Anno 117 : Pax Romana – Visuellement épatant !

Qui n’a jamais rêvé d’être César à la place de César ? Être empereur de la plus grande civilisation de tous les temps. Présider à la destinée de dizaines de millions de personnes, à l’apogée de la science et de l’ingénierie. Évidemment, il faut composer avec le Sénat, les rivaux et les coups de poignard dans le dos. Mais au moins, vous êtes au sommet du Monde. Plusieurs jeux vous proposent d’enfiler la toge de ce bon vieux Jules, comme Caesar III, dont on vous parlait récemment, mais c’est une première incursion dans le monde antique pour la vénérable série Anno, avec ce nouvel opus ; Anno 117 : Pax Romana.

  • Studio de développement : Ubisoft Mainz
  • Éditeur : Ubisoft
  • Plateformes disponibles : PPC, PlayStation 5, XBox Series
  • Plateforme de test : PC
  • Date de sortie : 13 novembre 2025
  • Classement : T pour adolescents (référence à l’alcool, langage vulgaire, violence mineure)
  • Prix : 79,99 $
  • Page Steam du jeu
Anno117: Pax Romana _Tableau
Les tableaux durant les écrans de chargement d’Anno 117 : Pax Romana sont simplement époustouflants. J’apprécie grandement les efforts des développeurs, récemment, de mettre des efforts sur ces petites œuvres d’art.

Il s’agit ici du huitième opus dans la série Anno, qui nous a habitué à des titres reprenant les mêmes concepts de construction de cité et de logistique, mais à des époques différentes. Si dans les premiers opus, Anno 1602, Anno 1503, Anno 1701 et Anno 1404 on était davantage à  l’Âge de la découverte et de la colonisation, les années dans les titres représentant l’époque dans laquelle se déroule le jeu. Les titres les plus récents Anno 2070 et  Anno 2205 nous propulsaient dans le futur puis ont été suivis d’un retour en 2019 avec Anno 1800 pour l’époque victorienne. Voici donc que la nouvelle mouture nous ramène dans le passé, de beaucoup, alors qu’Anno 117 : Pax Romana nous plonge dans l’Empire romain. Est-ce que l’équipe d’Ubisoft saura équilibrer innovation et tradition dans ce nouvel opus de la populaire série ?

Anno

Anno 117 : Pax Romana reprend essentiellement le fonctionnement de ses prédécesseurs. Si vous êtes familiers avec les jeux de la série Anno, vous ne serez pas dépaysés une seconde. Pour les néophytes, dans les jeux Anno, on doit coloniser une île. Pour y arriver, on construit des habitations qui génèrent des classes de travailleurs. Ces travailleurs sont ensuite utiles pour les bâtiments de production et de transformation de ressources. Afin d’avoir des travailleurs plus expérimentés, permettant de faire fonctionner des bâtiments plus avancés et de contribuer davantage au trésor public, il faut faire évoluer les habitations en leur donnant des ressources et des services. 

Anno117: Pax Romana _Debut
C’est un début bien humble dans Anno 117 : Pax Romana. Un navire et un poste de traite. Mais la gloire de l’Empire ne saurait tarder.

C’est une roue qui tourne continuellement : pour avoir accès à X bâtiment, j’ai besoin de ce type de travailleurs. Je fournis donc les ressources et services nécessaires aux habitations, qui évoluent, me permettant d’avoir accès à une nouvelle classe de travailleurs qui fait fonctionner le bâtiment. Maintenant, c’est le bâtiment Y qui m’intéresse, il faudra donc faire évoluer les maisons à nouveau. Et ainsi de suite. Le tout se corse toutefois en raison d’une mécanique centrale d’Anno : chaque île sur la carte a ses propres ressources limitées. Notre île de départ a bien le nécessaire pour les premières classes de travailleurs, mais rapidement, il faudra coloniser de nouvelles îles pour y exploiter des ressources différentes et en faire l’échange, via des navires, entre les îles. Il faudra donc bien planifier sa croissance, pour ne pas faire banqueroute, et également pour disposer de suffisamment de travailleurs de toutes les classes, sur plusieurs îles.

