Seven Secrets critique bande dessinée titre couverture alternative
Seven Secrets critique bande dessinée titre couverture alternative

Seven Secrets #1 : peut-être quelque chose comme une grande BD

Voici enfin notre critique de Seven Secrets #1 paru le 12 août chez BOOM ! Studios. Il y a quelques jours, nous vous avons présenté le contexte particulier qui entoure la sortie du premier volume de Seven Secrets. Nous y faisions mention de trois facteurs de succès pour cette nouvelle série phare de BOOM ! Studios. D’abord, la série est pilotée par Tom Taylor, lui qui nous a donné les sublimes DCeased et X-Men Red. Il en détient aussi tous les droits ! Ensuite, l’offensive publicitaire a mis le nom de cette série sur toutes les lèvres dans les dernières semaines. Cela est en particulier dû au fait que l’éditeur a fait parvenir une unique copie de Seven Secrets #1 à chaque boutique de bande dessinée une semaine avant sa sortie officielle. Finalement, le thème des secrets nous semblait être riche et posséder un haut potentiel de fidélisation de son auditoire.

Avons-nous vu juste ? Ce premier opus remplit-il les promesses de l’éditeur ? Qu’en est-il de nos espoirs pour la suite ? Voici enfin nos réponses.

Seven Secrets - une couverture alternative en hommage à Akira
Seven Secrets #1 – une couverture alternative de Justine Frany en hommage à Akira

Seven Secrets #1 : de grands espoirs et de petits bémols

Une histoire au rythme soutenable ?

On n’a qu’une chance de faire une bonne première impression et BOOM ! l’a compris. Seven Secrets #1 construit son histoire à un rythme si soutenu qu’il sera certainement impossible à maintenir. Chaque case est rentabilisée. Chaque phylactère place un nouvel élément de l’histoire. Même les cartouches sont savamment utilisés pour présenter un des personnages principaux. Est-ce qu’on aime ? Oui, on adore ! Ça fait changement des bandes dessinées qui offrent quatre pages où l’histoire avance et vingt pages de barbecue en famille.

Il faut dire que l’auteur n’avait pas tellement le choix d’adopter une telle cadence pour présenter tous les éléments fondamentaux de cette histoire complexe. Elle va comme suit : sept secrets fondamentaux sont protégés par une organisation presque millénaire nommée l’Ordre grâce à autant de duos de gardiens/porteurs. L’intégrité de ces secrets est primordiale, puisque le bris de l’un d’eux a mené à la disparition d’Atlantide. Avec de gros secrets viennent de grosses conséquences.

Dans cet épisode, on suit l’un de ces binômes hyper entraînés alternant entre l’action intense dans laquelle ils sont plongés et les souvenirs de choix déchirant qu’ils ont eu à faire. Leur serment à l’Ordre n’ayant pas que des avantages. À ce niveau, on appréciera particulièrement la réponse rafraîchissante qui est donnée au dilemme cornélien traditionnel. Tout ça accessoirisé de fusils d’assaut, d’épées, de motos, de cestes, d’armures, de sacrifice, d’honneur, d’amour et de vrai faux. Et d’une grande dose de secrets qui s’ajoutent aux sept de départ.

Des personnages forts et attachants

Mis à part son histoire riche et rythmée, les héros et héroïnes présentés dans Seven Secrets #1 surprennent. Positivement. Sigur, un costaud aux traits scandinaves, et Eva, la rebelle agile, forment un couple contrasté et profond. En quelques pages, on comprend qu’ils choisissent le devoir avant l’amour. Cela s’éloigne des personnages convenus, mais l’écriture est suffisamment habile pour que nous nous attachions quand même. Comme il est agréable de voir des héros dont les choix ne sont pas guidés exclusivement par l’amour de leurs proches !

Mention spéciale aussi à leur contact au sein de l’Ordre, une vieille femme du nom de Tajana. Son intelligence et son sens politique se révèlent dans ses quelques répliques. De plus, l’attribution de ce rôle à une femme n’apparaît pas forcé et s’éloigne du cliché. On le souligne, car cela semble être un réflexe de donner le genre masculin aux acteurs politiques calmes, rusés et intransigeants.

Contre des géants établis

Il n’est pas facile de présenter de nouveaux personnages à l’ère Marvel. La mythologie du géant est tellement bien ancrée dans les esprits que l’on connaît ses protagonistes par cœur. Il suffit d’un bout d’armure pour reconnaître un héros et pouvoir en donner trois caractéristiques psychologiques majeures. Heureusement, Seven Secrets #1 relève le défi d’ajouter au panorama des personnages qu’on a envie de suivre. Sigur, Eve et Tajana sont présentés avec une telle habileté qu’on pourrait donner une bonne description de leur psychologie après un seul tome.

