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[Critique] BlackBerry Q10 : Le retour du « bon vieux » téléphone à clavier

BlackBerry Q10

Esthétisme
Performance
Utilisation
Applications

Mitigé

Bonne évolution du produit (autant hardware que software) malgré plusieurs faiblesses marquantes et une popularité décroissante.

User Rating : Be the first one !

Pour certains, le BlackBerry est l’arme ultime des courriels sur la route. Pour d’autres, BlackBerry Messenger (BBM pour les intimes) est la plateforme de messagerie instantanée par excellence (laissant les SMS pour les autres). Pour le reste du monde, BB est un petit qui joue dans la cour des grands en attendant de partir… Ayant été un utilisateur de BlackBerry pendant plus de deux ans, j’ai su en apprécier ses forces et en détester ses faiblesses. (Pour les curieux, c’est un Curve 9300 qui fut choisi pour moi en septembre 2010).

Il n’y a pas si longtemps, les BlackBerry étaient fréquemment vus dans les mains de nos amis, nos collègues ou celles des inconnus qui croisaient notre chemin. Aujourd’hui, il est plus rare d’en voir, et quand on en voit, il s’agit principalement du Z10, le téléphone de la dernière chance de l’ancienne RIM. Jadis, les gens choisissaient un BB pour son clavier, sa conciliation travail/vie personnelle, ou tout simplement parce qu’il s’agissait du principal téléphone intelligent disponible sur le marché. Aujourd’hui, c’est une tout autre histoire, les gens veulent des téléphones in comme des iPhone ou des Android ; très peu choisissent les BB. Si vous voulez avoir plus de détails sur le déclin de RIM, Vincent Brousseau-Pouliot a rédigé un article très intéressant pour La Presse : Les 5 raisons du déclin de RIM.

Revenons à notre sujet principal : BlackBerry Q10

J’ai eu occasion de tester le Q10 et de revenir au clavier physique. Même si j’adore les iPhone et Android, je dois avouer que le fait de toucher un vrai clavier a son charme. Instinctivement, le feeling des touches facilite la rédaction ; il est d’ailleurs beaucoup plus agréable d’écrire de longs courriels avec un clavier physique plutôt qu’avec un clavier tactile et ce, même si ce dernier corrige et prévoit les mots à venir. Vous ne me croyez pas ? Je vous mets au défi de l’essayer un certain temps. Les premières heures ne seront pas les plus faciles, mais une fois vos pouces adaptés, vous apprécierez !

Esthétisme : « Rien qu’à voir, on voit ben. »

Q10

Mis à part le Z10, les BB, en général, n’ont jamais eu le Wow ! des autres concurrents et le Q10 ne fait pas exception à la règle. De face, on note une amélioration : entre les lignes du clavier, on peut apercevoir des frettes d’aluminium qui, agencées au noir, donnent un look classy. Malheureusement, lorsqu’on regarde son dos, on a l’impression de voir une couche plastique bon marché qui donne l’illusion du look de l’heure : fibre de carbone. J’aurais préféré un dos caoutchouté antidérapant comme certains modèles précédents.

Performance : les specs sous le capot

  • Processeur bicoeur Snapdragon S4 de Qualcomm cadencé à 1.5 GHz
  • Mémoire RAM de 2 Go
  • Stockage interne de 16 Go et extensible avec une carte microSD
  • Écran tactile super AMOLED de 3.1″ avec une résolution de 720×720 et 320 ppp.
  • Ports micro USB et micro HDMI
  • Pile amovible de 2100 mAh
  • Caméras
    • frontale de 2 Mpx à enregistrement vidéo HD 720P
    • arrière de 8 Mpx à enregistrement vidéo HD 1080P
    • Flash LED
  • Connectivité cellulaire : LTE/4G/HSPA+/EDGE
  • Wi-Fi a/b/g/n 2.4 GHz et 5 GHz
  • Bluetooth 4.0 LE
  • GPS, accéléromètre, magnétomètre et gyroscope
  • Taille typique d’un BlackBerry : 119,6×66,8×10,35 mm et un poids de 139 g.

