Bienvenu en Enfer ! Population : vous seul pour l’instant, mais ça ne saurait tarder alors que vous êtes soudainement mis en charge des abysses. Vous serez au service du président de la compagnie, un sage barbu vivant dans les nuages et pourrez compter sur Lili, la première succube, comme bras droit. Votre objectif : punir les âmes pécheresses qui vous sont acheminées et les renvoyer dans le monde des vivants avec une conscience moins tourmentée, le tout en tournant un profit. Avez-vous ce qu’il faut pour administrer la bureaucratie infernale ? C’est ce que l’on verra dans Sintopia !
- Studio de développement : Piraknights Games
- Éditeur : Team 17
- Plateformes disponibles : PC
- Plateforme de test : PC
- Date de sortie : 16 avril2026
- Classement : M 17+
- Prix : 44,99$
- Page Steam du jeu

Voilà une proposition de thématique surprenante ! Avez-vous déjà imaginé un simulateur de Satan ? C’est pourtant ce que nous avons entre les mains ici alors que l’on devra planifier et bâtir un enfer efficace parce qu’il faudra gérer différentes ressources, la recherche et développement ainsi que le salut des âmes des Humus. Oui oui, vous avez bien lu. Il serait sans doute trop macabre de réformer les âmes humaines en enfer alors on se contentera de punir celle d’une population humanoïde de pois chiches dans Sintopia. Quoi qu’il en soit, les sept péchés capitaux, eux, sont les mêmes. Allons donc les exorciser de nos pas-si-innocentes âmes !
Le monde d’en dessous, le monde du dessus
Première chose à comprendre à propos de Sintopia, c’est que vous n’avez pas qu’un seul monde à gérer, mais deux. Commençons par le plus traditionnel, le monde d’en dessous ou, dans d’autres mots, les enfers ! L’objectif dans ce monde est de créer un parcours entre l’arrivée des âmes de pois chiches, récemment décédés dans le monde du dessus jusqu’à au portail où elles seront réincarnées et retourneront à la vie.
Pour ce faire, on trace des chemins et on place des bâtiments pour réduire les péchés et extraire des ressources des âmes. Celles-ci peuvent traverser un ou plusieurs bâtiments avant de finalement prendre le chemin de la réincarnation. Dans le monde d’en-dessous, le joueur a une grande liberté pour construire, embaucher des employés (des diablotins), rechercher des nouvelles technologies et gérer la bureaucratie.

Le monde du dessus, dans Sintopia, est le royaume des Humus. Ceux-ci ont un roi ou une reine qui leur donne des objectifs, par exemple construire une armée plus puissante. Ils s’activent donc en ce sens en faisant de l’agriculture, abattant des arbres, construisant des bâtiments et ainsi de suite. Le joueur a un pouvoir limité dans ce monde. Il dispose de sortilèges, par exemple créer des bourrasques de vent ou faire apparaître d’énormes rochers, pour influencer le cours des choses. Avec ces sorts, il peut faire tomber un Humus d’une falaise ou lui balancer un rocher en pleine tronche, envoyant l’âme de celui-ci dans le monde d’en dessous.
Mais le joueur peut aussi au contraire aider les Humus par exemple en éliminant leurs ennemis et prédateurs ou en influençant la carte. Par moment, ce sera bénéfique pour le joueur alors que les territoires conquis par les Humus donneront accès à des nouveaux sorts ou à des ressources additionnelles. Aussi, les objectifs de victoire prévoient habituellement une condition pour le monde d’en-dessous, par exemple le nombre d’âmes à réformer, mais aussi des cibles pour le monde du dessus, par exemple le nombre d’Humus vivant.

Sintopia : gestion des sept péchés capitaux
Si vos cours de catéchisme sont lointains (une phrase probablement absolument loufoque pour les plus jeunes générations qui n’ont pas contenu la catéchèse à l’école) les sept péchés capitaux sont l’avarice, la luxure, l’envie, l’orgueil, la colère, la gloutonnerie et la paresse. Dans Sintopia, chaque Humus a un score pour chacun de ces péchés. Certains événements dans le monde du dessus auront un effet sur l’un ou l’autre de ces péchés. Par exemple, un Humus qui sera témoin de la mort violente d’un congénère augmentera son score de péché de colère.
Et si le Humus, au moment de son décès, a un score trop élevé dans un des péchés capitaux, son âme sera considérée comme déviante et ne répondra pas aux traitements génériques. Un peu à l’image du système de santé, la base dans Sintopia est un diablotin généraliste qui saura faire baisser les scores de tous les péchés des Humus avec une visite dans son bâtiment. Or, il sera sans effet sur les déviants tellement leurs péchés sont majeurs. Il faudra donc acquérir des diablotins spécialistes.

