Gunnar, fils du présent jarl du village de Borre, lève les yeux sur le traître Steinarr Far-Spear qui s’apprête à exécuter son père dans sa propre maison longue. En effet, Steinarr a amassé des soldats et a pris par surprise la petite communauté en attaquant sournoisement. Notre principal protagoniste, Gunnar, fait le serment de venger son père et de reprendre sa place légitime comme souverain de Borre dès qu’il le pourra, après sa retraite humiliante. Nous voici donc lancés dans le coeur de l’histoire de NORSE : Oath of Blood, un nouveau jeu de rôle tactique au tour par tour dans la Scandinavie historique à l’époque des Vikings.
- Studio de développement : Arctic Hazards
- Éditeur : Tripwire Presents
- Plateformes disponibles : PC, PlayStation 5, Xbox Series X/S
- Plateforme de test : PC
- Date de sortie : 16 février 2026
- Classement : Non disponible, probablement M en raison de la violence et du langage vulgaire
- Prix : 44,99$
- Page Steam du jeu

Quoi, un autre jeu de rôle tactique en tour par tour ? N’êtes vous pas suffisamment diverti avec les X-COM, Wartales, Baldur’s Gate 3 et autres propositions dans l’avalanche des dernières années dans le genre ? Il faut croire que non, parce que nous voici devant une nouvelle mouture du genre avec NORSE : Oath of Blood (et pourquoi écrivent-ils Norse tout en majuscules ?), mais cette fois dans le contexte historique des vikings. Exit les clercs guérisseurs, les fourbes hobgobelins et les puissants éthins à deux têtes, ici nous sommes en Norvège, au VIIe siècle et vous n’avez qu’une hache bien affilée, un casque sans cornes de viking anachroniques et un drakkar pour mener à bien votre quête de vengeance. Est-ce que ce changement de paysage sera suffisant pour gagner nos cœurs ?
Gunnar, Sigrid et les autres
Le studio norvégien Artic Hazard fait un pari risqué en rentrant dans l’univers des jeux de rôle tactiques au tour par tour, une scène complètement saturée avec des mastodontes qui dominent littéralement le genre. J’ai déjà nommé Baldur’s Gate 3, qui est directement en compétition avec NORSE : Oath of Blood, mais pensons aussi à Clair Obscur : Expedition 33 qui donne davantage dans l’action que dans le tactique, mais qui plaira à la même communauté de joueurs qui apprécient le tour par tour plutôt que le temps réel. Il faut donc rivaliser de créativité et d’innovation pour attirer les joueurs dans ce marché. Et je ne vous fais pas plus attendre : NORSE : Oath of Blood ne fait malheureusement pas le poids.

Soyons clairs, ce n’est en aucun cas un mauvais jeu. Le problème, c’est qu’il ne se démarque pas. D’abord, il n’est pas le premier à rater sa sortie en raison des nombreux bogues au lancement, mais les développeurs ont mis en place des mises à jour pour y remédier ; n’en tenons pas compte. Le contexte historique est une bonne idée et on peut voir que les créateurs et les auteurs savent de quoi ils parlent. On en apprend sur la culture scandinave du début de l’ère des vikings en jouant à ce jeu.
Mais la vraie force NORSE : Oath of Blood réside dans sa trame narrative bien construite. L’histoire est intéressante et les personnages attachants. Il y a de l’humour, de la tension dramatique et des revirements de situation. De quoi nous garder accrochés. Malheureusement, il y en a pour dix à quinze heures de contenu et ensuite… c’est tout. Il n’y a pas de mode escarmouche ou multijoueur. Quand on a fini, il ne nous reste qu’à recommencer. Pas fort pour la rejouabilité et la durée de vie. Rappelons que Baldur’s Gate 3 prend pour sa part entre 75 et 100 heures de jeu pour en faire le tour.

