La Tour Sombre – Un superbe emballage pour un contenu plutôt mince

La trilogie de films basés sur le roman The Hobbit par Peter Jackson a été fortement critiquée pour avoir étiré la sauce en étant basée sur un simple roman de 300 pages environ. La Tour Sombre (version française de The Dark Tower) est un exemple similaire d’interprétation littéraire un peu douteuse, mais dans ce cas-ci, c’est plutôt le rétrécissement d’une oeuvre littéraire de plusieurs milliers de pages en un seul film de 90 minutes qui blesse. Le résultat final est un film aux scènes d’action palpitantes, avec des interprètes de renom, mais un scénario et un contenu qui laisse fortement à désirer.

La Tour Sombre : un film très librement inspiré d’une oeuvre littéraire

Selon la mythologie du film, l’univers est divisé en plusieurs mondes qui sont reliés par une immense tour noire. Cette dernière protège l’univers contre les démons qui habitent en dehors et qui tentent sans relâche de l’envahir. Cette tour a toujours été sous la garde d’un groupe de guerriers appelés les « gunslingers » (flingueurs). Cependant, un sorcier aux pouvoirs exceptionnels, Walter o’Dim (Matthew McConaughey), a trouvé le moyen de détruire la tour en kidnappant des enfants dotés d’un pouvoir, le « Shine » et en les utilisant comme une arme destructrice.

À New York, le jeune Jake Chambers (Tom Taylor) rêve chaque nuit du monde parallèle, de la tour, de Walter et des gunslingers. Cet enfant dispose du niveau de puissance du Shine le plus élevé jamais vu, ce qui lui permet de trouver le moyen de voyager d’un monde à l’autre. Faisant la rencontre du dernier des gunslingers, Rolan Deschain (Idris Elba), ils feront équipe afin de vaincre Walter et empêcher littéralement la fin du monde.

Roland (Idris Elba) dans LA TOUR SOMBRE (v.f. de The Dark Tower) de Columbia Pictures. Photo : Courtoisie de Sony Pictures
Roland (Idris Elba) dans LA TOUR SOMBRE (v.f. de The Dark Tower) de Columbia Pictures. Photo : Courtoisie de Sony Pictures

Une esthétique sans reproche, un scénario plutôt faible

Ce qui frappe en premier dans La Tour Sombre est son côté visuel. Les séquences à New York sont colorées et pleines de vie, alors que celles se déroulant dans l’autre monde (Mid-World) sont ternes et stériles. Les costumes portés par les personnages principaux sont superbes, du long manteau poussiéreux de Deschain qui rappelle les classiques du western, au complet noir de Walter tout droit sorti d’un film d’horreur. Les masques de peau portés par les sbires de Walter sont effrayants à souhait et ont l’air très réalistes.

Les scènes d’action sont au même niveau esthétique que les costumes. Les chorégraphies sont très impressionnantes et rappellent certains films d’action du cinéma asiatique et The Matrix. On a l’impression d’assister à un ballet ou à une performance de gymnastes professionnels. Le duel final entre les deux personnages principaux est haletant, mais un peu court à mon goût.

Parlant de durée, le film dure 90 minutes seulement. Cela est particulièrement surprenant en cette époque où presque tous les films doivent avoir une durée de deux heures au minimum. Malheureusement, ce court délai n’aide en rien le film. On sait très peu de choses sur les personnages principaux, leurs motivations et leur histoire. Un très court prologue explique brièvement la raison d’être de la Tour Sombre et comment elle nous a toujours protégés des forces du mal, mais c’est tout.

Un autre point faible que j’ai trouvé à The Dark Tower est son humour. Lorsque Deschain et Jake se retrouvent à New York, on a droit à la panoplie de clichés du « poisson hors de l’eau » si je peux me permettre. Deschain ne comprend pas trop comment les gens fonctionnent dans notre monde et cause un tas d’ennuis avec son ignorance. Heureusement, cette séquence d’événements est relativement courte.

Roland (Idris Elba) et Walter (Matthew McConaughey) dans LA TOUR SOMBRE (v.f. de The Dark Tower) de Columbia Pictures. Photo : Ilze Kitshoff (Courtoisie de Sony Pictures)
Roland (Idris Elba) et Walter (Matthew McConaughey) dans LA TOUR SOMBRE (v.f. de The Dark Tower) de Columbia Pictures. Photo : Ilze Kitshoff (Courtoisie de Sony Pictures)

Des acteurs au sommet de leur forme

Je dois souligner le jeu des acteurs, en particulier le jeune Tom Taylor qui interprète avec brio un rôle passablement complexe. Idris Elba est égal à lui-même dans le rôle du héros brisé par trop de revers et la perte de trop d’êtres chers. Enfin, McConaughey semble avoir énormément de plaisir à interpréter un vilain aux pouvoirs surnaturels, dépouillé de toute forme de compassion.

The Dark Tower offre un bon divertissement et des scènes d’action époustouflantes, mais sans plus. Je ne peux parler pour les amateurs des romans de Stephen King, ni vous indiquer si le film leur est fidèle, car je ne les ai pas lus. Cependant, les néophytes n’auront aucune difficulté à suivre le cours de l’histoire. Il est dommage que les scénaristes et producteurs aient mis la majorité de leurs efforts sur le côté esthétique du film et les scènes d’action, tout en laissant de côté les dialogues et l’histoire de fond.

Site officiel du film

Affiche du film La Tour Sombre (v.f. de The Dark Tower). Courtoisie de Sony Pictures
Affiche du film La Tour Sombre (v.f. de The Dark Tower). Courtoisie de Sony Pictures

The Dark Tower

Scénario
Performance des acteurs
Effets spéciaux
Trame sonore

Moyen

Malgré ses scènes d'action époustouflantes et une solide performance des acteurs, la faiblesse du scénario de The Dark Tower en font un divertissement honnête, sans plus

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À propos de Frédéric St-Georges

Je suis un geek assumé et fier de l'être, mi-trentaine qui joue régulièrement aux jeux vidéo depuis l'âge de cinq ans, maniaque de séries télé comme Babylon 5, Star Trek Voyager et Game of Thrones. Geekbecois représente pour moi une belle opportunité de partager avec vous mes passions, vous informer et même parfois vous divertir avec un jeu de mots à la qualité douteuse!

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