Final Fantasy XVI – Une aventure épique et cinématique, où la balance penche du côté de l’action

Depuis le lancement du premier titre sur la console Famicon au Japon en 1987 (et la NES en 1990), la franchise Final Fantasy s’est imposée comme une des plus importantes pour les jeux de rôle. Offrant des histoires profondes et complexes, avec des personnages attachants dans des situations où le destin du monde est entre leurs mains. 33 ans plus tard, nous avons le 16e titre numéroté, le très attendu Final Fantasy XVI. Offert exclusivement pour la console PS5, le jeu nous promettait une histoire épique, avec des combats titanesques et un personnage principal sombre et tourmenté. Cependant, il s’agit probablement du titre le moins RPG de la franchise, favorisant grandement le côté action.

Accompagné de ses alliés ou seul, Clive ne reculera devant rien pour obtenir sa vengeance.
Clive Rosfield est un héros tourmenté qui a connu des drames immenses, mais qui est résolu à obtenir vengeance et sauver son monde d’un destin funeste.
  • Studio de développement : Square Enix Creative Business Unit III
  • Éditeur : Square Enix
  • Plateforme disponible : PS5
  • Classement ESRB : M
  • Prix : 89,99$
  • Site officiel

Valisthea est un monde divisé en six nations dont le pouvoir réside dans l’un des cristaux magiques d’où provient toutes les formes de magie. La population peut faire appel à ces pouvoirs en utilisant des fragments de ces sources gigantesques, et en font usage pour pratiquement toutes les sphères de leur vie, de la préservation des aliments à l’illumination de leurs villes à la tombée de la nuit.

Les cristaux mères, ces immenses structures, sont la source de la magie dans le monde.
La source de la magie dans le monde est d’immenses cristaux qui permettent au commun des mortels de pouvoir en faire usage.

Cependant, certains humains naissent avec la faculté de faire appel à la magie sans avoir besoin de cristaux. Ces derniers portent le titre de « Porteurs ». Les classes dirigeantes étant méfiantes de leur pouvoir, en plus d’en être jalouses, les Porteurs mènent une vie d’esclavage. Marqués au visage par un symbole qui affiche au monde entier leur situation, ils sont utilisés comme bêtes de somme pour l’agriculture ou enrôlés de force dans l’armée. Un tout petit nombre de ces Porteurs ont en eux un lien privilégié avec l’esprit d’un des éléments (feu, glace, vent, etc.) appelés Eikon. Ces derniers, nommés Dominants, peuvent en faire appel, les faisant apparaître temporairement dans leur plan d’existence où leur puissance cause d’immenses dommages.

Un monde ravagé par l’utilisation trop massive de la magie

Les tensions sont vives entre les différentes nations. Il semblerait que leur surutilisation de la magie des cristaux cause des dégâts irréparables à la terre, la rendant brûlée et stérile. Le petit duché de Rosaria se retrouve coincé entre les ambitions de ses voisins. Clive Rosfield, fils du duc, est l’un de ces Porteurs et sa famille a toujours été l’hôte du Eikon de feu, le Phoenix, une habileté qui se transmet de génération en génération. Malgré qu’il soit l’aîné, ce n’est pas Clive qui a été choisi comme Dominant suivant, mais son jeune frère Joshua. Au cours d’une nuit terrible, le duché est envahi par deux de ses voisins, le Saint Empire de Sanbrecque et le Royaume de Waloed. Le duc est assassiné et dans son chagrin et sa colère, Joshua invoque le Phoenix pour anéantir ses ennemis. À la surprise de tous, un deuxième Eikon de feu, une créature semblant sortir tout droit de l’enfer, parvient à terrasser le Phoenix.

Les cinématiques ne manquent pas de séquences intenses où les effets spéciaux fusent de partout.
La magie est une force puissante mais capricieuse qui peut à la fois donner de grands pouvoirs, mais aussi imposer un lourd fardeau à quiconque en abuse.

Treize ans plus tard, Clive fait partie de l’armée de Sanbrecque. Sa condition de Porteur étant visible de tous, il a subit les injures et les préjugés. Au cours d’une bataille importante entre l’empire et la république de Dhalmekian, Clive saisit sa chance de s’enfuir et compléter sa quête de vengeance contre ceux qui ont mené sa famille à sa perte. Il souhaite également découvrir l’identité du Dominant dont le Eikon a vaincu celui de son frère. En chemin, il fera la rencontre de Cid, un leader idéaliste qui souhaite donner une meilleure existence aux Porteurs. La quête de Clive le mènera aux quatre coins du monde, où il devra affronter des ennemis puissants et éviter au monde un destin funeste.

