Dans la clairière, les casseroles s’entrechoquent et les marmottes s’improvisent cheffes étoilées. Bienvenue dans Critter Kitchen, un jeu de société où stratégie et gourmandise s’entremêlent dans une forêt pleine de saveurs. Entre bluff, planification et coups de spatule bien placés, le jeu nous invite à bâtir le restaurant le plus réputé du royaume animal. Mais derrière ses illustrations mignonnes se cache une mécanique redoutablement efficace.
Conçu pour des joueuses de dix ans et plus, Critter Kitchen accueille de deux à cinq cheffes (avec un mode solo) de niveau intermédiaire, pour des parties d’un peu moins d’une heure. Il est suffisamment profond pour séduire les plus expérimentées. Voici ce que j’en ai pensé.
Critter Kitchen : miam assuré

- Auteurs : Alex Cutler, Peter C. Hayward
- Illustrateur : Sandara Tang
- Éditeur : Lucky Duck Games
- Nombre de joueurs : 1 à 5
- Durée : 60 minutes
- Année : 2025
- Prix :
- Page officielle du jeu
- Page BoardGameGeek
But du jeu
Devenir la restauratrice la plus renommée de l’Anse en préparant les meilleurs plats et en relevant des défis culinaires pour obtenir des étoiles.
Mécaniques
- Programmation
- Placement d’ouvriers en simultané
- Interaction dynamique
- Gestion de ressources
- Majorités
Matériel
- 8 plateaux Lieu
- 91 jetons Ingrédient
- 72 jetons Étoile
- 45 cartes Lieu
- 12 cartes Critique
- Et bien plus encore, incluant des cartes Zous-chef, des jetons Soupe, des plateaux Cuisine, etc
Comment jouer
La partie de Critter Kitchen se déroule en sept manches réparties sur un week-end. Le vendredi et le samedi comptent chacun trois manches et s’achèvent par un concours culinaire. Le dimanche, après deux manches, nous préparons le menu du critique.
Les manches se divisent en cinq phases :
- Début de manche : nous préparons les différents commerces de l’Anse des Bistros en les réapprovisionnant.
- Planification : nous réfléchissons aux lieux où envoyer nos cheffes en plaçant une carte Lieu face cachée sur chacun des trois emplacements au-dessus de nos plateaux Cuisine.

- Tournée : nous mettons notre plan en pratique en déplaçant nos cheffes dans les files d’attente des lieux choisis. Chaque cheffe possède une capacité de charge de un, deux ou trois, ce qui détermine son nombre de passages et la quantité de ressources qu’elle peut récupérer. Ainsi, la souris est preste : elle récupère une ressource avant l’arrivée du lézard et du sanglier, plus lents.

La tournée - Achats : nous visitons les lieux dans l’ordre, de gauche à droite. Selon sa position dans la file, chaque cheffe récupère les ressources (une piste d’initiative départage les cheffes si plusieurs sont au même emplacement). Les ressources sont ensuite cachées derrière notre écran et triées par type : ingrédients, piments, soupes ou bisques.
- Fin de manche : nous reprenons cartes et cheffes, congédions les sous-chefs utilisés, préparons le service et avançons sur la piste de manches.

Recrutés à l’École des chefs, les Zous-chefs sont des cheffes supplémentaires à utiliser uniquement lors de la prochaine manche, et elles offrent chacune une capacité spéciale.
Les concours culinaires
Ayant lieu à la fin des manches trois et six (vendredi et samedi soirs), les concours culinaires se déroulent en quatre étapes :
- Préparation : nous préparons les trois plats correspondant aux trois défis affichés, à raison d’un plat par assiette. Pour être valides, ils doivent contenir au moins un des ingrédients demandés. ;
- Présentation des plats : nous les dévoilons simultanément et récupérons les étoiles gagnées, un plat à la fois, en fonction de la somme des valeurs des ingrédients. La soupe peut autant servir de joker pour un ingrédient manquant que de petit bonus pour atteindre un palier supérieur et le piment fait doubler la valeur de son ingrédient associé ;
- Nettoyage : nous faisons la vaisselle en remettant les soupes et bisques à leurs emplacements, puis nous remettons les ingrédients et les piments dans le sac ;
- Stockage réfrigéré : nous pouvons garder un certain nombre d’ingrédients pour plus tard ; l’excédent est remis dans le sac.

