Il y a deux catégories de personnes : celles qui ont déjà joué à The Legend of Zelda : Ocarina of Time sorti en 1998 sur Nintendo 64, et celles qui n’ont jamais joué. Je vous rassure, ma critique s’adresse aux deux catégories. Dans tous les cas, je vous donnerai mon avis en toute prudence concernant les divulgâcheurs.
Nettoyez vos lunettes, allez aux toilettes, préparez-vous un verre d’eau et des collations, car vous ne vous relèverez pas de sitôt. Oui, Ocarina of Time va vous happer, comme dans le temps ! Et si vous n’y avez jamais joué jadis, vous avez de la chance.
De mon côté, un sentiment de : « il me semble qu’il y a quelque chose par là » m’habitait tout au long du début de l’aventure. Bien sûr, quand on y a déjà joué, on n’a pas l’occasion de découvrir l’histoire pour la première fois. Mais, la revisiter avec nos yeux de grands, avec autant de détails ajoutés, c’est tout comme une nouvelle première expérience.
- Studio de développement : Nintendo
- Éditeur : Nintendo
- Plateformes disponibles : Nintendo Switch 2
- Plateforme de test : Nintendo Switch 2
- Classement : E10+ Sang en animation, Violence fictive
- Prix : 99,99$ (physique), 84,99$ (numérique)
- Site officiel du jeu
L’histoire
Le scénario du jeu n’a évidemment pas changé, et c’est tant mieux ! Link, un petit garçon de la forêt Kokiri, est l’élu pour défendre Hyrule contre les forces du mal, représentées par le sombre Ganondorf, qui veut voler la Triforce et conquérir le monde. Seul le Héros du temps peut l’en empêcher.
Bien que ça commence tranquillement, ça ne prend pas trop de temps et on se retrouve à avoir plusieurs objectifs à accomplir, mais rien ne semble forcé. On est libres de se promener un peu partout dans Hyrule, mais il peut arriver qu’un grand hibou nous avertisse que la limite qu’on s’apprête à franchir pourrait être dangereuse pour Link (il n’est qu’un enfant, après tout).
Les personnages rencontrés dans les différents lieux ont toujours un petit quelque chose à dire de pertinent ou d’amusant. J’ai apprécié qu’il n’y ait pas beaucoup de conversations futiles avec les personnages rencontrés. De plus, dans cette nouvelle version du jeu, une bulle d’aperçu nous donne un petit contexte sur les personnages que l’on voit, nous aidant ainsi à choisir à qui on veut parler.

Quand j’ai joué à Ocarina of Time pour la première fois, il y a très longtemps, mon anglais était encore assez limité, et le jeu était disponible exclusivement en anglais (ici au Québec). Cette fois, tout le texte du jeu est en français, et les cinématiques sont doublées en français. On n’entend et on ne lit jamais Link, mais on le voit répondre aux personnages qui lui posent une question. Sinon, Navi se fait aussi sa porte-parole à l’occasion, tout en étant plus discrète qu’avant lors de notre aventure (finis les « Hey ! Listen ! » à tout moment). Il est agréable de revisiter le jeu en français, car j’ai assurément manqué des informations lorsque j’y ai joué jadis.
Graphismes
Oh, la Nintendo 64, quelle console exceptionnelle qui a marqué mon jeune temps, et qui a accueilli Ocarina of Time pour la première fois. Même si ça paraissait déjà bien dans le temps, pour les moyens de l’époque, les graphismes d’aujourd’hui sont époustouflants. J’avais l’impression de revisiter les mêmes endroits mais avec mes lunettes, cette fois, tellement tout était plus clair et détaillé. Mes premiers instants dans la forêt Kokiri version moderne m’ont marquée, je remarquais chaque texture, chaque mouvement de feuille à cause du vent. C’était magique !

Link a toujours l’air un peu sceptique, ce qui lui donne cet air mignon-mais-méfiant.

À plusieurs endroits dans le jeu original sur N64, la caméra était « verrouillée », comme dans la citadelle, par exemple. Maintenant, on peut tourner celle-ci comme on veut. Elle se contrôle vraiment bien, on peut la rapprocher ou l’éloigner de notre personnage, et même la placer complètement au-dessus. Cela fait en sorte qu’on puisse vraiment avoir tous les angles et ne pas être mal pris dans un combat ou n’importe quelle situation. Ça nous aide également à repérer des objets sur lesquels on n’aurait normalement aucun visuel.

Il y a toujours les fameuses craques dans le mur où on peut placer une bombe pour faire apparaitre un passage secret ou un trésor quelconque. Toutefois, je trouve qu’elles sont rendues beaucoup trop évidentes… J’aurais apprécié qu’elles soient un peu plus discrètes, comme dans le temps. Mais bon, on ne peut pas les manquer !