Guerre au pays des Vikings
Une bonne histoire donc, entrecoupée par des batailles. Qui sont monotones au possible. Sans la contribution du fantastique pour nous faire affronter des bestioles épouvantables comme dans Baldur’s Gate 3 ou des aliens déroutants comme dans X-COM, il ne nous reste que des « vikings génériques A avec un bouclier » et « vikings génériques B avec un arc » contre mes « vikings génériques C-D-E avec des grosses haches ». Oui, il y a bien quelques animaux, mais ça ne vient pas briser la monotonie des quatre « classes » de personnages disponibles qui ne sont que des variantes sur le thème du pillard scandinave.
Je tiens à ce moment-ci à préciser que je ne cherche pas à blâmer NORSE : Oath of Blood pour son choix de refléter fidèlement l’histoire, autant que possible. J’en ai fait l’éloge dans le cas de Kingdom Come : Deliverance II, il est tout à fait possible d’être précis historiquement tout en étant divertissant. Et ce n’est pas comme si les cultures scandinaves de l’époque des vikings n’avaient pas des options intéressantes. Sans même verser dans le surnaturel, pensons aux devins, prêtres, navigateurs, commerçants ou même les scaldes, ces bardes nordiques d’antan. Il aurait été possible d’avoir plus de diversité dans les classes proposées.

Et côté mécanique de jeu, on retrouve toutes les bases des jeux de rôle tactiques au tour par tour : des limites de mouvement, des points d’action à utiliser chaque tour, des inventaires à gérer et différents combos plus ou moins puissants. Mais c’est là où le bât blesse ; il y a toute la base, c’est bien exécuté, mais où donc est l’innovation ? Les combos entre équipiers – lorsqu’un membre de l’équipe « pousse » un adversaire sur un coéquipier – sont sympathiques, mais on avait déjà eu une forme de cela dans X-COM 2 : War of the Chosen en 2016… Il y a dix ans.
Dans le domaine des jeux de rôle tactiques au tour par tour, simplement avoir la base n’est pas suffisant pour se démarquer et c’est malheureusement là où loge NORSE : Oath of Blood.

Un drakkar de belles intentions
À cela, on ajoute un élément de construction de base, alors qu’en dehors des batailles et des cinématiques, on reconstruit notre propre village viking. Ça aussi, ça tombe à plat alors que cela ressemble plus à une tâche qu’à un divertissement. Et les bonus obtenus sont marginaux, au mieux. On aurait pu espérer que cet aspect du jeu nous permette de réellement spécialiser notre bande de vikings. Que nenni.

Finissons tout de même sur une bonne note. En plus du souci de représentation historique et de la trame narrative bien ficelée, le doublage des acteurs (voice acting, dans la langue de Shakespeare) est réussi et bien expressif. Visuellement, NORSE : Oath of Blood est très beau, on voit une utilisation réussie du moteur graphique Unreal Engine 5. Les animations des personnages pour les coups finaux, impliquant généralement de loger une hache dans un crâne, sont brutaux et satisfaisants.
Si vous êtes un grand partisan de l’époque viking ou un collectionneur de tous les jeux de rôle tactiques au tour par tour, vous serez servi avec NORSE : Oath of Blood. Mais 44,99$ pour dix à quinze heures d’un jeu qui, malgré sa bonne histoire et ses graphismes radieux, est relativement ordinaire dans ses mécaniques, c’est vraiment très cher payé. À essayer lorsqu’il sera en spécial. Pour le reste, on passe à un prochain appel et on retourne se faire une partie de Baldur’s Gate 3, cette fois sans éliminer Astarion à la première occasion.

J’aime
- L’histoire bien ficelée et les personnages attachants
- Le contexte historique de l’époque des vikings en Scandinavie
- Le doublage et les dialogues bien réussis
- Les visuels et les graphismes rayonnants
J’aime moins
- Le manque de diversité dans les classes de personnages
- La répétitivité des combats
- La construction de ville qui ne donne rien
- La monotonie des ennemis
- L’absence d’innovation dans un genre vidéoludique déjà saturé
La copie de NORSE : Oath of Blood a été fournie par Tripwire Presents.
NORSE : Oath of Blood
Scénario
Graphisme
Bande sonore
Jouabilité
Durée de vie
Ça n’ira pas au Valhalla
NORSE : Oath of Blood n’est pas un mauvais jeu. C’est un jeu tout à fait moyen qui n’offre rien de nouveau aux joueurs. Il manque de diversité dans ses classes de personnage joueur et dans ses ennemis. Il n’apporte rien de nouveau au genre, et c’est bien là son principal défaut. Et cela malgré une histoire intéressante, quoi que trop courte, des personnages attachants et un bon doublage. Pour son prix, on passe notre tour. On reviendra quand il sera en spécial.
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