Fin de partie et décompte
À la fin de la septième manche, nous tentons d’épater le célèbre critique culinaire en lui soumettant un menu en sept services : le pain, les légumes, le fromage, le poisson, la viande, les champignons et, bien entendu, le vin. Puis, nous passons aux différentes étapes du pointage final :
- Préparation du menu : pour chaque service, nous plaçons notre meilleur ingrédient (ainsi que les différents piments).
- Service de la soupe : la détentrice du total le plus élevé en soupes et bisques gagne une étoile.
- Contrôle des sept services : nous gagnons une étoile si nous avons réussi à présenter les sept plats ;
- Dégustation de chaque plat : une étoile est attribuée à la meilleure cheffe pour chaque plat.
- Vérification des rumeurs : nous dévoilons les rumeurs et octroyons les étoiles des rumeurs à bande bleue.
- Attribution des points bonus : nous totalisons les points bonus des cartes (Critiques, Restaurateur,, etc.).
- Décompte final : nous retournons nos plateaux cuisine pour révéler la piste de score et utilisons notre petite souris pour avancer, nous évaluons la qualité de chacun de nos services en tenant compte des piments et des cartes Mordu (rumeurs à bande rouge ) pour calculer les étoiles supplémentaires à gagner.

La cheffe ayant obtenu le plus d’étoiles l’emporte. En cas d’égalité, celle qui a obtenu le plus de points pour son menu de critique gagne. Si l’égalité persiste, nous nous référons à la piste d’initiative.
Mon expérience de jeu
Quand j’ai vu Critter Kitchen pour la première fois sur une table, je n’ai pas pu m’empêcher de le comparer immédiatement à Flamecraft (notre article), un jeu qui avait fait fureur dans mon entourage grâce à sa beauté et à sa simplicité. La filiation visuelle était évidente : Sandra Tang a illustré les deux titres, et son style chaleureux m’a tout de suite donné l’impression d’être en terrain connu. Critter Kitchen me semblait toutefois un peu plus costaud, comme s’il me promettait une expérience plus stratégique sous ses airs aussi mignons.

Les points forts
Simple mais pas simpliste
j’ai adoré la façon dont le jeu me guide sans jamais me brider. Le plateau central et mon écran personnel m’accompagnent pas à pas, et pourtant je dois constamment jongler entre le court terme (réussir le défi du moment), le moyen terme (me préparer pour le concours culinaire) et le long terme (optimiser mon menu pour le critique). Cette superposition crée une tension douce que j’ai trouvée très satisfaisante.
Un livret de règles intimidant… mais limpide
En voyant l’épaisseur du livret de règles, j’ai eu un moment de doute. Finalement, tout est tellement bien expliqué que je n’ai presque jamais eu besoin d’y retourner une fois la partie commencée.
Des illustrations magnifiques
L’univers m’a complètement charmée. Chaque lieu, chaque cheffe, chaque ressource semble raconter une petite histoire.
Une durée bien calibrée
J’ai trouvé les parties suffisamment longues pour m’immerger pleinement, mais assez rythmées pour que je reste engagée du début à la fin.
Une grande rejouabilité
Entre la variété des lieux, les douze critiques culinaires, les dix restaurateurs et la douzaine de Zous-chefs, j’ai l’impression que chaque partie peut m’offrir une nouvelle combinaison à explorer.

Irritants
Beaucoup de matériel
La mise en place et le rangement m’ont semblé étonnamment longs pour un jeu aussi fluide une fois lancé. Une bonne organisation de la boîte devient vite essentielle.
Peu de défis différents
Avec seulement sept défis dont six utilisés à chaque partie, j’ai rapidement senti une certaine répétition.

Une stratégie limitée
Le jeu repose davantage sur la prise de risque, l’opportunisme et la lecture des intentions des autres que sur une planification rigoureuse. Ce n’est pas un défaut en soi, mais il faut le savoir.
Un fonctionnement très séquentiel
J’aime suivre des étapes claires, mais je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde. Si assembler un meuble ou suivre une recette à la lettre vous donne des boutons, ce type de structure pourrait vous sembler un peu rigide.
En conclusion
Au final, malgré quelques petits irritants, Critter Kitchen m’a vraiment séduite. Son univers gourmand, son rythme accessible et ses moments de tension délicieuse en font une expérience chaleureuse et engageante. J’en ressors toujours avec le sourire, l’impression d’avoir concocté quelque chose de savoureux… et l’envie d’y retourner pour essayer une nouvelle approche. Un vrai petit festin ludique.
J’aime
- Accessibilité
- Illustrations
- Fluidité
- Rejouabilité
J’aime moins
- Longue mise en place
- Peu de stratégie : surtout de l’opportunisme
- Jeux séquentiels pas pour tout le monde
La copie de Critter Kitchen a été fournie par Randolph.
Critter Kitchen
Graphisme
Matériel
Thématique
Mécanique
Plaisir
Savoureux !
Critter Kitchen est un jeu simple, mais pas simpliste avec une grande rejouabilité et beaucoup de matériel.
Geekbecois Culture geek téléchargée