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Critique de Rebel Moon, une odyssée spatiale vide et sans âme

Critique de Rebel Moon – Partie 1 : L’enfant du feu (quel titre terrible !), de Zack Snyder, sur Netflix, un film au scénario bâclé qui ne fera pas le bonheur des amateurs de science-fiction.

Je me doutais bien qu’il ne serait pas un film digne d’un Oscar. J’avais quand même espoir de m’envoler dans une galaxie bien loin de chez nous, pleine de personnages colorés et de grandioses séquences d’action. Après tout, c’était les vacances, le parfait moment pour un bon film de science-fiction bombastique permettant de mettre les neurones en pause. Même avec un niveau si bas d’attentes, j’ai eu toutes les misères du monde à terminer le visionnement du dernier projet de Zack Snyder. Rebel Moon n’est tout simplement pas un bon film.

  • Diffuseur : Netflix
  • Réalisateur : Zack Snyder
  • Scénario : Zack Snyder, Kurt Johnstad et Shay Hatten, d’une idée originale de Zack Snyder
  • Distribution : Sofia Boutella, Djimon Hounsou, Ed Skrein, Michiel Huisman, Bae Doona, Ray Fisher, Charlie Hunnam et Anthony Hopkins
  • Durée : 134 minutes
  • Site web officiel

Dans une galaxie terrorisée par un monde mère impérialiste, Kora, une ancienne soldate en exil, doit protéger son village en recrutant un groupe de guerriers hétéroclites aux quatre coins de la galaxie. C’est pas mal tout.

Critique de Rebel Moon, sur Netflix

Un scénario en quête d’âme et d’originalité

Zack Snyder a toujours été plus intéressé par le contenant que par le contenu. À la recherche du plan le plus original, il oublie souvent que ses films doivent aussi fournir une histoire et des personnages minimalement développés. S’il avait réussi à combiner son talent pour la création d’univers noirs et stylés avec une vraie bonne histoire dans l’excellent film Watchmen, Rebel Moon semble de son côté constamment à la recherche d’un filon original.

Le scénario emprunte outrageusement à droite et à gauche, créant une trame narrative qui ressemble à une mosaïque de scènes familières provenant d’autres franchises à succès. Snyder a déjà indiqué que Rebel Moon devait, à l’origine, être un projet Star Wars. L’équipe de Lucas ayant rejeté le scénario (on se demande bien pourquoi), il a simplement décidé de le faire produire par Netflix. Et hop, par ici les millions ! Le résultat est que les similitudes sont si frappantes qu’elles ne peuvent être ignorées, nous laissant avec une impression de déjà-vu déconcertante.

L’histoire était pourtant bien partie. Les premières minutes du film qui se déroulent sur la lune Veldt, bien que ne faisant pas dans la dentelle, plaçaient l’histoire rondement. Les méchants étaient bien méchants : regardez, ils tentent de violer la pauvre villageoise trop jolie pour son bien. Les gentils étaient bien gentils : regardez, ils aiment la nature, veulent vivre en paix et… fertiliser leurs champs au coucher du soleil. Le personnage du robot Jimmy, joué par Anthony Hopkins, était véritablement intéressant. Malheureusement, dès que Kora se lance dans sa quête principale, tout s’écroule.

Ma plus grande critique de Rebel Moon : des personnages vides

La majorité du film est consacrée au recrutement des guerriers capables de faire face à l’Imperium. Un véritable Ocean’s Eleven de l’espace. Malheureusement, ceux-ci sont des archétypes superficiels. La personnalité de chaque recrue est limitée à son style de combat, son apparence et un ou deux éléments distinctifs. On retrouve une samouraï stoïque qui trucide des monstres avec son sabre laser (je vous jure) ; un barbare aux muscles huilés qui amadoue les hippogriffes en les saluant comme dans Harry Potter ; un frère et une sœur à la tête d’une rébellion qui font des discours poignants et se peinturent le visage comme dans Braveheart… Sans oublier Kai, Han Solo 2.0, le pilote mercenaire à l’attitude cavalière.

