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Critique ciné – Donjons et Dragons : L’Honneur des voleurs

Lors de la sortie de la bande-annonce du film Donjons et Dragons : L’Honneur des voleurs, j’avoue avoir froncé les sourcils, sceptique. J’ai encore des frissons d’horreur juste à repenser à la proposition sacrilège de 2000, avec Jeremy Irons dans le rôle du (très mal nommé) mage Profion. Nous sommes présentement dans une ère de renaissance du fameux jeu de table (malgré toutes les simagrées de l’éditeur pour enrager les admirateurs). Le nerd de première génération que je suis se voit ENFIN reconnaître comme membre à part entière de la société de consommation et les fils de sa nostalgie se font tirer de toute part par les producteurs. Bref, L’Honneur des voleurs aurait pu décevoir beaucoup de monde. Heureusement, clamons-le haut et fort : il s’agit d’un excellent film, pour les connaisseurs comme les néophytes. Voici donc notre critique de Donjons et Dragons : L’Honneur des voleurs !

  • Studio : Paramount Pictures
  • Réalisateurs : Jonathan Goldstein et John Francis Daley
  • Scénaristes :  Jonathan Goldstein, John Francis Daley et Michael Gilio
  • Distribution : Chris Pine, Michelle Rodriguez, Regé-Jean Page, Justice Smith, Sophia Lillis, et Hugh Grant
  • Durée : 134 minutes
  • Site web officiel

 

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Le bard Edgin (Chris Pine) et son amie de toujours, la barbare Holga (Michelle Rodriguez), s’échappent enfin de Revel’s End, après deux ans emprisonnés pour un coup ayant mal tourné. De retour à Neverwinter, ils réalisent qu’un de leurs anciens compagnons, Forge Fitzwilliam (Hugh Grant), qui avait réussi à échapper à la justice, les a trahis. Désormais Seigneur de Neverwinter grâce à la sorcellerie de Sofina, il a aussi pris sous son aile la fille d’Edgin en la persuadant que son père l’a abandonné. Afin de retrouver la tablette de résurrection, qui permettra de ressusciter la femme d’Edgin, et sauver sa fille, les deux amis recrutent une équipe bigarrée d’anciens et de nouveaux compagnons, et partent à l’aventure. Celle-ci les mènera des profondeurs de l’Enclave d’émeraude à l’Outreterre, où ils réaliseront qu’une menace plus grande pèse sur le royaume.

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Juste pour le plaisir

Donjons et Dragons : L’Honneur des voleurs est un pur divertissement. L’aventure est haletante, les personnages sont vibrants et attachants, l’humour nous attend à chaque détour et les effets spéciaux sont de qualité. Bref, le film a tout pour plaire et vous faire passer un moment agréable au cinéma. On oublie souvent récemment ce que j’appelle le facteur fun. En anglais, on parle de good wholesome fun, soit un plaisir qui nous apporte un bien-être psychologique sanitaire en cette période où ça va MAL dans le monde.

Regardez juste certaines des dernières offrandes de HBO : entre la profonde noirceur de The Last of Us, le parcours de croix violent des personnages féminins de House of the Dragon, le luxe et la décadence psychologique extrême de Succession, la télé prestige des dernières années aime nous présenter des univers noirs et violents (autant physiquement que psychologiquement) qui viennent brasser la cage de nos valeurs. J’adore ces séries, elles sont toutes excellentes, mais parfois, un peu de plaisir pour le plaisir, c’est aussi ça, le 7e art !

Donjons et Dragons vous fera sans aucun doute passer un excellent moment au cinéma. Comme je le mentionnais plus haut, le scénario est parfaitement calibré pour nous garder sur le bout de notre siège. L’aventure s’enchaîne sans temps mort, les grands moments épiques aussi. Quand la druidesse tiefling Doric, ma préférée, infiltre le château de Forge Fitzwilliam et s’échange en changeant 18 fois de formes, dans un long plan-séquence extravagant parfaitement réalisé, j’avais envie d’applaudir. Le sourire gamin, fait d’émerveillement et de joie, n’a pas quitté mes lèvres de toute la séance.

