Prison Simulator : une simulation de redondance

Vous avez toujours rêvé d’être un gardien de prison ? De vivre sur l’adrénaline afin de gérer des prisonniers avec des personnalités propres, une histoire et des objectifs précis ? Si vous avez répondu oui à l’une de ces questions, peut-être devriez-vous rebrousser chemin… ! Prison Simulator ne répond absolument pas à ces critères. Malgré le fait que le concept est intéressant sur papier, nous sommes loin d’avoir un chef-d’œuvre devant nous. Je vous rassure, nous ne sommes tout de même pas devant le très regrettable Lumberjack’s Dynasty.

Prison Simulator : loin d’être une chanson de Pagliaro

Brève visite de la prison

Vous débutez votre expérience dans un vestiaire, devant un gardien de prison qui vous souhaite la bienvenue. Il vous amène devant le directeur de prison qui vous souhaitera à son tour la bienvenue. On vous explique que vous aurez des tâches à accomplir pour bien faire votre travail dans la prison. Votre journée sera donc une suite de « mini-jeux », dont la plupart se ressemblent, afin de « simuler » des tâches qu’un gardien de prison pourrait faire. J’y reviendrai. Vous pourrez ainsi gagner un maigre salaire qui augmentera selon certaines de vos décisions. Serez-vous corrompu ou non ?

La prison aussi pourra gagner de l’argent. Comment ? Je n’ai pas trop compris puisque ce n’est pas nécessairement super clair. Il me semblait que c’était en fonction de la relation que nous avions avec le personnel et les habitants des lieux… Vous pourrez ainsi agrandir les lieux et bonifier les effets de certains trucs. Pourquoi ? Je ne sais pas. Nous n’avons pas d’objectifs, donc cela me semblait une fonction assez inutile.

Côté scénario, on tente de nous enfoncer dans la gorge une histoire de complot où certains gardes dirigeraient un réseau de vente de drogues. Je suis tombé en bas de ma chaise tellement je trouvais cette prémisse originale. J’aurais aimé y penser moi-même.

Introduction au jeu Prison Simulator où un garde nous explique qu’il faut parfois fermer les yeux pour éviter des émeutes.

La routine s’installe rapidement

Donc, je ne les ai pas comptés, mais la journée se divise en trois ou quatre activités. Ces activités sont des mini-jeux. Plus on gagne de niveaux et plus des éléments s’ajoutent. L’un des jeux, par exemple, c’est de s’assurer qu’au moins douze prisonniers se lavent durant trois minutes. Cependant, il n’y a que trois douches ! Vous devrez donc distribuer les serviettes à ceux qui s’impatientent le plus afin d’éviter qu’ils partent sans se laver et que votre réputation baisse ; je pense.

On doit aussi régulièrement, dans trois jeux, regarder que les dossiers des prisonniers ne sont pas falsifiés et faire une fouille. Les dossiers comportent environ trois éléments. De façon similaire au jeu Papers, Please ! on doit s’assurer qu’il n’y ait aucune erreur dans l’identification des prisonniers. Ensuite, on les accepte (ou non…) dans la prison. On peut aussi accepter (ou non) leurs demandes ou accepter (ou non) qu’ils soient relâchés. Bref, c’est un tantinet absurde (et redondant). Puis, vient finalement la fouille. Il faut littéralement garder son doigt sur la touche « F » en pointant le prisonnier. On peut être de côté, en diagonale, loin… Ce n’est pas très grave. Une fois que l’on a gardé notre doigt assez longtemps, une image d’un objet que l’on a trouvé survient. Je ne sais toujours pas, à ce jour, pourquoi il faut garder notre doigt sur le bouton aussi longtemps puisqu’il n’y aucune répercussion à notre geste. D’ailleurs, je me suis rapidement rendu compte que je gagnais de la réputation avec les prisonniers lorsque je les fouillais et que je ne prenais pas les objets qu’ils avaient sur eux.

Vos journées seront divisées en plusieurs séquences où vous devrez vous consacrer à des tâches très répétitives.

Je suis la vedette de la prison

Le jeu semble orienté autour de la réputation que nous avons auprès de nos collègues, mais aussi des prisonniers. Malheureusement, après une dizaine d’heures de jeu, je n’ai pas vraiment vu la nécessité de gérer ma réputation avec quiconque. En fait, sans le vouloir, ma réputation a augmenté rapidement avec les forces de l’ordre. En fait, chaque fois que je prenais un objet aux captifs, ma réputation montait énormément. Le problème ? C’est qu’elle ne baissait pas aussi drastiquement du côté des prisonniers. J’ai donc atteint 100 % de réputation avec les gardiens dans mes premiers jours de mandats. Puis, je me suis rapidement mis à être blasé. Je n’avais pas une mauvaise réputation avec les prisonniers, donc j’imagine que ça explique pourquoi… il ne se passait rien de spécial. En fait, je me suis rapidement mis à commettre des délits pour voir si ça changerait quelque chose.

Mon sort était le même. Ma réputation s’est mise à augmenter avec les criminels, mais elle ne baissait pas aussi vite avec les policiers. Puis, je me suis rendu compte que je pouvais acheter de nouveaux meubles pour les cellules. La plupart augmentaient la réputation auprès des larbins de 5 % sans m’en faire perdre avec les forces de l’ordre… Je suis maintenant la personne la plus respectée de la prison. Toujours rien.