Un vilain à définir

Le travail reste encore à faire du côté des ennemis de l’Ordre. On sait que le GMPF (gros méchant pas fin) s’appelle Amon et qu’il se bat à la faux (ok, ça c’est cool). On sait aussi qu’il est accompagné de petits méchants indistinguables et sans saveur qui ne sont pas sans rappeler les Putty Patrollers. Point positif cependant, Amon ne semble pas aimer la violence inutile. Cela ajoute au caractère original des personnages de Seven Secrets.

Seven Secrets est illustré agréablement

On a appris à ne pas se fier aux couvertures. Il y a même un proverbe qui le dit. Pour les comics américains, les couvertures alternatives sont parfois même confiées à d’autres artistes. Néanmoins, on n’a rien à redire sur celles de Seven Secrets #1. Mentionnons en particulier l’hommage à Akira présenté en début d’article.

Lorsqu’on plonge dans le livre, on trouve des dessins agréables, mais qui pourraient profiter de plus d’éléments de décor après les premières pages. Un dialogue important au milieu du tome se joue presque exclusivement sur fond noir. Il en va de même pour la scène finale dont la majorité des cases n’ont pas de détail de fond. Qui plus est, le livre culmine sur une scène cruciale pour laquelle on aurait aimé un dessin plus audacieux et détaillé. Pour les personnages, leur design est bien mais pas extraordinaire. Personnellement, j’apprécie les gros traits d’encre bien définis et, à ce niveau, la plume de Daniele Di Nicuolo me semble trop mince. Mais bon, somme toute, c’est joli.

Seven Secrets : une critique bonne, mais prudente

En résumé, l’histoire est bien garnie et pose la table pour une foule d’éléments à venir. L’audace de Tom Taylor est évidente. Lui qui possède tous les droits de la série, il faut le dire, n’hésite pas à jouer avec les conventions en créant des personnages différents des clichés usuels. Il se permet aussi de manipuler agressivement la chronologie. Autre tour de force, le personnage principal de la série est introduit d’une façon créative.

Avant de se laisser, prenons néanmoins le temps de mentionner l’immense déception que j’ai personnellement-juste-moi-je-n’engage-personne-d’autre eue en comprenant que les prochains livres ne suivront peut-être pas les personnages principaux de ce premier volume. D’après la bande-annonce officielle, on comprend que le héros sera réellement introduit dans le #2 de la série. Cela me semble annoncer un ralentissement du rythme. Ô combien j’espère me tromper. Ceux qui doutent de cette interprétation, et qui acceptent d’être confrontés à quelques divulgâcheurs, peuvent consulter l’art conceptuel de Seven Secrets et la bande-annonce. Autre bémol, la grande quantité de secrets pourrait facilement devenir une façon inconfortable de retenir le lectorat. Notons aussi que plus l’attente est longue, plus la pression sur la qualité du secret devient intense (clin d’oeil, clin d’oeil).


Est-ce qu’on continue à lire ? Oui, avec plaisir. On reste prudents (contrairement au reste de l’internet), mais on ne boude pas notre plaisir non plus.


J’aime

  • Une histoire rythmée et audacieuse
  • Des personnages riches qui s’éloignent des clichés
  • Des dialogues emplis d’humour

J’aime moins

  • Des dessins parfois simples
  • Un changement majeur risqué pour les prochains livres
  • Trop de secrets ?

Seven Secrets #1

Texte, narration et scénario
Graphisme
Impression générale

On s'abonne ! Prudemment.

Ce premier tome fait des promesses magnifiques qui donnent le goût de croire en cette série. On reste quand même prudent et on attend de voir les épisodes suivants.

À propos de Jean-François Gagnon

Geek depuis qu'un ami m'a laissé essayer Pokémon Bleu dans la cour de récréation en 1999. Depuis, je surf de mangas (Fly) en jeux vidéo (Legend of Dragoons) en comics (Black Hammer) en jeux de table (Starfinder) en événements geeks (Games Done Quick) et en actualités technosociales (WIRED). Accessoirement, mes autres passions (les maths et l'impro) m'ont permis de faire des chroniques télé (Vrak / ALT) et radio (Première chaîne / Moteur de recherche).

Aussi à voir...

Laughter in the End of the world

Découverte manga : Laughter in the end of the world

Cette fois-ci, j’aimerais vous présenter Laughter in the end of the world, un manga à …

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.