Final Fantasy XVI est le premier titre de la franchise offert exclusivement pour la nouvelle génération de consoles et on le remarque immédiatement à ses graphismes magnifiques, autant au niveau des personnages que des environnements. Chacune des régions du monde de Valisthea a son esthétisme propre. L’Empire de Sanbrecque ressemble aux cités médiévales de l’Europe occidentale, alors que la République de Dhalmekian est inspirée des empires du Moyen-Orient, en particulier la Perse. On passe donc des forêts profondes aux étendues désertiques, des marécages aux régions dévastées par la trop grande utilisation de la magie.

Un jeu d’action et d’aventure avant d’être un jeu de rôle classique

Les séquences de combat sont tout aussi impressionnantes. Les différents personnages se déplacent avec rapidité et grâce, et leurs attaques physiques et magiques sont toujours accompagnées d’effets spéciaux grandioses. C’est surtout le cas lorsque deux Eikons s’affrontent dans tes combats titanesques où leur toute-puissance est bien en évidence. Heureusement, contrairement à d’autres titres de la franchise, ces séquences ne se limitent pas à des cinématiques, mais sont interactives. On prend littéralement le contrôle d’une de ces quasi-divinités et c’est toujours un plaisir de manier leur puissance.

Épée et magie seront les armes dont fera usage Clive durant ses nombreux combats.
Les combats dans Final Fantasy XVI sont toujours épiques, que ce soit un affrontement avec une entité titanesque ou une simple meute de loups.

Parlant des combats, il est bon de souligner que Final Fantasy XVI est probablement le titre qui s’éloigne le plus des conventions établies par les premiers jeux. Les développeurs ont mis l’emphase sur le côté action bien plus que sur celui du jeu de rôle. Finis les combats en tour par tour où l’on contrôlait tous les personnages de son groupe. Ici, le joueur a le contrôle seulement du personnage de Clive. La jouabilité rappelle un peu celle de la franchise Devil May Cry, où le personnage principal fait usage de mouvements acrobatiques et d’attaques répétées avec son épée. Les autres membres du groupe agissent indépendamment des actions du joueur, et la seule interaction possible est avec Torgal, le fidèle molosse de Clive à qui on peut donner des ordres simples comme attaquer une cible ou redonner un peu de vitalité à son maître.

Le jeu se rapproche un peu plus de ses racines de jeu de rôle dans le développement du personnage principal. Compléter des quêtes et remporter des combats fournit des points d’expérience. Lorsqu’un nouveau niveau est atteint, le joueur reçoit une quantité de points d’habileté qu’il distribuera entre différentes aptitudes comme des attaques spéciales ou la capacité à insulter un ennemi, le faisant se tourner contre lui et non contre les autres membres du groupe. Le joueur pourra aussi changer l’équipement de Clive, que ce soit son épée, des pièces d’armure et des amulettes qui augmentent la puissance de ses attaques magiques.

Un monde énorme et varié à parcourir

Le monde dans lequel se déroule le jeu est immense, mais il ne s’agit pas vraiment d’un monde ouvert, comme ceux de The Witcher 3 ou Assassin’s Creed Valhalla. Il est divisé en plusieurs régions qu’il est possible d’explorer et qui sont déverrouillées à mesure que l’histoire avance. Cela donne au jeu un sentiment de linéarité, avec des chemins sinueux qui limitent l’exploration et qui rendent les visites subséquentes un peu inutiles. Le jeu regorge d’endroits qui sont bloqués par des murs invisibles ou par des étendues d’eau qui ne semblent pas plus profondes qu’un ruisseau. Les ennemis qui y habitent sont toujours les mêmes et sont remplacés à chaque fois que le joueur quitte une région et y rentre.

Un lever de soleil sur un château médiéval, quoi de plus romantique?
Chacune des régions du monde a son esthétisme propre, que ce soit les tours majestueuses d’un château médiéval ou les étendues désertiques du sud du continent.

Ces changements risquent de déplaire aux vétérans de la franchise qui appréciaient la liberté qu’elle offrait dans le développement des personnages, mais il serait faux de dire que le joueur est tenu par la main tout au long de l’aventure. Si on se limite uniquement aux missions obligatoires, on peut compléter le jeu en environ 25 heures, mais ça serait passer à côté des moments les plus intéressants. À chaque visite de son repaire, Clive peut discuter avec les différents habitants, ce qui lui permettra d’obtenir des quêtes secondaires qui lui rapporteront de l’équipement, des ressources et même des pièces musicales que le joueur pourra choisir comme ambiance. Un tableau de chasse est aussi disponible et il mettra Clive sur la piste de créatures fantastiques et dangereuses, mais qui rapporteront beaucoup d’argent et d’expérience.