On ne sait jamais pourquoi ces guerriers acceptent de se joindre à Kora pour protéger Veldt, une planète qu’ils ne connaissent ni d’Ève ni d’Adam. Ils ont trois lignes de dialogue chacun. Personne ne soulève jamais d’enjeu à se lancer dans une telle mission suicide contre l’Imperium. Le spectateur est laissé avec une sensation de vide, incapable de se connecter émotionnellement avec des personnages qui semblent interchangeables et dénués de toute nuance.

Les acteurs sont laissés à eux-mêmes dans leurs apparats bien distinctifs. Sofia Boutella est très correcte dans le rôle de Kora : elle se bat bien et a l’air d’une dure à cuire. C’est tout ce que le film lui demande. Au suivant !

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Un univers intéressant, mais des effets bâclés

Les scènes d’action, souvent considérées comme l’élément phare d’un film de science-fiction, tombent à plat dans Rebel Moon. À cause des fameux ralentis et accélérations des séquences qu’affectionnent tant Snyder, les scènes sont dépourvues de toute énergie. Elles manquent de tension et d’excitation.

Les effets spéciaux, aussi censés être un point fort, sont souvent médiocres, donnant l’impression de regarder des extraits de jeux vidéo de l’ère PS4, plutôt que des moments épiques du grand écran. Les CGI, loin de conférer une dimension spectaculaire, laissent plutôt une impression de superficialité, contribuant à l’ensemble décevant de l’expérience visuelle.

C’est dommage, parce que le monde créé par Snyder pour Rebel Moon est visuellement intéressant. On aurait aimé s’y promener plus longtemps, par exemple dans le cadre d’une série télévisuelle. Le format aurait probablement permis à l’histoire de respirer, par exemple en passant un épisode complet pour chaque nouveau personnage rejoignant l’équipe.

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Observations variées :

  • Pauvre villageoise trop jolie pour son bien. Elle passe à deux doigts de subir un viol collectif aux mains de 8 soldats de l’espace et disparaît ensuite de l’histoire. Quel effet cet événement traumatisant aura-t-il sur sa vie ? Aucune importance ! On s’en fout ! Mais au moins, cela aura motivé notre personnage principal à se battre. Vous comprendrez que je suis ici sarcastique. Je ne suis PLUS CAPABLE des scénaristes qui utilisent les violences sexuelles faites aux femmes pour faire avancer leur histoire.
  • C’est probablement parce que je joue en ce moment à Warhammer 40,000 : Rogue Trader, mais certains des costumes et des décors de Rebel Moon sont directement copiés de cet univers. Les prêtres en robes rouges ? Exactement comme les Tech-priests. Argh !
  • Avez-vous remarqué ? Les deux acteurs ayant interprété Daario Naharis dans Game of Thrones, Ed Skrein et Michiel Huisman, jouent dans Rebel Moon.
  • L’accent de Charlie Hunnam, que j’adore d’habitude dans tout ce qu’il fait, est déroutant. Et le dénouement à la fin ? N’importe qui peut l’avoir vu venir à la deuxième ligne de texte. Zéro subtilité.
  • Encore une nouvelle version de la Cantina de Star Wars… Je vais arrêter, je déprime.
  • La deuxième partie de Rebel Moon, intitulée The Scargiver (hahaha) arrivera sur Netflix le 19 avril 2024.
  • Il y aura une version longue de la partie 1… vraiment ? Et elle sera cotée R… vraiment ?

Rebel Moon sur Netflix

Scénario
Distribution
Effets spéciaux
Réalisation

Une déception à tous les niveaux

Ne perdez pas votre temps : Rebel Moon est un mauvais film, incohérent et sans âme.

À propos de Maude Bégin-Robitaille

Spécialiste en communication numérique de jour, auteure professionnelle les soirs et les weekends, maman à temps plein et warpriest les mardis soir. Surtout, geek depuis l'enfance !

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