Une séquence de rakugo
Une séquence de rakugo

[Anime] Une histoire de raconteurs : Shōwa Genroku Rakugo Shinjū

Vous connaissez le rakugo, cette forme de spectacle japonais où un conteur s’assoit devant le public pour raconter une petite histoire comique ? Moi non plus, jusqu’à ce que j’écoute Shouwa Genroku Rakugo Shinjuu (SGRS), une série d’époque qui met de l’avant cet art méconnu et vieux de quelques siècles, pour nous raconter une histoire de conteurs.

Scénario

L’histoire de cet anime, basé sur le manga du même nom, est celle de deux jeunes conteurs rakugo alors qu’ils sont apprentis sous le même maître. Et ces deux protagonistes ne pourraient pas être plus opposés dans leur personnalité, sauf pour leur amour du rakugo. D’un côté, nous avons le froid et studieux Kikuhiko et de l’autre, le tumultueux Hatsutaro. Et c’est l’histoire de leur amitié et de leurs ambitions qui nous est racontée dans le Japon des années 1940.

La série commence en fait dans un temps rapproché du nôtre où Kikuhiko, désormais un vieux maître de rakugo, fait connaissance avec un jeune homme (Yotaro) qui veut devenir son apprenti. Le jeune homme en question lui rappelle son ancien ami Hatsutaro et c’est à partir de cette rencontre que nous sommes plongés dans les souvenirs du vieux maître qui forment la trame narrative de cette première saison.

Critique

On pourrait penser que ce scénario est ennuyeux, mais on ne pourrait pas plus se tromper. SGRS nous fait vivre un vrai drame d’époque, avec des personnages bien définis par leurs qualités, défauts et ambitions.

Tout d’abord, le cadre de l’histoire est tout à fait intéressant. Nous sommes au Japon un peu avant et surtout après la Deuxième Guerre mondiale, où ce pays vivra un profond impact au niveau social suite à sa défaite militaire. Mais la guerre n’est mentionnée que très peu et joue plutôt un rôle passif dans l’histoire : elle est un catalyste du changement à venir qui va s’opérer dans la vie des Japonais et les personnages s’en rendent bien compte. Nous sommes à une époque de geishas et de poêles à bois, mais aussi de voitures et de bars à jazz. Et l’ancienneté du rakugo se fait sentir. Cette dichotomie est d’ailleurs bien capturée par la pièce musicale d’introduction de l’émission, qui mélange des illustrations japonaises traditionnelles avec les personnages, passé et présent, sur fond de musique jazz des années 40.

On sent que l’auteur de la série et du manga a un amour particulier pour cet art quais-perdu du rakugo ; il prend une place très importante dans la narrative des épisodes. Nous avons souvent droit à des prestations presque complètes d’une petite histoire racontée par un des deux protagonistes. Même si celles-ci peuvent parfois être un peu longues, elles servent à illustrer le style et surtout l’évolution de la qualité des prestations du personnage. Elles ajoutent donc beaucoup au rythme et à l’ambiance de l’émission, tout en cernant un peu plus les personnalités des conteurs.

D’abord et avant tout, SGRS raconte donc une histoire d’amitié, voire de fratrie, entre ces deux apprentis aux styles et personnalités opposés. On pourrait penser que ces deux archétypes de personnages sont classiques, voire stéréotypiques, mais la dynamique des échanges et l’amitié entre les deux protagonistes et leur évolution sont captivantes et nous embarquent dans le récit. De plus, une relation amoureuse un peu inhabituelle vient très bien pimenter l’histoire. Sans rien dévoiler, cette relation joue un rôle fondamental dans le récit de SGRS.

Mot de la fin

Si vous recherchez un anime plus adulte (au sens de la maturité) qui présente une expérience dramatique unique avec un rythme plus lent, mais maîtrisé, je recommande chaudement cette série. L’émission est présentement disponible gratuitement sur CrunchyRoll, en échange de votre patience pour les publicités, à moins que vous ne soyez membre.

À propos de Tiego François-Brosseau

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