonemaier utilise le terme). C’est le plus souvent un paquet de cartes. Vous retournerez une ou deux cartes et elles vous indiqueront la marche à suivre pour les mouvements et/ou les choix de l’adversaire. Quand c’est bien fait, c’est la solution la plus intéressante. En confinement, ce qui nous manque, c’est un adversaire, regardons ces jeux avec un mode solo de style automa.

Les Pillards de la Mer du Nord

  • Auteur : Shem Phillips
  • Illustrateur : Mihajlo Dimitrievski
  • Éditeur : Pixie Games (français), Garphill Games (anglais)
  • Page BoardGameGeek

Ce jeu, tout comme certains du Royaume de l’Ouest, du même auteur, a un paquet de cartes très simple à utiliser, au tour de votre adversaire, vous tournez une carte et suivez les instructions. C’est déjà un gros jeu, le fait que les tours de l’adversaire soient simples à gérer nous donne le goût de rejouer. J’ai particulièrement aimé le mode solo des Pillards ainsi que celui des Architectes du Royaume de l’Ouest qui arrive même à recréer la capture de vos ouvriers.

Wingspan

  • Auteur : Elisabeth Hardgrave
  • Illustratrices : Ana Maria Martinez Jaramillo, Natalia Rojas, Beth Sobel
  • Éditeur : Matagot (français), Stonemaier Games (anglais)
  • Page BoardGameGeek
  • Notre article

L’automa est aussi alimenté par des cartes. Vous avez des cartes où plusieurs actions sont possibles. Mais c’est la carte juste en-dessous avec une flèche avec le numéro de la manche qui détermine quelle action sera sélectionnée cette fois-ci. L’expérience est fluide et les parties plus rapides que dans mon premier exemple (les jeux de Shem Phillips). L’automa fera également varier les objectifs de pointage de fin de manche et vous pourrez également ajuster le niveau de difficulté, c’est un plus si vous faites beaucoup de parties.

Sierra West boîte
Image courtoisie de Board & Dice

Sierra West

Le jeu a déjà beaucoup de rejouabilité considérant qu’il arrive avec quatre modules différents dans la boîte. L’automa, également géré par des cartes, est particulièrement ingénieux. Vous aurez besoin de deux cartes à chaque fois, la portion droite (de la carte de gauche) indiquera quelle action effectuer sur la portion gauche (de la carte de droite). C’est tellement simple que l’idée est maintenant de plus en plus présente dans le monde du jeu. Le jeu est déjà un beau mélange de « deck-building » et de placement d’ouvriers qui le transforme en création d’une chaîne d’actions, c’est très intéressant.

Everdell

  • Auteur : James A. Wilson
  • Illustrateur : Andrew Bosley, Cody Jones, Dann May
  • Éditeur : Matagot (français), Starling Games (anglais)
  • Page BoardGameGeek

Ce jeu de placement d’ouvriers et d’« engin building » a un mode solo où l’intelligence artificielle est gérée par un dé. L’adversaire bloquera certains endroits où placer vos ouvriers et certaines cartes. Comme il n’a pas à payer ses cartes, il est redoutable et devient rapidement très gênant. Il est également possible d’augmenter le niveau de difficulté, donc vous n’êtes pas sorti du bois, littéralement. C’est beau, c’est un vrai défi et ça fonctionne aussi avec les différentes extensions.

BoardGameGeek en mode solo

Plusieurs jeux ont maintenant des modes pour jouer en solo grâce à l’éditeur mais aussi, grâce à des contributeurs sur BoardGameGeek (BGG), le site le plus complet sur les jeux de société. Donc, lorsque vous consultez la page BGG d’un jeu, il n’est pas rare de voir, dans la section Files (fichiers) des modes pour jouer en solo développés par des amateurs. Pour le confinement, il vous est possible de trouver des modes de jeux en solo, en voici quelques-uns.

Five Tribes

Five Tribes
Five Tribes

Même s’il existe un mode solo officiel tout à fait convenable, des internautes ont glissé d’autres versions pour jouer en solo. J’en ai testé une que j’apprécie particulièrement. Ça reste un mode où il faut battre son propre score mais c’est bien agréable à jouer.

7 Wonders Duel

 

Déjà retravaillé pour être joué à deux joueurs, 7 Wonders Duel peut maintenant être joué contre un adversaire artificiel. C’est un tout petit paquet de cartes à imprimer et qui sera joué avec un des adversaires proposé par le jeu. Cléopâtre n’était pas juste jolie mais redoutable. Chaque adversaire aura des particularités différentes.

Root

  • Auteur : Cole Wehrle
  • Illustrateur : Kyle Ferrin
  • Éditeur : Matagot (français), Leder Games (anglais)
  • Page BoardGameGeek

Le jeu est fourni avec un mode solo, la Marquise mécanique. Mais les amateurs du jeu ont tellement travaillé fort qu’ils ont amélioré le mode solo et en ont inventé plusieurs autres. L’équipe de Leder Games a tellement apprécié le travail des amateurs que des versions officielles ont été refaites et sont maintenant disponibles. Le jeu n’est pas simple à la base (car très asymétrique), mais si vous aimez l’expérience et que vos amis vous manquent, il est maintenant beaucoup plus facile d’y jouer.

Inventez !

J’ai moi-même tenté, durant le confinement (c’était tellement long) d’inventer des modes de jeux pour jouer en solo. J’aime bien jouer à Silver & Gold (Pandasaurus Games, page BGG) de Phil Walker-Harding, mais il n’avait pas de mode solo. En y pensant bien, je pouvais éliminer et scorer une carte en utilisant un simple D6 pour l’adversaire et continuer à jouer comme si de rien n’était. Ça fonctionne et je l’ai placé sur BGG.

Même chose pour le jeu Pioneer Days (TMG, page BGG) de Matthew Dunstan et Chris Marling. Pas de mode solo pour ce sympathique jeu de draft de dés. J’ai imaginé et fait un automa basé sur des cartes. La colonne de droite d’une carte sélectionne les actions de la colonne de gauche de la carte qui est placée à ses côtés. Ce n’est pas sans failles mais j’étais bien fier de moi et c’est aussi disponible sur BGG.

Pour une bonne source de défis en solo il y a également la chaîne YouTube de Martin Montreuil : La société des jeux, à voir absolument.

Pour conclure

La liste des jeux que l’on peut jouer en solo durant le confinement est de plus en plus longue : Parks, Tapestry, Viticulture, Gentes, Dominations, Pharaon, Valley of the Kings, Empires of the North, Fantastic Factories, Suburbia, Shakespeare, Clans of Caledonia, la plupart des Roll & Write et presque tout les jeux d’Uwe Rosenberg. J’arrête là, la liste serait trop longue, mais c’est un sujet passionnant qui enthousiasme de plus en plus de monde. Il y a des groupes sur Facebook et bien d’autres plateformes qui vous orienteront dans vos recherches. Mes exemples et mes opinions n’engagent que moi mais j’espère avoir piqué votre curiosité. Bonnes découvertes ! Bon confinement ! Bon temps des fêtes !

Jouer en solo : « Pourquoi tu ne joues pas à un jeu vidéo à la place ? »

À propos de Martin Lauzon

Amateur de jeux de société, de comic books américains, de BD québécoises et européennes, YouTuber amateur, artiste visuel et musicien. J'ai trop de passe-temps alors j'ai décidé d'ajouter Geekbecois à la liste.

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