Si on ne fait que lire les specs, on s’attend à voir l’avant-dernier téléphone des Samsung et autres géants… Par contre, comme dirait votre grand-mère : « Il n’y a pas que les specs dans la vie… ! » Malgré toutes ces promesses, j’ai été surpris par le petit délai entre les opérations. À l’usage, on aurait dit que les choses s’amélioraient (ou bien je devenais plus patient..) et il me paraissait plus comparable aux téléphones du moment (lire les téléphones de la génération précédente). Ce que j’aime le plus de la liste : LTE, Bluetooth 4.0, LTE, Wi-Fi n 5 GHz, LTE, RAM de 2 Go et fente microSD. Ah oui, et l’écran super AMOLED qui est vraiment clair et brillant (mis à part sa petite taille). Mais ce que j’aime le plus de ce BlackBerry (et de TOUS les autres BB aussi) c’est la force de l’antenne qui n’est incomparable avec aucun autre téléphone. Dans le bois, là où tous les iPhone et Android testés ne captent qu’une mince barre de signal leur permettant de recevoir un SMS de temps en temps, et ce, qu’à un endroit précis, le BB est capable d’aller sur Facebook et d’y uploader des photos sans grincer des dents. Certes, il ne capte pas le LTE, ni un signal plein, mais il est très faisable d’y vérifier ses courriels et réseaux sociaux préférés en pleine nature. Pour un geek, c’est un gros +++.

Quelques clichés pris avec le Q10

Voici quelques photos prises avec l’appareil photo arrière. Les couleurs sont bien représentées, il n’y a pas de flous marquants et selon moi les souvenirs seront bien capturés avec le Q10. Les aficionados de la photo n’en seront certainement pas satisfaits, mais le meilleur appareil photo est celui qu’on a à portée de main.

Utilisation

Dans une journée geek normale, le Q10 se débrouille bien. La courbe d’apprentissage du système d’exploitation est relativement basse (pas autant qu’iOS, mais quand même) et les raccourcis gestuels sont surprenamment naturels. Je me suis même surpris à les reproduire, malgré moi, sur mon S3. Moi qui pensais que ces gestes n’avaient pas rapport ; dans ta face le blogueur ! La pile ne tenait malheureusement pas deux journées entières avec une utilisation modérée, j’aurais pensé que la pile aurait tenu le coup plus longtemps.

Du côté de la bibliothèque d’applications du BlackBerry World, j’ai aussi été déçu : une nette amélioration par rapport à ce que j’ai connu auparavant, mais c’est loin d’être suffisant pour monsieur & madame Tout-le-monde. Certes, Angry Birds est disponible, mais certaines applications sont incompatibles avec le Q10 (comme MyFitnessPal, mais qui l’était avec le Curve 9300). La navigation dans le BB World n’est pas non plus des plus agréables, il est difficile de trouver l’application voulue rapidement. Il est à noter que Dropbox est intégré à même le système d’exploitation, ce qui rend très facile le partage d’un document vers le nuage.

Le Hub, vous connaissez ? C’est la barre de notification de votre iPhone à la sauce RIM. Tout s’y retrouve, courriels, SMS, appels manqués, réseaux sociaux… Il est très rapide et agréable d’y naviguer lorsque notre téléphone nous avertit d’une mise à jour quelconque ; il suffit de glisser son doigt vers la gauche et voilà ! On est aussitôt au courant de ce qui se passe, comme on le voudrait.

Conclusion

Pour terminer, le BlackBerry Q10 est une bonne évolution pour un amoureux des précédents modèles du téléphone à clavier (pour l’OS aussi). Dans un contexte corporatif, je comprends totalement le choix de l’entreprise pour la firme de Waterloo en partie pour la sécurité (même si elle a été mise à l’épreuve dernièrement) et l’intégration Exchange grâce à BES. Par contre, je ne comprendrais pas un geek avide des dernières technologies qui s’en procurerait un (j’opterais davantage pour le Z10). Malgré tout, dans son ensemble, le Q10 est fonctionnel pour toutes les tâches quotidiennes et il offre un choix supplémentaire pour les consommateurs. Plus on a de choix, mieux c’est, n’est-ce pas ?

Je suis quand même curieux de voir l’évolution de la plateforme BlackBerry au cours des prochains mois ainsi que l’adoption des consommateurs en dehors du marché des affaires.

Save

À propos de Eric Martel

Clavier d’une main, mobile dans l’autre, je suis connecté plus souvent qu’autrement et j’adore ça. Je suis affamé d’informatique et me nourris de gadgets dénichés sur eBay; si je peux conjuguer les deux, c’est merveilleux. Par contre, je préfère tourner les pages d’un bon livre plutôt que d’utiliser son penchant électronique, suis-je fiévreux? Papa de deux petites gripettes, j’attends avec impatience le jour où je pourrai partager ce côté électro-maniaco-gadget avec elles…

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