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The Dragoness : Command of the Flame – Une version « diète » d’une franchise vénérable du jeu de stratégie

À la fin des années 90, une franchise de jeux de stratégie développée par le défunt studio 3DO a su se faire aimer par des légions d’amateurs. Il s’agissait des jeux Heroes of Might and Magic, une série de jeux de stratégie en tour par tour qui était elle-même dérivée d’une série de jeux de rôle. Ubisoft, qui a racheté la franchise suite à la faillite de 3DO, a poursuivi avec trois autres jeux qui ont été bien reçus. Peu de studios indépendants ont voulu s’en inspirer malgré son grand succès. C’est ce défi que s’est donné le studio indépendant Crazy Goat Games dans The Dragoness : Command of the Flame. Est-ce qu’il est parvenu à se hisser aux mêmes sommets que les titres légendaires auxquels il s’inspire ? Même s’il n’y parvient pas tout à fait, le résultat final est une belle expérience pour les vétérans du genre et son accessibilité est appropriée pour les néophytes.

Le magicien local est habituellement le fournisseur de quêtes secondaires par excellence
Visitez le magicien local qui aura certainement une tâche spéciale pour vous.
  • Studio de production : Crazy Goat Games
  • Éditeur : PQube
  • Plateforme disponible : PC
  • Classement ESRB : N/D
  • Prix : 22,99$
  • Page Steam

Dans un royaume fantaisiste, deux factions de dragons, l’une bonne, l’autre mauvaise, avaient appris à cohabiter dans une paix fragile. Ces créatures de légende veillaient sur les races inférieures, influençant leur développement. Cependant, ce qui devait arriver arriva, un conflit éclata entre les deux groupes. Après avoir ravagé le royaume, la faction bonne parvint à vaincre son adversaire, mais au prix de pertes terribles. La capitale, Niwenborh, n’est plus qu’un amas de ruines que ses habitants tentent péniblement de reconstruire. Survient alors une guerrière mystérieuse qui emporte dans son sillage le retour des dragons maléfiques. Ce sera à elle que reviendra la tâche de lever des armées, reconstruire Niwenborh et mettre un terme à cette invasion funeste.

Si vous avez déjà joué à un des Heroes of Might and Magic, vous serez en terrain familier ici
L’interface et la présentation du jeu sont clairement inspirées de la franchise des jeux Heroes of Might and Magic.

Un jeu de stratégie qui clame hors et fort ses inspirations

Au premier regard, quiconque aura joué à l’un des titres de la franchise Heroes of Might and Magic (HOMM) sera en terrain familier. La carte du jeu est presque calquée sur celle de ses prédécesseurs, avec l’héroïne que l’on déplace à l’aide de la souris, des ressources dispersées aux quatre coins du monde, les armées ennemies qui bloquent certains passages et des immeubles à explorer pour des bonus ou faire du commerce. En creusant un peu plus, on s’aperçoit que malgré les similitudes qui peuvent faire penser à un pur plagiat, The Dragoness a des particularités qui lui sont propres. Alors qu’un élément très important dans HOMM, les villes que l’on peut développer et où se ravitailler en unités de combat sont absentes dans The Dragoness. Niwenborh est seulement accessible entre les missions où l’on peut utiliser les ressources amassées pour améliorer ses bâtiments, recruter des unités ou acheter des artéfacts puissants. Lors des missions, le seul moyen d’obtenir de nouveaux combattants est de les recruter dans des casernes disséminées sur l’espace de jeu. Il est donc important de bien réfléchir à sa stratégie avant de se mesurer à un ennemi puissant.

Votre dragon mentor est celui qui vous donnera vos tâches à accomplir pour remporter la guerre
Entre vos missions, vous retournerez à votre capitale en construction pour faire le plein de ressources et obtenir de sages conseils de votre dragon mentor.

Parlant de ressources, la plus importante dans The Dragoness en est une qui est totalement absente des jeux de la franchise HOMM. Vous devrez vous assurer que vos unités soient nourries convenablement en ayant un stock de nourriture adéquat. S’il vient à en manquer, vos unités souffriront de la faim et ne seront pas très efficaces sur le champ de bataille. Pour amasser des victuailles, vous devrez souvent sortir du chemin tracé, car cette ressource est rare dans un pays ravagé par la guerre. Vous aurez aussi à compléter des quêtes secondaires car celles-ci vous sont souvent récompensées en nourriture. La recherche constante de nourriture ajoute une dose de pression pour le joueur, le poussant à faire fi de la prudence.

