[Critique] Samsung Galaxy Nexus

Le chemin parcouru par Android depuis ces deux dernières années est littéralement un chemin de croix. Parti d’une idée chez les concepteurs du respecté SideKick, le système d’exploitation pour appareils mobiles a fait son petit bout de chemin, et a été assez étonnant et respecté pour que la firme de développement, alors tout simplement appelée Android, soit rachetée par Google, tellement l’idée leur plaisait. Google a voulu cultiver cette idée et lui apporter une surdose de geekness, et on sait ce que ça a donné aujourd’hui.

Mais le parcours n’a pas été de tout repos. Les débuts d’Android étaient instables ou tout simplement difficiles d’approche, et au tout début de la plate-forme, c’était plus ou moins une alternative à Apple, purement et simplement.

Puis vinrent les Nexus. Ces appareils ont donné le ton à la plate-forme Android, aux constructeurs, en disant C’est assez, voici ce qu’on imagine comme téléphone Android. En imposant un strict minimum et un chemin à suivre, Google ont pavé la voie à un redémarrage de l’écosystème, et Android ne s’en est porté que mieux. En tant que tel, les Nexus donnent le ton à la prochaine génération de téléphones Android, et en imposant leur voix, Google s’assurent que Android ne s’égare pas dans trop de voix dissonantes.

Le Galaxy Nexus, troisième appareil de la série, continue-t-il à donner le ton et à imposer le respect ? Ma réponse est simple : cet appareil remplit sa mission avec brio.

L’appareil

Le Samsung Galaxy Nexus, disponible (au moment d’écrire ces lignes) chez les fournisseurs principaux (Bell/TELUS/Rogers/Vidéotron) et quelques sous-fournisseurs (Fido/Virgin), est un téléphone intelligent doté d’un système-puce Texas Instruments OMAP4460, comprenant un CPU double-coeur cadencé à 1.2gHz, une puce vidéo SGX PowerVR 540 (sous-)cadencée à 304mHz, 1gb de mémoire vive, 16gb de mémoire interne, une caméra arrière de 5mPix pouvant enregistrer de la vidéo en 1080p et une caméra avant de 1.3mPix pouvant enregistrer en 720p, un circuit NFC, ainsi que la panoplie de fonctionnalités classique (Wifi/BT/GPS), le tout dans un boîtier de plastique à l’allure mince et au design qui attrape l’oeil. Samsung complémente cet arragement de circuits par un écran Super AMOLED [Pentile] de 4.65pouces de diagonales et d’une résolution théorique de 720p – c’est bel et bien un écran HD.

Logiciel interne

C’est sans grand étonnement que vous lirez que le Galaxy Nexus est mû par la plus récente version de Android, soit la 4.0, connue sous le nom de Ice Cream Sandwich. Ce dessert fabuleux Cette nouvelle version majeure du logiciel mobile de Google emmène avec elle un raffinement exigé depuis plusieurs mois par tous les utilisateurs de la plate-forme, car comparé à iOS, Android, même avec son potentiel d’utilisation extrême et profond, manquait de fini et de légèreté ; il manquait d’efficacité d’exécution et de simplicité. Matias Duarte, ex-chef de l’interface pour Palm, a su réinventer l’interface mobile d’Android et a réussi à imposer une nouvelle approche au système, de la conception des menus jusqu’à la navigation interne du système en passant par le téléphone. De plus, Duarte a réussi une autre tâche assez monumentale : unifier le plus d’interfaces système possibles afin de réduire le réapprentissage. En réussissant à imposer une ligne directrice unifiée, Duarte a fait de ICS un travail d’art au lieu d’un ramassis efficace mais qui doit se gérer de plusieurs façons différentes.