Il y a pourtant un mode de difficulté qui précise que lorsque l’on meurt, on meurt définitivement. Or, lorsque je me fais attaquer, je crois que quatre coups de matraque suffisent pour prendre le dessus sur mon adversaire. Jamais je ne me suis senti menacé.

L’une des routines du gardien de prison est de faire travailler les prisonniers à l’atelier.

Ce ne sont pas les pogos les plus dégelés de la boîte

On aurait pu penser que la vie serait beaucoup plus facile en ayant une bonne réputation avec tout le monde. Or, l’intelligence artificielle semble programmée afin que les prisonniers soient tous des abrutis de première classe. En fait, même les personnages qui sont « harmless » sont dangereux. On ne sait pas pourquoi, tous les prisonniers finissent par tenter de nous frapper ou de frapper d’autres prisonniers. Même chose pour les gardiens. Oui, je comprends, il semble y avoir un système de haine entre les personnages. Je n’ai tout de même pas ressenti les personnages comme étant des entités vivantes. J’ai surtout eu l’impression que les prisonniers étaient programmés pour faire du grabuge.

Dans la routine qui se déroule à l’atelier, par exemple, je ne pense pas qu’il soit arrivé une fois qu’un prisonnier ne tente pas de mettre le feu ou d’en attaquer un autre. Il y en a même un qui a tenté de mettre le feu (en frottant des bouts de bois ?) à côté d’un gardien de prison sans que celui-ci réagisse. Je me suis senti bien entouré, par une équipe forte et sélectionnée avec soin par les RH de la prison.

Le problème provient surtout du fait que c’est régulier. Systématiquement, les prisonniers agiront négativement. Jamais il n’y a d’activité qui se passe sans anicroche. Bref, on reste en permanence sur le qui-vive en attendant que la chose qui doit se produire surgisse gratuitement.

Cet homme, sur la chaise électrique, a fait une fraude fiscale. À MORT !

Il y a deux côtés à une médaille

Deux aspects sont quand même sympathiques. Tout d’abord, la personnalisation de notre prison permet quand même de jouer avec un sourire en coin. Nous pouvons nommer les prisonniers, changer leur apparence physique, créer des clans et nommer notre prison. Je n’ai pas particulièrement joué avec la personnalisation de prisonnier (il y a une touche aléatoire), mais je peux comprendre comment cette fonction peut être drôle. Malsain est l’autre qualificatif qui me vient en tête. Il serait facile pour quelqu’un de tenter de recréer les gens qu’il haït dans le simulateur afin de les faire croupir au fond d’une geôle. D’ailleurs, certains se sont amusés à créer des personnages (fictifs) que nous connaissons tous. Et Donald Trump. Un très peu ressemblant Donald Trump.

Ce qui m’amène à l’autre point intéressant de l’expérience : les mods. Pour l’instant, il ne s’agit que de prisonniers déjà faits, mais le jeu permet d’utiliser du contenu créé par d’autres utilisateurs. Est-ce un gage de succès pour l’avenir ? Les commentaires sont bons sur Steam, on peut donc croire qu’une communauté risque de se former et de potentiellement améliorer le jeu. Comme je l’ai écrit, je considère que le concept est intéressant et j’aimerais bien y voir des améliorations.

J’ai eu beaucoup de plaisir à trouver le nom des divers gangs de ma prison « La petite chatouille ». À noter que je n’ai eu aucune interaction avec un gang et que je ne comprends toujours pas l’utilité de celles-ci.

Ce sera sans moi !

Prison Simulator est définitivement un mauvais jeu, mais il a un certain charme. J’y ai joué une dizaine d’heures et bien que j’ai trouvé le temps horriblement long, je n’avais aussi aucun plaisir. C’est simplement que le jeu est répétitif, laid, manque de surprises et n’a pas vraiment de trame sonore digne de ce nom. Il y a des bogues à profusion, mais le jeu m’a quand même fait sourire à quelques reprises. Ce n’est pas aussi bon qu’un film tellement mauvais qu’il est bon, mais presque. Je ne sais pas si le jeu est une boutade ou non, j’imagine que c’est sans doute ce qui fait que j’y ai joué aussi longtemps.

Je ne le conseille à personne, mais je surveillerai sans doute les mises à jour afin de voir si le jeu s’améliore. Une chose est certaine, mon temps passé sur le jeu m’aura fait comprendre pourquoi le studio de développement du jeu s’appelle Baked Games.

« Cinématique » du début.

J’aime

  • Les paramètres personnalisables
  • Le potentiel que les mods pourraient avoir

J’aime moins

  • La redondance (tout est répétitif !)
  • Le scénario presque absent
  • Le manque de complexité des tâches
  • L’intelligence artificielle

La copie de Prison Simulator a été fournie par Baked Game S.A..

Prison Simulator

Scénario
Graphismes
Bande sonore
Jouabilité
Durée de vie

Un bel échec !

On aurait définitivement pu laisser ce jeu dans la cour. Vous aurez fait le tour de ce que le jeu peut offrir dans les deux heures nécessaires avant de demander un remboursement sur Steam.

À propos de David Charbonneau

Étudiant et geek à temps plein, je suis passionné de jeux vidéo, de cinéma et de culture populaire. Ce que je préfère par-dessus tout est généralement un bon scénario, car l'histoire est pour moi plus importante que tout. J'anime également le podcast « Les choses qui n'intéressent (peut-être) que nous » sur les ondes de CHOQ.ca.

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