Un style de jeu familier, mais avec plusieurs particularités qui le démarquent

Pour remporter la guerre, vous aurez besoin d’une armée. Celle-ci sera composée d’unités toutes droit sorties d’un monde fantaisiste comme des centaures, des harpies et des hommes arbres comme dans Le Seigneur des Anneaux. Lorsque vous rencontrerez une armée ennemie, le mode bataille est engagé. Là encore, on a véritablement des “flashbacks” de la série HOMM avec les deux groupes qui se font face sur un terrain divisé en cases. Au bas de l’écran, on voit l’ordre dans lequel les différentes unités pourront agir. Certaines, comme les griffons, sont très rapides et sont habituellement les premières à pouvoir se déplacer ou attaquer. Il faudra toutefois faire preuve de stratégie, car envoyer ses troupes rapides attaquer immédiatement les mettra au risque d’être encerclées et massacrées avant l’arrivée de vos troupes plus lentes. Quelques combattants font usage d’armes de jet ou de sortilèges qui leur permettent d’attaquer à distance. Leur dégât est influencé par leur éloignement de leur cible. Enfin, le joueur aura aussi accès à une banque de sorts qu’il pourra faire usage durant la bataille, comme soigner une unité ou augmenter sa vitesse. Ces pouvoirs sont remis lorsque l’héroïne gagne un niveau.

Le mode champ de bataille fait penser à un jeu d'échecs avec ses cases de déplacement
Une fois le combat engagé, l’interface change pour celle du champ de bataille où vous dirigerez vos troupes et allez utiliser leurs différents pouvoirs.

C’est par ce système d’expérience et de niveau que se retrouve une des particularités les plus importantes du jeu. En effet, les développeurs ont opté pour un système de type “rogue-lite” dans lequel l’expérience, les niveaux et le pouvoir sont remis à zéro au début de chaque mission. Ce choix est un peu discutable, car il enlève un élément qui était très populaire dans les HOMM, le sentiment de progression que l’on ressentait envers son héros. Avoir à toujours tout recommencer à chaque nouvelle mission amène de la frustration, car on a toujours l’impression de recommencer avec un nouveau personnage, mais qui a les traits de celui que l’on a utilisé à peine cinq minutes auparavant. Le but de ce choix est clair, les “rogue-lite” ont la cote en ce moment avec des jeux très difficiles comme ceux de la franchise Dark Souls et Dead Cells. Il n’y a pas que du négatif par contre. Chaque défaite n’éliminera pas le progrès accompli dans votre tentative. Votre héros conservera une partie de ses pouvoirs et équipements obtenus dans la tentative précédente, vous donnant une longueur d’avance sur votre nouvel essai.

Des moyens modestes qui apparaissent malheureusement à l’écran

Malgré qu’il s’inspire énormément de la franchise HOMM, The Dragoness n’a cependant pas eu droit au même budget. Les graphismes sont la portion du jeu qui souffre le plus des maigres moyens du studio. Les textures employées sur la carte du jeu sont d’une variété limitée, donc on a souvent l’impression d’évoluer sur les mêmes parcelles de terrain, même si la narration indique que l’on est dans une autre partie du royaume. Le personnage principal a très peu d’expressions faciales et ressemble plus à un pion que l’on déplace sur une planche d’un jeu de société. Les unités sur le champ de bataille ont reçu un peu plus de soins et leurs animations sont assez soignées. Du côté de l’audio, le jeu bénéficie d’une agréable trame sonore qui varie selon le type d’action à l’écran. Les effets sonores sont efficaces, mais un peu répétitifs. Enfin, le travail des acteurs est à souligner, ils incarnent plutôt bien leur personnage lors des cinématiques.

La carte regorge de points d'intérêts, mais pas tellement au niveau des pixels et textures
Malgré les efforts de l’équipe de production, il est évident qu’on a droit à un jeu au budget modeste et les résultats sont visibles au niveau des graphismes.

En conclusion, The Dragoness : Command of the Flame est un bon petit jeu de stratégie en tour par tour qui saura plaire aux amateurs de la franchise HOMM. Si vous pensez que je fais trop souvent allusion aux jeux précédents, la description de la page Steam du jeu regorge des mêmes comparatifs, donc il est clair d’où vient son inspiration. Il risque cependant d’être un peu trop simple pour les amateurs purs et durs du genre, et l’inclusion d’un mode “rogue-lite” est particulièrement discutable.

J’aime

  • Le système de ressources ingénieux
  • La variété du développement du personnage principal
  • L’hommage respectueux pour la franchise HOMM

J’aime moins

  • La faiblesse des graphismes
  • L’inclusion du mode “rogue-lite” discutable
  • La répétition de l’environnement

La copie de The Dragoness : Command The Flame a été fournie par PQube.

The Dragoness : Command of the Flame

Scénario
Graphismes
Bande sonore
Jouabilité
Durée de vie

Une version "diète" d'une franchise célébrée

The Dragoness : Command of the Flame est un hommage aux jeux de la franchise HOMM, avec quelques particularités qui lui sont propres.

À propos de Frédéric St-Georges

Je suis un geek assumé et fier de l'être, qui joue régulièrement aux jeux vidéo depuis l'âge de cinq ans, maniaque de séries télé comme Babylon 5, Star Trek Voyager et Game of Thrones. Geekbecois représente pour moi une belle opportunité de partager avec vous mes passions, vous informer et même parfois vous divertir avec un jeu de mots à la qualité douteuse!

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