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Amour du genre et performances hilarantes

L’équipe de Donjons et Dragons : L’Honneur des voleurs n’a pas lésiné sur la facture visuelle. Le film bénéficie tout d’abord d’effets spéciaux de très bonne qualité. Ceux-ci semblent avoir été réfléchis pour s’intégrer à l’univers sans trop faire tache. On nous amène ailleurs et l’oeil glisse sans s’en rendre compte sur quelques animations un peu rudes.

Au-delà du feu d’artifice de pixels, ce qu’on appréciera c’est l’AMOUR évident qui a été mis dans les détails qui enrichissent le parcours de nos héros. Les châteaux, les forêts, les éponymes donjons et les autres lieux où se déroulent l’aventure regorgent de petits clins d’oeil qui font plaisir. On sent le grand respect des créateurs pour le matériel.

Ils auraient pu se contenter de faire quelques allusions à Baldur’s Gate et Waterdeep (ce qui est fait très tôt dans le film : check !) et s’arrêter là. Au contraire, on nous offre un Underdark merveilleux avec ses champignons lumineux, un dragon potelé qui se laisse glisser la bouche ouverte pour attraper son souper (les connaisseurs reconnaîtront Themberchaud), des mimics, des blocs de gélatines, des références aux pièges désagréables des DM trop motivés et j’en passe. Les scénaristes sortent aussi du lore pour nous offrir une parfaite référence à l’un des meilleurs jeux vidéo de puzzle, Portal. Génial !

En terminant, les acteurs semblent tous avoir beaucoup de plaisir à interpréter leurs personnages. Le duo principal, composé de mon Chris préféré et de la toujours rudement amicale Michelle Rodriguez, fonctionne à la perfection, balançant humour et émotion. Hugh Grant, qui semble s’amuser follement depuis qu’il ne se prend plus au sérieux en fin de carrière, est aussi très drôle. La palme revient cependant à Regé-Jean Pagé, le fameux Duc de Bridgerton, en paladin trop parfait clairement surlevelé, qui clame avec sérieux « Suivez-moi jusqu’à l’orifice ».

Observations variées :

  • Freshly cut grass ! Critical role forever !
  • Quelques sorts bien connus vus dans le film. J’en ai probablement manqué, rajoutez-kes dans les commentaires ! : Bigby’s hand, Disguise self, Major image, Magic missile, Dispel magic, Chain lightning, Misty step, Cone of cold (dans l’introduction), Blur, Meteor Swarm Feather fall, Green flame blade, Wild shape
  • Parlant de Wild shape, je m’excuse, mais Doric ne devrait pas pouvoir se transformer en Owl Bear. Discutez !
  • Pas de Clerc dans cette équipe ? Ils ne survivront pas à leurs prochaines aventures.
  • Quelques perles (en anglais, désolée, c’est vraiment plus drôle) :
    • «I will not be complicit in the illicit use of ill-gotten booty»
    • «She found my lack of self-esteem unattractive»… pauvre petit chat !
    • «But we approved your pardon !»
  • Xenk qui ne dévie pas de sa ligne droite et enjambe la roche !
  • Daisy Head, qui joue Sofina, est aussi dans Shadow and Bones, mon autre obssession, qui vient de débuter sa 2e saison sur Netflix.
  • Le caméo de Brandon Cooper…. AH !
  • Je pourrais continuer pendant quatre heures.

Donjons et Dragons : L'Honneur des voleurs

Scénario
Réalisation
Distribution
Effets spéciaux
Facteur fun

Pour admirateurs et néophytes

Ne manquez pas ce vrai bon divertissement. À l'aventure !

À propos de Maude Bégin-Robitaille

Spécialiste en communication numérique de jour, auteure professionnelle les soirs et les weekends, maman à temps plein et warpriest les mardis soir. Surtout, geek depuis l'enfance !

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