La trame sonore est tout simplement exceptionnelle

Final Fantasy a toujours été une franchise reconnue pour sa musique, et le dernier titre n’y fait pas défaut. La trame sonore du jeu est exceptionnelle, avec des mélodies calmes lors de l’exporation des cités et des champs environnants, des pièces sombres et mystérieuses dans les donjons et des crescendos épiques lors des combats. Il n’est pas rare d’avoir un véritable orchestre symphonique avec chœur pour accompagner les moments les plus intenses, rendant ces séquences encore plus palpitantes. Il est aussi agréable lorsque des thèmes classiques, comme celui des cristaux ou le thème principal de franchise, sont intégrés à la trame sonore. Même la célèbre musique de victoire est de retour, mais cette fois-ci avec une véritable chorale qui chante le thème.

Le respect et l'amitié entre les personnages de Clive et de Jill est un point central du jeu.
D’abord amis d’enfance, Clive et Jill formeront une équipe du tonnerre rendus à l’âge adulte.

Les acteurs qui prêtent leur voix aux personnages font tous un excellent travail, même si parfois ils penchent un peu trop dans le mélodrame. Cela n’est pas nécessairement un défaut, la franchise est reconnue pour ses dialogues émotionnellement intenses. L’acteur qui incarne Clive a la voix graveleuse de celui qui a trop vécu de drames dans sa vie. Elle ressemble beaucoup à celle de Geralt dans The Witcher 3, mais avec un moins grand sens de l’humour. L’actrice qui joue le rôle de Jill, une amie d’enfance de Clive et qui l’accompagne durant la majorité de son aventure, est celle qui à mon avis fait le meilleur travail. Ses inflexions et l’émotion qu’elle apporte à ses dialogues sont parfaites.

Un élément qui peut facilement passer inaperçu mais qui est à souligner est la façon que le jeu apporte de l’information supplémentaire. Au lieu d’imposer au joueur de longues séquences de lecture, le jeu offre la possibilité au joueur d’avoir accès à des capsules d’information liées à la région où il se trouve en appuyant simplement sur le pavé tactile de la manette. Un menu apparaîtra alors avec des détails sur la région, les personnages qui y habitent, ainsi que des éléments d’histoire ancienne. C’est une véritable mine d’or pour ceux qui veulent en savoir plus sur le monde, mais cette ressource reste complètement optionnelle pour ceux qui ne sont pas intéressés. Un historien dans le repaire du héros permet d’accéder à de l’information qui aurait pu être manquée.

Les boss ont toujours été un point fort de la franchise et Final Fantasy XVI n'y fait pas exception!
Le jeu ne manque surtout pas de séquences épiques où le personnage principal aura à affronter des créatures qui font plusieurs fois sa taille.

Le niveau de plaisir que l’on aura avec Final Fantasy XVI dépendra des attentes que l’on se fixe avant de s’y lancer. Ceux qui s’attendent à une expérience semblable à celles des débuts de la franchise, où l’on pouvait choisir sa classe de personnage, les sorts à manier et l’équipement à se procurer, risquent d’être déçus par le côté nettement plus action. Par contre, ceux qui souhaitent une aventure remplie d’action, de séquences épiques et d’une histoire intéressante seront bien servis. Le retour à un environnement médiéval fantastique est le bienvenue après plusieurs titres se déroulant soit à une époque contemporaine ou futuriste. Les graphismes, la musique et les dialogues sont tous de grande qualité et le jeu saura plaire à plusieurs, qu’ils soient familiers avec la franchise ou non.

J’aime

  • Les graphismes impressionnants ;
  • La trame sonore exceptionnelle ;
  • L’histoire profonde et complexe ;
  • La qualité du jeu des acteurs ;
  • Les combats épiques.

J’aime moins

  • La faiblesse du côté jeu de rôle ;
  • Une progression linéaire ;
  • Certaines quêtes sont simplistes et répétitives.

La copie de Final Fantasy XVI utilisée pour cette critique a été achetée par le rédacteur.

Final Fantasy XVI

Scénario
Graphismes
Bande sonore
Jouabilité
Durée de vie

Épique et accessible

Final Fantasy XVI garde le côté épique et l'histoire intéressante qui ont fait la renommée de la franchise, mais s'éloigne considérablement de ses origines de jeu de rôle.

À propos de Frédéric St-Georges

Je suis un geek assumé et fier de l'être, qui joue régulièrement aux jeux vidéo depuis l'âge de cinq ans, maniaque de séries télé comme Babylon 5, Star Trek Voyager et Game of Thrones. Geekbecois représente pour moi une belle opportunité de partager avec vous mes passions, vous informer et même parfois vous divertir avec un jeu de mots à la qualité douteuse!

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