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Arkham Horror 3e édition : entre la folie et… la folie

Arkham, Massachusetts, rien ne semble réglé. On entend toujours et encore les échos des évocateurs des grands anciens qui planent sur la ville. Lieu de prédilection pour perdre la raison, vous faites partie d’une équipe d’enquêteur pour combattre le mal qui ronge ce lieu mythique de l’univers de Lovecraft. Vous retrouverez sur votre chemin de nombreux défis à relever, qui mettront à rude épreuve votre santé mentale. Avez-vous les capacités physiques et cognitives nécessaires pour compléter votre quête en un seul morceau ? Seuls les dés (mais pas que…) pourront répondre à cette question !

Cette édition du classique de 1987, et revisité en 2005, subit déjà sa troisième transformation grâce à l’excellente Nikki Valens (associée à plusieurs titres Lovecraftiens chez FFG).

  • Nombre de joueurs : 1-6
  • Durée : 120-180 minutes
  • Auteur : Nikki Valens
  • Éditeur : Fantasy Flight Games
  • Année : 2018
  • Page officielle du jeu

Complexe dans sa simplicité

Le but du jeu demeure extrêmement simple dans sa mécanique. Se déplacer sur le plateau pour obtenir des indices, et ainsi avancer dans le scénario pour gagner contre le jeu. Parce que oui, Arkham Horror est un jeu coopératif où votre équipe d’enquêteurs doit travailler ensemble pour éviter de voir apparaître les sbires, et pourquoi pas, les grands-anciens eux-mêmes. Par contre, des jetons damnations et les monstres présents dans Arkham ne vous laisseront pas faire, et travailleront à vous faire perdre la partie.

Complexe surtout dans les choix difficiles à prendre, étant limité à deux actions par tour permis les suivantes :

  • Déplacer
  • Gagner de l’argent
  • Concentration
  • Protéger
  • Attaquer
  • S’enfuir
  • Analyser
  • Échanger

C’est donc la combinaison des différentes actions, selon le nombre de joueurs autour de la table, qui permettra d’atteindre plus facilement la réussite du jeu ou vous amènera vers l’échec total.

La réserve de jetons

Les dés, toujours les dés

Chaque joueur commence la partie avec un personnage. Selon le personnage choisi, le joueur possède alors un certain niveau d’expérience des cinq habiletés requises pour avancer à travers le jeu (protection, attaque, analyse, volonté et rencontre). Ces niveaux, variables selon les personnages, indiquent en réalité le nombre de dés que vous devez lancer lors des différents tests que vous effectuerez au travers de vos actions. La majorité des actions que vous effectuerez nécessitera donc un jet de dés qui dictera la réussite, ou non, du test en cours. Priez pour des 5 et des 6, ce qui représente une réussite sans équivoque !

Donc, si votre personnage est moins fort en attaque, mais plus fort en analyse, votre but sera plutôt de rechercher des indices au lieu de combattre des monstres. Mais, ils sont malins, et leur but est souvent de poursuivre le personnage ayant les capacités analytiques ou de protection les plus élevées. Il faudra donc, tout au long de la partie, augmenter nos habiletés en prenant des jetons concentrations, et en faisant confiance à nos coéquipiers pour qu’ils utilisent leurs personnages à bon escient ! Évidemment, un joueur alpha pourrait toujours ressortir du lot et commencer à jouer pour les autres. Si tel est le cas, référez-le à l’article ici, et dites-lui que le jeu peut se jouer seul s’il le désire !

Espérons que Mme Baker nous permette de gagner la partie !

Beaucoup de cartes… énormément de cartes !

469 pour être plus précis, avec des textes et effets différents. C’est juste énorme, mais permet une grande rejouabilité. Difficile, par les magnifiques images et la qualité artistique du jeu de ne pas pénétrer à 100 % dans l’univers de Lovecraft. Le matériel présent est digne des belles productions que l’on peut voir aujourd’hui.

Ceci étant dit, deux grosses déceptions concernant le matériel, ou l’absence de celui-ci. Le jeu contient de nombreux jetons. La mise en place de chaque scénario est différente en nombre de cartes et jetons.

Je ne sais pas si c’est parce que les versions deluxe que nous sommes habitués de rencontrer sur notre chemin augmentent nos attentes. Mais que le jeu ne contient aucun sac refermable et une insertion pour ranger le jeu, pour séparer les nombreux jetons, pièces et cartes est pour moi un non-sens. La mise en place d’un tel jeu, sans minimalement avoir des sacs refermables, est longue (20 minutes).

Deuxièmement, les dés. FFG n’en est pas à son premier jeu dans l’univers d’Arkham. On retrouve sur le marché de nombreux dés thématiques qui facilitent la lecture lors des différents tests à effectuer, sans être obligé de séparer les 5-6 des autres dés. Ce n’est pas un irritant majeur, loin de là, mais l’ajout de tels dés dans la boîte de base aurait été un plus.

Tiens, encore des cartes !

Finalement, elle vaut la peine cette troisième édition ?

Avant d’essayer la troisième édition du jeu, je n’avais jamais joué à une ou l’autre des versions existantes, ni non plus à l’une des variantes sur le même thème. Mon seul contact avec l’univers de Cthulhu est plutôt musical et en tant que pousseur de cubes en bois, un jeu à scénario où il faut brasser des dés, j’ai tendance à passer mon tour.

Eh bien, je dois dire que j’ai été agréablement surpris par le jeu et je me suis laissé embarquer dans l’histoire le temps de (des…) la partie. Il y a un côté Pandémie qu’on retrouve au jeu (nombre limité d’actions par tour, éliminer les jetons damnations rapidement, sinon, les conséquences sont plus graves, rebrasser des cartes déjà jouées) qui fait en sorte qu’il y a une tension en crescendo. Les scénarios, changeant selon nos réussites ou nos échecs, permettent, en plus d’une grande rejouabilité, une immersion totale au jeu. Le plateau modulable selon les scénarios laisse entrevoir une panoplie d’extensions qui ne feront qu’augmenter la qualité du jeu, déjà grande.

Arkham Horror est probablement le jeu idéal pour faire connaissance avec le style « Ameritrash ». Je ne peux pas comparer cette troisième édition avec les deux autres, mais si cet opus d’Arkham Horror était le seul sur le marché, je crois que les amateurs du genre en seraient plus que satisfaits !

Petite note pour conclure, si vous ou votre groupe de joueurs n’êtes pas habitué ou n’êtes pas fluide dans la langue de Shakespeare, attendez la version française qui est actuellement en cours de traduction. Le jeu contient énormément de textes d’ambiance, et pour ne faire qu’un avec le scénario et avoir une immersion totale, je vous conseille de le prendre dans la langue avec laquelle vous êtes le plus habitué.

Plateau modulable selon les scénarios

La copie du jeu a été fournie par Asmodee Amérique du Nord / Fantasy Flight Games.

À propos de Yohan D.Boily

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