Si ce résumé des mécanismes à l’œuvre dans Anno vous semble du réchauffé, vous avez raison. Nous avons bien entendu « romanisé » les ressources et les travailleurs. On commence donc avec des « Libertis », cette classe d’esclaves ayant récemment acquis un certain degré de citoyenneté romaine, qui ne demandent que du gruau et des haillons, aux plébiens, équites et patriciens qui auront des goûts plus sophistiqués, par exemple pour le garum, cette sauce romaine au poisson extrêmement populaire à l’époque, des toges ou même du caviar. Au final, ce n’est que de la saveur ; les mécaniques restent les mêmes que dans les opus précédents.

Anno117_Industrie
Mais rapidement, on commencera à bâtir notre industrie et notre ville. Notre île n’aura rien à envier à la gloire de Rome !

Anno 117 : Pax Romana avec les celtes

Il y a quand même des différences pour ce jeu. Si par le passé on pouvait choisir des biomes différents (voir des planètes différentes pour Anno 2205), dans Anno 117 : Pax Romana on peut choisir de s’établir dans le Latium ou dans l’Albion. Le premier, le Latium, offre une expérience plus classique d’Anno : les îles sont plus grandes, offrant plus d’espace pour des grandes villes et la culture des citoyens est 100 % romaine. Dans l’Albion, l’on peut choisir de conserver les traditions celtiques ou de romaniser les habitants, ouvrant des options de ressources et de bâtiments différents. Le jeu promet que l’expérience en Albion est destinée aux joueurs plus expérimentés qui préfèrent optimiser les combos au maximum avec des îles plus petites, mais plus diversifiée (et marécageuses). 

C’est un peu un choix sans conséquence, ceci dit, parce que d’une manière ou d’une autre, il faudra éventuellement aller dans les deux biomes, Albion et Latium, pour obtenir toutes les ressources nécessaires. Les routes commerciales entre les îles sont donc essentielles. La méthode souvent préférée dans Anno 117 : Pax Romana constituera à spécialiser les îles dans une ou deux ressources puis de les connecter via des routes commerciales. La bonne nouvelle est que lorsque la production est amorcée et fonctionnelle, le joueur n’a plus vraiment à s’en préoccuper. Les travailleurs effectuent leurs tâches et contribuent au « pool » des ressources de l’île par eux-mêmes. La moins bonne nouvelle sera que le joueur devra garder en tête tout cela, tout en équilibrant son budget. 

Anno117_Exploration
Pour cela, il faudra explorer la carte pour trouver des îles puis acheter les droits pour les coloniser. Fonçant à travers le brouillard, petit trirème va loin.

Parce qu’en fait, on arrive à la dure vérité des jeux de la série Anno, dont Anno 117 : Pax Romana : c’est un jeu de logistique déguisé en jeu de construction de cité. Il y a bien des innovations intéressantes comme la génération de piété qui peut être utilisée pour vénérer une divinité romaine plus qu’une autre ou encore la production de savoir servant à débloquer des avantages dans un arbre technologique généreusement garni. Vraiment de beaux ajouts, mais au final, dans Anno 117 : Pax Romana, on bouge d’abord et avant tout des ressources afin de pouvoir éventuellement construire des bâtiments. C’est dans cet ordre que doit être planifiée l’expérience du joueur. 

Innovation et graphisme

Nous l’avons noté, l’ajout de la religion et d’un arbre des technologies sont les bienvenus. Notons également la possibilité de mener des combats sur terre, une option présente dans d’autres titres de la série, qui fait son grand retour. Je n’ai pas eu l’occasion de l’expérimenter moi-même, mais ça me semble avoir beaucoup de sens que les légions romaines soient à l’honneur. Au moins autant que les galères et les trirèmes. 

J’ai également noté l’apparition de routes en diagonales, une première dans la série. Cette « innovation » pourtant bien présente dans les jeux de construction de cité depuis belle lurette, manquait toujours à la série Anno. Voilà qui est désormais réglé avec cette inclusion dans Anno 117 : Pax Romana

Anno117_Tech
L’arbre des technologies est impressionnant dans Anno 117 : Pax Romana. Certaines options ne sont disponibles que pour certaines cultures, d’ailleurs ; Celte ou Romain.