À l’utilisation

Étant un passionné Android, je dois avouer que je suis un peu partial envers la plate-forme, mais j’essaie tout de même de rester neutre, par exemple en notant ici que la simplicité et la rapidité de Windows Phone 7 sont un sérieux compétiteur à Android. Ceci étant dit, l’utilisation de ICS, pourtant extrêmement différente de son prédécesseur mobile (Android 2.3/Gingerbread), n’en est pas moins extrêmement plaisante, rapide, efficace et beaucoup plus simple qu’avant. Google ont, probablement par l’influence de Mr Duarte (encore ce nom !) intégré plusieurs concepts qui évoquent l’expérience sur le Palm Pre ; beaucoup de navigation à l’intérieur du système se fait en balayant l’écran par des mouvements latéraux, par exemple dans le changeur d’applications, où un balayage vers la gauche ou la droite fermera une application. De plus, certains éléments, comme la familiarisation avec l’appareil, ont été revus et réadaptés afin de toucher à un plus grand éventail d’utilisateurs, et les guider facilement vers une connaissance de base plus complète du système tel que Google le dessine. Au niveau de la finition, donc, Google réussit la mise à jour.

La plate-forme n’est pas sans heurts, par contre. Les ralentissements classiques de Android, quoique de plus en plus rares, sont tout de même présents dans cette version, et plusieurs applications ne font encore pas appel aux interfaces de programmation améliorées de Google afin de profiter au maximum de la puissance que Android 4.0 peut offrir. Et une petite critique de ma part à l’endroit de Samsung : ils devraient vraiment arrêter la guerre pour le téléphone le plus mince au monde. Ils n’ont pas pris en compte une variable assez critique : la dissipation de chaleur. J’ai malheureusement remarqué une coloration légèrement différente de la moitié supérieure de mon écran, dûe à une température différente du bas, qui est elle-même dûe à une utilisation pourtant normale du CPU, qui chauffe assez pour affecter l’écran. Citron sur ce point que je n’apprécie guère dans un appareil que j’ai pourtant acheté à 740$.

Verdict

Le Nexus nouveau donne encore une fois le ton à la prochaine génération des Android, sous le thème de la simplification et de l’unification. Avec ses lignes épurées, autant physiques que logicielles, et son approche système repensée et unifiée, Google a dans ses mains un appareil et un système d’exploitation qui peuvent se battre à armes égales avec les grands de ce monde, et ils peuvent dire qu’ils ne sont pas “qu’une alternative”.

Mise à jour [28 mai 2012]

C’est avec regret que Geekbécois se doit de vous informer que TELUS n’offre plus le Galaxy Nexus depuis le milieu de la semaine passée. Selon toute vraisemblance, il reste offert chez Rogers, Bell, leurs sous-réseaux Fido et Virgin (respectivement), ainsi que Vidéotron (au Québec), Wind et Mobilicity (dans le reste du Canada). Vous pouvez, par contre, l’acheter libre de contrat à travers expansys.ca.

Mise à jour [16 août 2012]

C’est avec regret que Geekbécois se doit de vous informer que Rogers n’offre plus le Galaxy Nexus non plus. Selon toute vraisemblance, il reste encore offert chez Fido, Bell et Virgin, ainsi que Vidéotron (au Québec), Wind et Mobilicity (dans le reste du Canada).

À propos de Renaud Lepage

Bachelier en éternelle quête de nouvelles technologies qui attireront son attention, Renaud est un passionné du monde mobile et essaie, tant bien que mal, de transmettre son savoir à tous ceux qui en ont besoin.

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3 commentaires

  1. Certains vont dire que l’écran est trop grand. Mais une fois qu’on y a goûté, c’est difficile de revenir en arrière!

    De plus la tendance va vers des écrans plus larges, ça veut surement dire quelque chose! 🙂

  2. C’est le téléphone que j’utilise depuis quelques mois.
    Avant celui-ci, j’utilisais un HTC Legend avec Android 2.2.
    Ma conjointe préfère la simplicité d’Apple et je connais assez bien les deux pour pouvoir comparer.
    J’ai un très grande préférence pour Android et l’OS à très bien évolué entre la 2.2 et la 4.0.
    Tous les applications majeurs disponible sur Apple sont aussi disponible sur Android, même que parfois, ils sont gratuit sur Android et payante sur IOS.
    Une très belle plateforme qui fait très bien compétition a son Rivale la Pomme

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