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La maison du Dragon : critique complète d’un drame familial unique et brutal

Dire que la finale de la série Le trône de fer a déçu ses admirateurs de la première heure est un euphémisme. Véritable phénomène culturel ayant animé les conversations dans les chaumières pendant plus de 7 ans, la dernière saison a laissé un goût (très) amer à tous. HBO nous revient cette année avec une prélogie, intitulée La maison du Dragon (House of the Dragon en anglais). Celle-ci est entièrement consacrée à la famille Targaryen. Après avoir visionné la série complète, il me fait plaisir de ravaler mon scepticisme originel. La maison du Dragon est un spectacle palpitant et mature, maîtrisé d’un bout à l’autre. Un incontournable de la saison télévisuelle !

  • Créateurs : Ryan Condal et George R.R. Martin
  • Distribution : Paddy Considine, Matt Smith, Rhys Ifans, Milly Alcock, Emma D’Arcy, Emily Carey, Olivia Cooke, Steve Toussaint, Eve Best
  • Service de diffusion : HBO (Crave au Canada)
  • Date de sortie : 21 août 2022
  • Site officiel
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La maison du Dragon : critique d’une série spectacle mature et enlevante

La première saison de La maison du Dragon se déroule plus de 170 ans avant la naissance de Daenerys Targaryen. Elle s’attarde à une période de l’histoire de cette famille nommée La dance des dragons. Cette guerre civile mit le continent de Westeros à feu et à sang afin de régler la question de la succession de Viserys Targaryen, premier du nom. S’affronteront pour le privilège de contrôler le trône de fer la fille du roi, Rhaenyra, nommée officiellement héritière durant son enfance, et ses fils nés d’une deuxième union avec la dame Alicent, de la famille Hightower. D’autres prétendants ont aussi un œil sur le trône, dont le frère psychopathe de Viserys, Daemon, ainsi que les membres de la famille Velaryon, qui possèdent aussi des dragons.

Un excellent scénario qui s’émancipe de la série sœur

Le scénario de La maison du Dragon, basé sur quelques chapitres du livre Fire and Blood de George R.R. Martin, est fabuleux. Les dialogues sont incisifs et justes. Les personnages sont finement travaillés. L’histoire, qui alterne les grands moments de spectacle et les dialogues intimes, est toujours intéressante. Cela a de quoi surprendre quand on connaît la pauvreté du matériel de base. Je vous mets en effet au défi de lire ce livre pompeux à saveur historique. Une lecture interminable !

Les scénaristes se sont heureusement émancipés pour nous offrir une série unique, qui s’éloigne même de la structure sans cesse en expansion de Le trône de fer. En effet, La maison du Dragon nous offre une histoire condensée, riche en développements. Elle se concentre sur une seule famille, durant une période bien précise, et se déroule même majoritairement en un lieu, la capitale King’s Landing. On redécouvre celle-ci avec fascination, de ses bas-fonds à ses plus hautes tours.

Certains n’ont pas aimé le fait que l’on saute souvent de nombreuses années entre les épisodes. Cela ne m’a pas du tout dérangée. La complexité des personnages ainsi que la richesse de l’écriture, qui crée des liens subtils nous permettant de passer facilement d’une époque à l’autre, rend le procédé organique. J’ai plutôt adoré voir les personnages traverser différents moments de leur vie, les voir prendre en maturité et apprendre de leurs erreurs des précédents épisodes. Comme il s’agit d’une chronique familiale, il fait du sens de voir les personnages principaux avoir des enfants, qui eux aussi grandissent et vivent toutes sortes de mésaventures.

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Un spectacle viscéral et sanglant

La maison du Dragon se lance dans l’arène télévisuelle avec un sérieux avantage sur ses compétiteurs : un univers, extrêmement riche, déjà bien campé. Tout le monde connaît Westeros et les Targaryens. Nous sommes aussi habitués à la violence de l’environnement dans lequel évoluent les personnages. Dès le premier épisode, la série peut donc plonger directement dans le vif du sujet. En dedans de 10 minutes, Rhaenyra virevolte sur son dragon entre les tours de King’s Landing. L’accouchement le plus violent jamais montré à la télévision et une purge de la ville où les membres arrachés s’empilent sont présentés. Les admirateurs de la première heure seront donc en terrain connu, bien que la violence soit moins gratuite ici que dans Le trône de fer.

