Humankind : il est parfois difficile de se démarquer

Voilà un bon moment que je suivais de près la conception du jeu Humankind, il faut dire que je suis un grand joueur de Civilization depuis le second volet de la série ! Le nouveau jeu développé par AMPLITUDE Studios devait amener un vent de fraîcheur au genre « 4X », mais est-ce qu’il a l’étoffe d’un rival ou est-ce que le jeu de Firaxis Games est là pour rester ? Explorons ensemble ce que j’ai pensé du jeu dont le titre ne sera jamais prononcé sans que l’on pense à sa principale compétition…

  • Studio de développement : AMPLITUDE Studios
  • Éditeur : SEGA
  • Plateformes disponibles : PC
  • Plateforme de test : PC
  • Classement : 10 ans et +
  • Prix : 61,99$
  • Site officiel du jeu (lien)
  • Page Steam du jeu

Comprendre les 4X

Tout d’abord, pour ceux qui ne connaissent pas le genre « 4X », il s’agit d’un genre popularisé par les jeux de la série Civilization. Les quatre « x » signifient : explore, expand, exploit et exterminate. En français, cela pourrait se traduire par : exploration, déploiement, exploitation et extermination. Dans les jeux Civilization, le joueur choisit une civilisation qu’il guidera dès 3500 avant Jésus-Christ jusqu’à la fin de la partie. Le joueur peut gagner en envoyant sa civilisation coloniser l’espace, en devenant un symbole de culture pour les autres peuples, en créant la seule et unique religion ou bien en devenant président des Nations unies.

Humankind est similaire sur la plupart des points de vue. Est-ce une bonne chose ? Oui et non. Vu la popularité de son compétiteur, Humankind est condamné à se faire comparer au jeu de Sid Meyer jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un, alors que le contraire est faux. Cependant, il y a tout de même des différences entre les deux jeux et Humankind est loin d’être mauvais. La courbe d’apprentissage est simplement très ardue comme je l’ai découvert assez rapidement.

Notre civilisation peut construire des merveilles afin d’obtenir des effets bénéfiques.

Personnalisation de votre peuple

L’un des points forts du jeu est sans doute la possibilité de créer notre avatar et notre civilisation de toute pièce. En fait, on ne nous identifie pas à un peuple existant, mais à un mélange culturel de ces derniers. Elle est terminée l’époque où nous devions choisir un personnage historique ayant déjà existé, nous pouvons enfin créer un chef d’État à l’image de celui que nous avons en tête. Cette particularité du jeu rend définitivement l’expérience plus agréable. Sans tomber complètement dans le fantastique, on garde un aspect réaliste tout en ajoutant une touche de personnalisation.

C’est ainsi que nous pouvons changer plusieurs détails de notre avatar, que ce soit la couleur de ses vêtements, sa coupe de cheveux ou la forme de ses yeux par exemple. D’ailleurs, nous pouvons (enfin) créer notre propre emblème pour notre royaume. Sans surprise, j’ai d’ailleurs opté pour la Triforce. C’est pourquoi j’ai d’ailleurs voulu offrir à mon dirigeant une allure et une personnalité offrant une légère impression de sagesse.

Nous pouvons même modifier les valeurs de notre civilisation afin de la rendre plus à gauche, ou plus à droite sur plusieurs sujets différents.

En plus de pouvoir personnaliser notre personnage, nous pouvons également personnaliser notre peuple.

Un manque d’information constant

J’ai trouvé énormément difficile de comprendre le jeu. En fait, comme dans la plupart des jeux du genre, le tutoriel est plutôt incomplet. On se tourne rapidement vers l’Internet afin de comprendre les mécaniques du jeu ou voir toutes les possibilités qui nous sont offertes. Car nous le voyons rapidement, Humankind tente sans cesse de se démarquer. Or, nous sommes constamment devant des possibilités sans réelle compréhension des répercussions sur le long terme. Est-ce que je veux une civilisation avec des valeurs plus traditionnelles ou plus ouvertes d’esprit ? Comment prendre cette décision si celle-ci n’est pas accompagnée d’une définition explicative des gestes que nous posons. Oui, nous connaissons les effets à court terme, mais j’ai vécu longtemps dans une crainte de regretter la plupart de mes choix.

En plus, certaines informations ne sont pas particulièrement visibles et l’attention du joueur n’est pas toujours amenée au bon endroit. Dans une fenêtre remplie d’informations écrites, il est parfois dur de se retrouver lorsque tout ce que nous savons, c’est qu’il y a une nouvelle information pour nous.

Vous avez accès à un arbre scientifique afin de développer les avancées technologiques de votre peuple.

Des mécaniques de diplomatie ordinaire

Une partie de moi espérait franchement que l’aspect diplomatique du jeu sorte de l’ordinaire. Il s’agit pour moi d’une des lacunes de Civilization. Malheureusement, le jeu d’AMPLITUDE Studios n’a pas réglé la situation. Je n’ai pas trouvé l’interface particulièrement intuitive et je n’ai pas été intrigué par les divers traités que je pouvais faire avec mes adversaires. En fait, j’ai eu l’impression que l’on me présentait un système qui cherche à être complet, mais qui ne l’est pas complètement.

