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[Critique] Motorola Pro+

Qui ici n’a jamais vu un BlackBerry, le père de tous les téléphones intelligents ? Tout utilisateur de ce type d’appareil pourra reconnaître la forme unique des Berries, la référence même en matière de téléphone dit “de bureau”. Avec un clavier normalement ajusté et conçu pour écrire le plus efficacement possible et un écran assez spacieux pour consulter ses messages rapidement, le BlackBerry dicte encore les règles du style. Il n’est donc pas étonnant de voir apparaître, après un moment, des prétendants au “trône”, qui voudraient ravir à RIM quelques uns des adeptes de l’ancêtre vénérable. Le Motorola Pro+, disponible en exclusivité chez Bell, s’inscrit dans cette lignée de téléphones intelligents et offre une performance à tout le moins satisfaisante.

L’appareil

Le Motorola Pro+ est un téléphone intelligent de la famille Android avec des spécifications techniques respectables, sans toutefois être dernier cri. Il est doté d’un Système-Puce Qualcomm Snapdragon de deuxième génération cadencé à 1.0gHz avec un GPU Adreno205 [on évite ici les nombreux problèmes d’affichage du Nexus One], possède 512mb de mémoire vive, et donne accès à 2GB de mémoire interne, partagés à 1.3GB pour l’utilisateur (mémoire SD interne) et 700mo pour les données de l’utilisateur (mémoire interne du système dédiée à l’utilisateur). L’appareil offre aussi la gamme normale de fonctionnalités accessoires : GPS, caméra 5 mPix avec flash, port microSDHC, Wifi b/g/n, Bluetooth et une diode de notification. Ce n’est pas la plus récente des technologies, mais les performances des composantes feront amplement le travail pour l’utilisation typique de ce téléphone. Quant à l’affichage de l’appareil, nous sommes ici en présence d’un écran à CL TFT rétroéclairé [un classique, quoi] de 3.1 pouces avec une résolution de 480×640 pixels ; sans être la meilleure technologie, on a ici, encore, du matériel qui “fait l’affaire”.

Apparence et maniabilité

Motorola a enveloppé le tout dans un boîtier ni trop solide, ni trop fragile. L’impression de solidité que le téléphone me donne est supérieure à celle du BlackBerry Curve (que je trouve littéralement “vide”), mais le téléphone ne me donne pas une impression de “solidité à toute épreuve” non plus ; ça reste toujours une impression de “l’appareil remplit ses fonctions”, ni plus, ni moins. Par contre, sa légèreté et sa son format “rétréci” lui confèrent un élément de practicalité et de rapidité d’accès. La disposition des boutons est classique, si ce n’est du fait que l’on ne retrouve que trois boutons matériels : les contrôles de volume et la mise sous tension. Pas de bouton caméra sur cet appareil, mais de toute façon, vu le marché visé, ça aurait passé pour un artifice. La prise en main est bonne, et les matériaux ont une bonne apparence ; l’impression de légère fragilité reste toujours, mais le téléphone tient bien en main. Par contre, l’aspect texturé du couvre-batterie ne tient qu’un rôle de style et n’empêche en rien le glissement, ce qui aurait pu être pratique. De plus, un détail me choque, détail qui aurait dû être noté par Motorola bien avant que cet appareil n’atteigne les lignes de montage. Les touches tactiles sous l’écran sont dangereusement proches du clavier ; il m’est arrivé d’accrocher le bouton précédent plusieurs fois. Très peu pratique lorsqu’on configure une application manuellement et que tout est perdu à cause d’une touche mal située. On se souviendra ici que les BlackBerry, comme le Bold, ont des boutons pression au lieu de boutons capacitifs.

Système Interne

Motorola utilise Android à toutes les sauces, et le Pro+ ne fait pas exception… Et c’est peut-être là que le bât blesse un peu. Autant Android, en tant que tel, se prête-t-il à l’exercice avec aisance… Autant faut-il tout de même faire attention à certains détails en l’adaptant à de nouveaux styles d’utilisation. Ici, dans le contexte d’une utilisation sur un appareil QWERTY à clavier complet non-glissant (tel un Milestone), j’ai trouvé un petit détail qui peut devenir, à la longue, un brin nuisible, tout en n’étant pas trop critique. Ceci étant dit, il devient assez dérangeant lors de la sélection de texte. Voyez plutôt.


Jeu : Trouvez le curseur

Aussi, c’est peut-être moi qui suis vraiment harcelant sur les détails, mais je trouve l’application de téléphone un peu petite sur la forme ; il faut un minimum de dextérité pour composer par l’écran rapidement.

Finalement, un point de divergence entre Motorola et BlackBerry réside dans le fait que, en mode composition, si vous voulez appeler par chiffres, il vous faut activer le mode clavier ALT, sinon vous recherchez par lettres dans votre carnet d’adresses ; BlackBerry vous laisse composer au moyen du pavé numérique indiqué à même son clavier.