D’ailleurs, le moment où on obtient les bombes dans le jeu nous fait sentir comme si un nouveau monde s’ouvrait à nous. En fait, c’est le même sentiment dès que l’on acquière un nouvel objet. Le jeu est bien fait pour ça. On pourrait découvrir l’entièreté des lieux assez rapidement, mais certains endroits demeurent inaccessibles tant que l’on n’a pas le bon objet ou le bon pouvoir. Ça nous incite à revisiter certaines zones à plus d’une reprise, mais encore une fois, rien de tout ça ne semble forcé.
Contrôles améliorés et nouveaux modes d’affichage
Vous l’avez demandé : Link saute ! Parce qu’en plus de ne pas parler, il ne sautait pas, dans la version originale du jeu sur la N64. Ça change tout, mais c’est une habitude à prendre au début. Ce que je trouve étrange, c’est qu’il ne prenne pas la position pour pousser une caisse ou un rocher tout seul (comme Mario dans les jeux du même nom). Il faut appuyer sur A pour « saisir » et ensuite, on peut pousser l’objet. Mais, c’est probablement parce que face à un mur pas trop haut, Link saute par lui-même pour s’aggriper au rebord. On ne peut pas tout avoir !
Les mouvements de Link ressemblent à celui du jeu d’origine (il monte toujours les échelles de façon assez saccadée). On a l’impression de jouer au jeu d’antan, mais avec Link qui saute. Comme il faut appuyer sur le bouton X pour sauter, et non le bouton B comme la plupart des autres jeux Nintendo, ça nécessite un petit moment d’adaptation. Également, au moment de jouer de l’ocarina, je trouvais moins naturel d’utiliser les boutons L, R, X, Y et A que les boutons C jaunes de la manette de la N64, positionnés en croix. Mais je ne reviendrais pas dans le passé pour autant… (sauf dans le jeu).
Dans les paramètres, on peut mettre l’interface de jeu en mode Pro (pour un affichage épuré) ou même Maître (pour un affichage sans aucune information). Personnellement, j’aime beaucoup le mode Pro, car la mini-carte n’est pas affichée, ainsi que toutes les informations sur ce qu’on possède comme équipement, le nombre de coeurs restants, etc. Cela rend le jeu un peu plus difficile et labyrinthe. On peut aussi en profiter pour faire de belles captures d’écran.

Trame sonore
L’environnement sonore est immersif et je vous recommande fortement de jouer au jeu soit avec de bons écouteurs, soit avec un système de son ambiophonique. À plusieurs endroits dans le jeu, ça vous servira. Et dans tous les cas, ça rendra votre expérience de jeu beaucoup plus immersive et agréable. Même mon chat était captivé quand il a entendu Malon fredonner la chanson d’Épona.
Les ennemis, les boss et les temples
Au début du jeu, je trouvais le niveau de difficulté plutôt facile. En effet, les ennemis qui se dressent sur notre chemin sont plutôt simples à battre, quelques coups d’épée et c’est terminé. Mais, au fur et à mesure que l’histoire avance, l’environnement se transforme et nos adversaires aussi, devenant plus coriaces. Les boss, eux, sont toujours aussi gigantesques et amusants à terrasser.

Au moment d’écrire ces lignes, je viens de terminer le temple de la forêt et j’en ai adoré chaque minute tellement il était superbe et bien ficelé. J’ai déjà hâte aux prochains.
Ce qu’il y a de nouveau
Un peu partout dans Hyrule, on peut retrouver des marques lumineuses devant lesquelles on peut appuyer sur A pour savoir ce qu’elles ont à dire. Celles-ci sont des pensées de fées, qui peuvent parfois nous donner des indices utiles à nos quêtes ou du contexte pour nous aider à comprendre les choses.
Un petit détail agréable, lorsque vous brisez des pots ou coupez de l’herbe et que des rubis apparaissent, ils ne disparaissent pas au bout d’un certain temps si vous ne les ramassez pas, contrairement à la version originale du jeu.
S’il vous arrivait d’utiliser un objet par mégarde, pas de panique, la sauvegarde automatique est là pour vous ! Vous n’avez qu’à entrer dans le menu pause et charger une sauvegarde précédente. Normalement, il y en a régulièrement, vous récupérerez donc votre objet sans aller le chercher à l’autre bout d’Hyrule.
Si vous visez une cible ou un ennemi, vous pouvez le faire avec les commandes par mouvements. Ça fonctionne super bien, beaucoup mieux qu’avec le joystick.
Et si refaire les choses plus d’une fois vous réjouit, vous adorerez cette nouveauté : l’amphithéatre des monstres. En effet, dans celui-ci, vous pouvez revoir tous les ennemis et boss affrontés, en apprendre plus sur eux et les affronter à nouveau, si vous le souhaitez. Une belle manière de découvrir le jeu plus en profondeur.
Vous trouverez un résumé des différentes nouveautés du jeu dans la vidéo ci-dessous.
En conclusion
Je réalise encore plus en jouant au remake d’Ocarina of Time que ce jeu a façonné mes préférences de jeux et a établi un standard pour moi. J’aime les jeux avec des secrets à découvrir, des quêtes secondaires. J’ai longtemps cherché, sans jamais trouver un équivalent, un jeu qui me satisfait autant. C’est donc avec grand bonheur que j’ai retrouvé Link et Navi pour une nouvelle aventure. Il n’y a aucun doute que ce remake est une réussite. Ça a valu la peine d’attendre toutes ces années. The Legend of Zelda fête ses 40 ans en grand ! J’espère que vous apprécierez ce jeu autant que je l’ai apprécié quand j’étais jeune, et que je l’apprécie encore aujourd’hui. Vite, dépêchez-vous d’y jouer, vos amis les Gorons ont hâte de vous revoir !

J’aime
- C’est Zelda !
- C’est Ocarina of Time !
- C’est en français !
- Link saute !
- Navi est moins jasante que dans la version N64
- Le fil du temps, un historique et aide-mémoire très pratique
- Les sauvegardes automatiques
- La trame sonore fidèle au classique mais revampée
- On peut viser avec les commandes par mouvement
J’aime moins
- Les « craques » dans les murs et au sol trop évidentes là où il faut placer des bombes
La copie de The Legend of Zelda : Ocarina of Time a été fournie par Nintendo.
The Legend of Zelda : Ocarina of Time
Scénario
Graphismes
Bande sonore
Jouabilité
Durée de vie
Excellent !
Une réussite autant pour les habitués que pour ceux qui ont le plaisir de découvrir le jeu pour la première fois.
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