Au fur et à mesure que la série se développe, les scènes spectaculaires s’enchaînent. Les effets spéciaux sont de première qualité. Une grande bataille nous en met plein les yeux dans le 3e chapitre. Trois épisodes plus tard, l’un des rejetons Targaryen, fait une impressionnante virée à dos de dragons. Les sensations fortes sont au rendez-vous et on ne peut qu’avoir l’impression de vivre cette première chevauchée avec lui. D’ailleurs, chaque dragon est unique et créé avec soin. On est loin de la série sœur qui cachait les loups géants des Starks pour sauver du budget.

Les décors et les costumes sont aussi, sans surprise, somptueux. La citadelle où habite la famille Targaryen donne l’impression d’être habitée par de vrais humains. Il ne s’agit pas que d’un simple décor d’une série fantastique. Elle a une véritable personnalité, qui évolue au courant de la saison, reflétant les changements de la cour qui l’habite. Bref, tout est fait pour nous plonger dans l’histoire.

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Des acteurs extraordinaires qui n’ont pas froid aux yeux

Le trône de fer était reconnu pour ses performances inoubliables. La maison du Dragon continue dans la même lignée. Les acteurs sont tous formidables. Ils ont clairement eu beaucoup de latitude pour créer des personnages qui resteront dans les mémoires. Les deux protagonistes au cœur du conflit principal, Alicent et Rhaenyra, sont interprétées par quatre actrices différentes. Un saut temporel de plusieurs années entre les épisodes 5 et 6 amène un changement de garde qui injecte une bonne dose de vitalité. Autant les jeunes actrices que les plus âgées sont excellentes et l’on passe de l’une à l’autre sans heurt.

Paddy Considine est particulièrement marquant dans le rôle du roi Viserys. Sa lente dégénérescence physique est interprétée avec brio (et une bonne dose de maquillage extrême). Dans ses derniers instants, cette figure tragique, qui ne voulait que la paix et la bonne entente autour de lui, nous offre un discours à mi-chemin entre Shakespeare et Le fantôme de l’opéra. Magistral.

Même les personnages qui auraient pu être plus caricaturaux sont élevés par des performances d’exception. Matt Smith, tout particulièrement, a hérité d’un travail ardu. Il doit interpréter le Targaryen typé dont on nous mettait en garde dans Le trône de fer, soit un homme enfant imprévisible et sans morale, avec une case en moins. L’acteur approche heureusement le personnage charismatique avec plus de subtilités. Il nous offre de nombreuses fenêtres vers la psyché brisée de Daemon Targaryen, et saupoudre ses scènes d’une étrange vulnérabilité. Malgré toutes ses transgressions, on ne peut s’empêcher de le suivre avec fascination, surtout dans la première moitié de la saison.

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Observations variées :

  • Adressons l’éléphant dans la pièce. On savait tous que La maison du Dragon allait regorger d’incestes, mais la relation entre oncle Daemon et Rhaenyra est littéralement présentée comme la seule relation romantique et égalitaire de la série… on se garde une petite gêne ?
  • Avez-vous relevé le nombre d’accouchements désastreux, sanglants et meurtriers qui parsèment la série ? Pas facile d’être une femme dans le monde de Westeros ! Mon Dieu que j’aime mon système de santé public.
  • Pour moi, Rhys Ifans sera toujours le colloque imbécile de Hugh Grant dans Notting Hill, avec son chandail à tête de vautour. J’avoue avoir eu besoin de deux bonnes scènes pour me réconcilier avec le personnage plein de gravité qu’il interprète (magistralement, d’ailleurs).
  • Le monologue de Viserys dans l’épisode 8… Il s’agit de mon 2e moment de frissons préférés de l’automne, juste derrière le magistral « I’ll be worried about you all the time. » « That’s just love. » de Andor.
  • Petite parenthèse sur Andor… quelle série exceptionnelle ! Mon collègue Frédéric vous en a déjà parlé dans son excellente critique. Enfin une série dans l’univers de Star Wars qui sort du moule !

La maison du Dragon

Scénario
Distribution
Effets spéciaux
Réalisation
Musique

Tout un spectacle !

Une série mature exceptionnelle, avec des personnages forts, à voir absolument !

À propos de Maude Bégin-Robitaille

Spécialiste en communication numérique de jour, auteure professionnelle les soirs et les weekends, maman à temps plein et warpriest les mardis soir. Surtout, geek depuis l'enfance !

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