Du reste, vu Motorola, on a encore et toujours droit à l’Expérience Motorola [Motorola affirme que ce n’est plus BLUR mais cachons pas la réalité: ça l’est], qui, tout en fournissant BEAUCOUP de fonctionnalités, le fait au coût, quelques fois, de la performance. Je n’ose pas configurer autre chose que mon compte Twitter personnel, de peur de ralentir le système au complet. Par contre, une touche astucieuse de la part de Motorola est l’inclusion d’un mode “Zoom” pour les applications qui ne sont pas nécessairement “adaptées” au ratio 2:3. Voyez plutôt.

  contre  

Cette fonctionnalité est très utile lorsqu’une application (compatible avec le réajustement – toutes les applications ne sont pas égales ici) s’avère être graphiquement mal adaptée à l’écran réduit du Pro+.

Offre Logicielle

Le Pro+ était une alternative bon marché Androidienne au BlackBerry, encore faut-il que l’offre logicielle permette à l’appareil de se démarquer. On retrouve, évidemment, les classiques tels que Flash, Social Location et un service DNLA pour le multimédia, mais on y retrouve également certains logiciels destinés en premier lieu à une utilisation un peu plus bureautique : Citrix Receiver, GoToMeeting, MOTOPRINT ainsi que QuickOffice. Eh oui, certains utilisent la mobilité pour travailler ! Au fait, la version de QuickOffice qui est incluse avec cet appareil a la synchronisation avec Google Documents et peut se servir de… mobileme. Assez pratique pour éditer des documents stockés sur le nuage, et même sur les services chez Apple.

De plus, évidemment, Motorola a apporté de légères modifications aux fonctionnalités de base du système. Par exemple, le Mobile Hotspot est personnalisable à un point tel que vous pouvez limiter l’accès à votre partage de connexion 3G par Wifi à un nombre de périphériques limité ; option inhabituelle mais pratique. Une autre fonctionnalité ajoutée est une version très amoindrie de la surveillance de l’utilisation de données que Android 4.0 Ice Cream Sandwich apporte, qui est quand même un brin utile pour savoir quelle application siphonne votre plan de données.

À l’utilisation

Au-delà des préférences logicielles, l’appareil offre une expérience quelques fois ralentie mais autrement soutenue, typique des appareils de cette puissance. La vitesse nette convient à la tâche, et je me dois de vous rappeler que Motorola aura décidé de ne pas pousser la note sur la performance afin de préserver la batterie. Cet appareil s’inscrit justement dans la lignée des Motorola que j’ai pu tester récemment, c’est-à-dire qu’ils sont extrêmement efficaces en consommation d’énergie. Avec une utilisation relativement active, 3G et WiFi en alternance, une ou deux séquences d’utilisation soutenue (web et audio) et le reste en mode veille, après 12h30 d’utilisation (déconnecté), il reste encore 20 % de batterie, et si j’en crois mon expérience, je pourrais dormir 8h et la batterie serait descendue à 15 % seulement.

Verdict

J’ai été agréablement surpris par cette offre de Motorola, sans pour autant changer mon fusil d’épaule. Étant un geek fini qui use et abuse même des plus puissants appareils, je ne peux garantir mon impartialité, mais ce petit appareil illustre bien une des forces d’Android : la versatilité. Ce n’est pas le meilleur de tous les appareils, mais il n’en a pas la prétention et se permet de ne remplir que sa tâche assignée : être utile là où il le faut, quand il le faut, et relativement fidèle au poste, autant que faire se peut. Je le trouve un peu cher par contre, à 350$ hors-contrat, et je n’embarquerais pas dans un contrat de 3 ans avec cet appareil, tant bien même soit-il gratuit à la signature du-dit contrat.

À propos de Renaud Lepage

Bachelier en éternelle quête de nouvelles technologies qui attireront son attention, Renaud est un passionné du monde mobile et essaie, tant bien que mal, de transmettre son savoir à tous ceux qui en ont besoin.

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3 commentaires

  1. Bel article! Cependant, j’aimerais ajouter que le gros avantage des téléphones BlackBerry c’est l’intégration avec le réseau de l’entreprise et le serveur de messagerie. Avec le serveur BES (Blackberry Enterprise Server), il est possible de contrôler à distance les appareils. On peut les barrer, changer leur mot de passe et même effacer les données à partir du serveur! On peut facilement relier via VPN l’appareil au réseau de l’entreprise pour accéder à des fichiers et l’intranet, assigner des politiques d’utilisation, faire des updates, envoyer des applications…

    Les autres fabricants sont capable de copier le look mais incapables de rivaliser avec la sécurité et l’intégration des blackberry! Un téléphone Blackberry ce n’est pas qu’un écran avec un clavier qwerty!

  2. Je n’ai jamais dit que RIM n’offrait pas de services, au contraire. Ceci étant dit, de plus en plus, avec Google Apps, le Gougle offre une belle alternative à BES. Remote Wipe est une fonctionnalité, politiques d’utilisation aussi, etc…

    Je vais être partial: je n’aime pas qu’une compagnie me dicte comment penser et comment utiliser un appareil, d’où ma réticence à apprécier des fonctionnalités corp telles le BES.

    Also, BIG FAIL INTERNATIONAL de RIM y’a pas longtemps. J’ai ri tu peux pas savoir à quel point.

  3. @Kris : Microsoft Exchange fait exactement la même chose sur Android.

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