Baldur’s Gate : Dark Alliance II – Le retour du mal-aimé

Mon coloc avait ce jeu sur la Xbox 360 et je n’ai jamais vraiment été intéressé. En fait, je n’en avais entendu que de mauvais commentaires. Cependant, je dois admettre que ma curiosité m’a attirée vers le jeu. Alors que les nostalgiques seront peut-être heureux d’apprendre le retour de Baldur’s Gate : Dark Alliance II, certains comme moi n’ont jamais osé toucher à ce jeu. Pour ceux qui ne le connaissent pas du tout, nous sommes loin de la série Baldur’s Gate, nous sommes plutôt dans un hack ‘n’ slash rappelant la série Diablo. Curieusement, malgré le fait qu’il y ait moins d’options, le jeu est sorti cinq ans plus tard… En lisant cette critique, gardez en tête que je n’y avais jamais joué auparavant. Il se pourrait que mon opinion soit teintée de graphismes d’une autre époque.

  • Studio de développement : Square One Games Inc., Black Isle Studio.
  • Éditeur : Interplay Entertainment Corp.
  • Plateformes disponibles : PC, Xbox Series S, Xbox One, Xbox, PlayStation 5, PlayStation 4, PlayStation 2, Nintendo Switch
  • Plateforme de test : PC
  • Classement : Adolescent
  • Prix : 33,99$
  • Page Steam du jeu

De nouveaux héros

Baldur’s Gate : Dark Alliance II est une bien étrange créature. Il s’agit d’un étrange mélange de jeux populaires d’une autre époque. On y voit des liens (évidents) avec Baldur’s Gate, mais aussi avec Diablo ou même avec certains jeux d’arcade comme Golden Axe. Le jeu est un véritable voyage dans le temps, une véritable expédition dans la nostalgie. On redécouvre un jeu considéré comme un classique par certains, comme un navet pour d’autres. Le scénario n’a rien d’exceptionnel non plus, on ne réinvente pas la roue. Au départ, les joueurs incarnent des aventuriers qui apprennent que la route est devenue beaucoup plus dangereuse suite aux attaques de gobelins dans la région.

Évidemment, de fil en aiguille, les personnages découvriront un complot avec plusieurs personnages mystérieux qui n’auront que quelques lignes de texte dans toute l’histoire… On sent que les créateurs ont tenté de créer une atmosphère de suspense, sans pour autant y arriver. Encore une fois, le jeu provient d’une époque révolue et je doute qu’il se voulait un grand jeu de rôle. Les créateurs ont voulu amener un jeu de Donjons et Dragons sur console et se sont concentrés sur l’aspect « action » plutôt que « jeu de rôle ». Vous pouvez choisir entre cinq personnages, représentant (presque) des archétypes de Donjons et Dragons et les faire se frayer un chemin jusqu’à la victoire, à grands coups d’épée dans l’tas.

Le choix des personnages est parfois original, je continue de penser qu’il s’agit d’un choix « intéressant » de faire en sorte que le roublard soit un nain.

Lacunes au niveau des mécaniques

J’ai trouvé plusieurs lacunes au niveau des mécaniques du jeu. Encore une fois, il s’agit de lacunes qui sont récurrentes dans les jeux d’une autre époque, mais qui auraient tout de même pu être évitées ou même améliorées dans le rematriçage. Par exemple, plusieurs problèmes sont en lien avec l’inventaire du personnage. Alors que vous arpentez les donjons du jeu, vous trouverez un bon lot de trésors, d’armes et d’objets magiques divers. Cependant, il n’y a aucune manière de connaître les bénéfices des objets magiques. Ne trouvant pas la réponse sur Internet, j’ai acheté un « bon anneau de combat » sans trop savoir ce qu’il faisait. Je n’ai pas vraiment vu de différence non plus dans mon personnage, mais j’imagine qu’il devait frapper plus fort ou toucher plus facilement les créatures. Malgré le fait que l’option « Information » soit disponible, on ne nous donne que le nom de l’objet.

Bref, dans un jeu où on doit tenter de maximiser nos chances de survie afin d’explorer plus de donjons et trouver plus de trésors, j’ai été déçu de voir que je ne pouvais même pas comprendre tout ce que je pouvais faire.

L’inventaire est également présenté un peu n’importe comment. Il s’agit d’une liste d’objets, catégorisée. Par exemple, on a une liste d’objets pour les armes, une pour les armures, et une pour les objets magiques. Or, la capacité d’avoir des objets sur soi est tellement grande, que l’on se perd facilement dans les objets que nous avons. De plus, il n’y a aucune façon de comparer les statistiques des diverses pièces d’équipements. Si vous trouvez de nouveaux gants, vous devez chercher dans la liste les gants que vous avez équipé afin de comparer votre statistique de défense. D’ailleurs, les statistiques n’ont rien à voir avec Donjons et Dragons.