J’en conviens, ça ne réinvente pas la roue à trois boutons. Les développeurs ont voulu offrir une expérience similaire aux opus précédents afin que les vétérans s’y retrouvent aisément, sans pour autant changer la recette gagnante. Les nouveaux venus pourront bénéficier d’une vaste campagne (tutoriel) pour les accompagner dans leurs premiers pas. Ce tutoriel est bien réussi, quoi qu’un peu trop long et lent à mon propre goût.

On ne peut quand même pas passer sous silence l’immense beauté des graphismes du jeu. Les bâtiments, l’eau, les terrains et la végétation sont d’une splendeur impressionnante. Certes, il y a eu le scandale des tableaux générés par IA, normalement destinés à des tests à l’interne et non pas au grand public, qui étaient présents dans le jeu au lancement et qui ont, depuis, été remplacés lors d’une mise à jour. Mais avec ces corrections, il n’y a rien à redire d’un point de vue graphique avec Anno 117 : Pax Romana. Point de vue moralité, utiliser l’IA pour produire des images plutôt que des artistes… je vous laisse juger.

Anno117_Villa
Aucune province romaine digne de ce nom ne saurait se passer de la résidence de son gouverneur. C’est-à-dire de votre résidence.

Logistique de construction de cité

Soyons francs ; si vous êtes adeptes de la série Anno, vous ne serez pas déçus avec Anno 117 : Pax Romana. Gardons en tête qu’il s’agit d’abord et avant tout d’un défi de logistique et d’optimisation des ressources qui permet de débloquer des bâtiments qu’il faudra déployer dans des cités. La mécanique est éprouvée, fiable et satisfaisante.

L’ajout de fonctions comme la religion, l’arbre des technologies, les routes en diagonale et les opérations militaires terrestres s’intègrent bien dans l’expérience de la série Anno. Elles ajoutent de la profondeur au titre sans dénaturer ce qui a fait le succès de la série depuis maintenant plus de vingt-cinq ans. 

Anno 117 : Pax Romana est également un bon endroit pour découvrir la série pour les nouveaux joueurs. La thématique romaine est historiquement reconnaissable et les instructions du tutoriel permettent de bien saisir les concepts à l’œuvre. Il faudra toutefois apprivoiser le fonctionnement des routes commerciales et la nécessité, parfois contre-intuitive, d’aller fonder des nouvelles colonies sur de nouvelles îles.

Anno117_Event
Sans oublier les événements qui viendront pimenter le cours de la partie alors que, périodiquement, différents intervenants demanderont votre avis.

En bref, Anno 117 : Pax Romana est un bel ajout à la franchise. Les mécanismes à utiliser sont connus, mais surtout éprouvés. La facture graphique et la trame sonore sont impeccables. Que ce soit pour les habitués de la série ou pour ceux qui souhaitent la découvrir, c’est un excellent titre qui saura captiver pendant plusieurs heures les amateurs de logistique et de construction de cité.

J’aime

  • La facture graphique du jeu
  • Le choix de l’Empire romain comme environnement
  • Les références historiques intéressantes
  • Les astuces pour les nouveaux joueurs
  • Les bons vieux mécanismes d’Anno à l’oeuvre

J’aime moins

  • La timidité dans l’ajout d’innovation
  • Le tutoriel relativement long et lent
  • Le scandale de l’IA

La copie d’Anno 117 : Pax Romana a été fournie par Ubisoft.

Anno 117 : Pax Romana

Pax Romana

Anno 117 : Pax Romana saura donner un défi de taille aux amateurs de logistique et de construction de cité en testant les bons vieux mécanismes qui a fait le succès de la série Anno. Il faudra coloniser des îles, établir des routes commerciales, faire croître les cités et défendre le terrain acquis sur les mers et sur la terre. Si la nouvelle proposition d’Ubisoft est relativement timide sur les innovations, elle reprend toutefois avec brio le meilleur des opus précédents. Un nouveau titre qui sera familier aux vétérans, mais accessible aux nouveaux venus, le tout dans une facture graphique magnifique.

À propos de Yanick Grégoire

Toujours à la recherche de la prochaine perle rare, je m’intéresse aux développements et à l’actualité dans les mondes des jeux vidéo, des jeux de société et d’un peu tout ce qui touche à la culture geek. Dans ma vie professionnelle, je suis spécialisé en communications et dans ma vie personnelle, j’ai une bonne armée de Nains à Warhammer Fantasy. Parfois, je fais des blagues, rarement avec succès.

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