Ces bâtiments spécialisés se débloquent via le riche système de R&D de Sintopia. Pour progresser dans l’arbre des technologies, il faudra dépenser une ressource que l’on acquiert en réformant avec succès les âmes. Il y a donc un piège à se retrouver avec trop de déviants sans la monnaie nécessaire pour débloquer les bâtiments requis. Il faudra faire preuve de stratégie et d’anticipation pour ne pas essuyer un échec.
Notons finalement que le temps passé par les âmes des Humus en attente d’accéder à un service a également un rôle à jouer. Normalement, les âmes qui attendent trop longtemps augmentent leurs péchés dans le processus. Si votre enfer n’est pas bien exécuté, vous risquez d’empirer la situation de ces âmes, voir de créer de nouveaux déviants ! Il existe des solutions comme des aires d’attente pour s’assurer que cela n’arrive pas… à moins que vous ne le souhaitiez ! En effet, si certains Humus seront des déviants, d’autres seront des saints absolument immunisés à vos traitements en plus de ne générer aucune ressource. Or, il est possible de briser la volonté du plus vertueux des saints en les faisant attendre… très longtemps idéalement dans une file qui ne débouche sur rien d’autre qu’une autre file. Votre propre purgatoire personnel pour casser les plus têtus, chic !

Bureaucratie à l’oeuvre
Passons en revu quelques éléments : les graphismes dans le style des la série Two Point comme Two Point : Campus ou Two Point : Hospital sont « dessin animé »à souhait et sympathiques, ils supportent bien la proposition. La musique corpo jazz entrepreneurial, avec une petite touche d’inconfort infernal, est vraiment sur la proverbiale coche. J’ai eu quelques souvenirs de Transport Tycoon lors de mes jeunes années. Il y a de l’humour et, étrangement pour ce genre de jeu, une trame narrative qui inclut des rebondissements.
Mais en dehors des artifices, votre principale tâche sera d’assurer la bureaucratie et l’efficience de votre enfer. Oui, c’est amusant de foudroyer des Humus et de les envoyer au cimetière. Mais le gage de succès sera le roulement de votre machine à juger et punir les âmes. C’est qu’en fait, il faut surtout bâtir un système de tri des « patients » pour que la bonne âme trouve le bon spécialiste pour la traiter. Il faut donc séparer les déviants et les saints des âmes régulières. Ensuite, on doit trier par type de péché capital et, enfin, seulement permettre aux âmes suffisamment réformées de prendre le chemin de la résurrection. Les autres devront recommencer le parcours.

Il y a quelques années dans un cadre professionnel et pour gérer des informations provenant des quatre coins du Québec, j’avais créé un impressionnant réseau de fichiers Google Sheets (les Excel de Google), qui permettait aux collaborateurs d’entrer leurs données alors qu’un fichier central appelaient des cellules. Une immense machine qui testait continuellement les if/then (les si/alors) pour classer et traiter le tout. D’autres collaborateurs pouvaient alors consulter les résultats en temps réel sans intervention humaine et avec précision, selon leurs besoins. Il a été laborieux de construire une telle infrastructure. Beaucoup d’erreurs ont été faites dans le processus. Mais lorsque le tout a fonctionné, c’était un grand sentiment d’accomplissement.
Sintopia permet d’émuler exactement cela. C’est étrangement difficile, avec peu de marge de manœuvre pour les machines infernales inefficientes. Mais quand ça marche, quand tous les Humus sont bien triés et punis adéquatement, c’est très satisfaisant. C’est donc à recommander pour les amateurs d’efficacité, d’optimisation ou encore pour tous ceux que la thématique et les personnages inspirent. Sintopia est vraiment un bon petit jeu sans prétention avec plus de profondeur qu’il n’y paraît. Une belle découverte !

J’aime
- Les défis d’optimisation de sa machine infernale
- Les personnages et l’humour omniprésent dans le jeu
- La thématique rarement empruntée
- Les graphismes sympathiques
- La musique bien adaptée au jeu
- Les interactions avec les Humus !
J’aime moins
- Certaines longueurs dans l’accumulation de ressources
- La multiplication des types de ressources
- La difficulté relativement élevée
La copie de Sintopia a été fournie par Team 17.
Sintopia
Scénario
Graphisme
Bande sonore
Jouabilité
Durée de vie
Efficax Infernum
Sintopia vous permet de prendre les commandes de votre rêve secret ou de votre pire cauchemar : la bureaucratie. Dans une histoire amusante de compagnie infernale visant à punir des âmes, votre réel défi sera de créer une machine à juger les Humus le plus efficacement possible. Classer les âmes, leur apporter le traitement approprié dans les délais serrés seront votre quotidien dans cet excellent, mais difficile, jeu de gestion infernal.
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