Même son de cloche au niveau de l’évolution du personnage. Comme dans plusieurs jeux du genre, nos personnages gagnent de l’expérience en tuant des monstres et en accomplissant des quêtes. Cependant, peu d’explication est donnée sur ce que nous faisons lors de l’acquisition d’un niveau. On doit mettre des points de compétences dans de nouveaux pouvoirs, mais ils ne veulent rien dire. On peut améliorer notre statistique de “toucher” de +1, mais qu’est-ce que ça signifie exactement ? Dans Donjons et Dragons, le toucher est une statistique qui permet de déterminer ou non si l’on peut toucher une créature. Cependant, bien qu’il emprunte la franchise de D&D, les mécaniques n’ont aucun lien avec cette dernière. Est-ce que c’est bon d’augmenter mon « toucher » de +1 ou est-ce que c’est risible, puisque l’on joue à un jeu d’arcade ?

Les combats

Je ne sais pas pourquoi, certains points me dérangent beaucoup. Par exemple, alors que je jouais un roublard, il m’arrivait de m’éloigner du combat afin de me positionner et utiliser mes armes à distance. Semble-t-il que chacune des créatures du jeu est tout droit sortie d’un film d’horreur. Alors que les monstres s’approchent vers vous, ils marchent lentement. Dès que vous leur tournez le dos, ils se mettent à courir, empêchant ainsi de créer une distance entre eux et vous. La solution ? Sur des airs de Call of Duty, vous pouvez vous mettre à sauter partout pour avancer un peu plus vite. Mon problème, c’est que je ne comprends pas pourquoi la vitesse des monstres change. On dirait que ce petit détail m’agresse à chaque combat. Je préfère donc tirer de l’arc, tout en étant en mêlée avec ma cible.

D’ailleurs, je n’ai pas eu l’impression de pouvoir personnaliser autant que je le voulais mes façons de combattre. Mon personnage est condamné à utiliser une arbalète pour être efficace. Voyez-vous, chacun des personnages a des spécialisations et des armes favorites liées à leur classe. Évidemment, c’est normal, sauf que dans un jeu inspiré de Donjons et Dragons, je m’attends à avoir plus de versatilité. Pourquoi est-ce que les compétences de ma classe sont liées spécifiquement à l’arbalète ? Pourquoi n’ai-je aucune compétence en lien avec les arcs ? Le jeu nous force à utiliser des options précises afin d’être efficace, donnant une impression factice de liberté.

Autre fait agaçant, certains ennemis ne sont pas à la même hauteur que vous. Or, même avec un arc à flèches, je n’arrivais pas à les attaquer. Je devais constamment me mettre au même niveau qu’eux afin de les atteindre. Symbole d’une autre époque, le jeu possède une quantité de limites qui sont parfois ennuyeuses.

On achète ou non ?

Pour ma part, n’ayant jamais joué, j’y ai découvert un jeu démodé et je n’ai pas trop compris l’intérêt d’y jouer. J’ai eu l’impression d’appuyer constamment sur le bouton « A » de ma manette, en espérant avoir un autre petit bout d’histoire qui n’est pas particulièrement intéressante. Cependant, je suis légèrement déçu. Je me rappelle de l’époque où mon coloc avait le jeu, et je me dis que j’aurais fortement apprécié y jouer avec lui, sur le même téléviseur. Un peu comme la fois où j’ai réessayé Golden Eye sur la Nintendo 64, je me suis dit que le peu de temps que j’avais à mettre sur des jeux vidéo aurait pu être mieux utilisé. Au final, je crois sincèrement que les amateurs du jeu original seront heureux, mais moi, néophyte de Dark Alliance, je n’y ai pas trouvé mon compte.

Vous voulez un bon jeu de hack ‘n’ slash ? Faites-vous plaisir et achetez-vous la réédition de Diablo 2 ou allez du côté de Grim Dawn.

J’aime

  • L’option de jouer en multijoueur sur le même écran

J’aime moins

  • La gestion d’inventaire
  • Le fait que l’on doit toujours appuyer sur le même bouton
  • Les contrôles avec une souris et un clavier
  • Le manque de lien avec Donjons et Dragons

La copie de Baldur’s Gate : Dark Alliance II a été fournie par Interplay Entertainment Corp..

Baldur's Gate : Dark Alliance II

Scénario
Graphismes
Bande sonore
Jouabilité
Durée de vie

Pour les nostalgiques

Un jeu qui saura plaire aux amateurs de la version originale, mais qui laissera peut-être froids les gens s'aventurant en territoire inconnu.

À propos de David Charbonneau

Étudiant et geek à temps plein, je suis passionné de jeux vidéo, de cinéma et de culture populaire. Ce que je préfère par-dessus tout est généralement un bon scénario, car l'histoire est pour moi plus importante que tout. J'anime également le podcast « Les choses qui n'intéressent (peut-être) que nous » sur les ondes de CHOQ.ca.

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