À plusieurs reprises, le jeu m’a avisé qu’un autre peuple voulait me parler ou qu’il y avait une modification dans nos traités, mais je devais constamment chercher l’information. Il m’est d’ailleurs arrivé à plusieurs reprises de ne pas trouver la réponse à mes questionnements, me laissant bredouille dans mes relations diplomatiques.

Évidemment, cet aspect ne casse pas le jeu. Pour moi, il est fréquent que la diplomatie laisse à désirer dans les jeux 4X alors qu’elle devrait être l’un des systèmes les plus importants à mon sens.

Le menu des traités avec les autres peuples est assez épuré et manque parfois de détails.

Un vent de fraicheur au niveau des combats

Les combats de Humankind se démarquent tout de même de ceux du populaire jeu 4X. En fait, on tente d’y incorporer des éléments tactiques, ce qui donne un vent de fraîcheur au jeu. Lorsque vous entrez dans un combat, les soldats composant votre troupe (vous pouvez en avoir plus qu’un !) devront être placés sur un nombre de cases en face de l’ennemi. Fait intéressant, nous ne sommes pas obligés d’être en guerre contre une civilisation afin de les attaquer. En fait, c’est sans doute l’un des aspects agréables du système. Nous pouvons donc être dans une zone grise côté relationnel ou tout simplement vouloir protéger notre territoire.

Dans les combats, le peuple se faisant attaquer possède un drapeau qu’il devra protéger à tout prix. L’attaquant peut gagner en exterminant son adversaire ou en contrôlant le drapeau adverse. Un mauvais déplacement ou réagir de façon aléatoire pourrait donc vous faire perdre le combat. Cependant, il ne m’est jamais arrivé de ne pas gagner un combat en prenant le drapeau. Il est plus simple d’attaquer directement notre ennemi.

Rien de mieux que de se battre contre un ours en début de partie pour réaliser à quel point nous ne sommes pas surpuissant… 

Des événements scénarisés

Le point le plus fort du jeu, selon moi, est sans doute la scénarisation de certains événements. Alors que le temps s’écoule pour votre civilisation et qu’elle progresse dans l’histoire, certaines informations historiques apparaîtront devant vous. Vous aurez à faire des choix liés à ceux-ci, qui influenceront la façon de penser de votre peuple et créeront des bénéfices et des pénalités pour celui-ci. Par exemple, un événement survient pour vous dire que vos habitants ont développé un intérêt pour un sport violent où les gens se battent afin de divertir les foules. Voulez-vous encourager le sport, le limiter à une session par année ou bien le bannir complètement ?

Dans cet exemple, votre choix pourrait faire en sorte que votre population ait un bonus au combat, mais qu’elle prenne plus de temps à croître. Vous moulerez donc une population à l’image de ce que vous croyez être le meilleur afin d’obtenir la victoire que vous cherchez à acquérir. Ces mini scénarios m’ont littéralement rappelé les quêtes qui avaient été ajoutées dans le quatrième opus de la série Civilization. Une mécanique qui a malheureusement été retirée de la série, mais que Humankind a bien ramenée, sans les mentions aux phénomènes quelque peu ésotériques.

L’un des hommes de votre tribu a caché des champignons qu’il a trouvés. En tant que dirigeant, que voulez-vous faire de lui ?

J’ai tout de même apprécié

Est-ce que je recommande Humankind ? J’aurais tendance à croire que je dois mettre encore plusieurs heures sur le jeu afin de comprendre chacune des subtilités qui permettent d’apprécier convenablement le jeu. Je suis un admirateur fini de la série Civilization et c’est sans doute pour ça que j’ai eu un peu de difficulté à accrocher au nouveau jeu. Je n’ai absolument pas regretté l’expérience, mais je n’ai pas eu l’impression de découvrir quelque chose qui m’apportait beaucoup plus.

Au final, j’ai eu l’impression de devoir réapprendre à jouer à un jeu que je maitrise déjà bien et qui aurait perdu la plupart de ses fonctionnalités. L’interface et les informations ne permettent pas toujours un jeu intuitif. Je le conseille malgré tout aux gens qui pourraient ne pas avoir joué à des jeux du genre depuis longtemps, je suis foncièrement persuadé que mes réticences sont liées à mon habitude de jouer au jeu de Sid Meyer. Je crois qu’il peut également s’agir d’un bon jeu pour une personne voulant découvrir le genre avec l’aide de diverses ressources externes.

Comment est-ce que mon peuple devrait percevoir la religion ?

J’aime

  • Les graphismes
  • La personnalisation de notre avatar
  • La tentative de personnalisation de notre civilisation
  • Les événements scénarisés

J’aime moins

  • Le tutoriel plus ou moins complet
  • Les mécaniques de diplomatie

La copie de Humankind a été fournie par SEGA.

Humankind

Scénario
Graphismes
Bande sonore
Jouabilité
Durée de vie

À découvrir !

Humankind ne réinvente rien du genre, mais a un énorme potentiel ! Son avenir reste à surveiller.

À propos de David Charbonneau

Étudiant et geek à temps plein, je suis passionné de jeux vidéo, de cinéma et de culture populaire. Ce que je préfère par-dessus tout est généralement un bon scénario, car l'histoire est pour moi plus importante que tout. J'anime également le podcast « Les choses qui n'intéressent (peut-être) que nous » sur les ondes de CHOQ.ca.

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