Final Fantasy VII Remake n’est pas un jeu ordinaire. C’est un monument du JRPG, reconstruit pour le plaisir des nouveaux venus et des nostalgiques. Le voir débarquer sur Nintendo Switch 2 est un vrai test de maturité pour la nouvelle console. Peut-on vraiment faire tenir Midgar et ses explosions dans une machine hybride ? Oui, mais pas sans compromis. Et c’est justement là que ça devient intéressant.
- Studio de développement : Square Enix
- Éditeur : Square Enix
- Plateformes disponibles : PC, PlayStation 5, Nintendo Switch 2
- Plateforme de test : Nintendo Switch 2
- Classement : T
- Prix : 53,49 $
- Site officiel du jeu
- Page Steam du jeu

Lorsque la Nintendo Switch 2 montre ses muscles
L’arrivée de Final Fantasy VII Remake sur Nintendo Switch 2 n’est pas un simple portage, c’est une réelle prouesse d’optimisation. Le jeu repose sur une architecture lourde, pensée à l’origine pour des consoles plus puissantes. Avec une ville ultra-détaillée, des effets de lumière complexes et une mise en scène constamment en mouvement, je doutais que la console de Nintendo puisse maîtriser tout cela.
En mode dock, la Switch 2 s’en sort bien. La résolution est inférieure aux standards de la PS5 ou du PC, mais elle demeure suffisamment propre pour préserver la lisibilité et l’impact visuel. Les environnements sont détaillés, les personnages sont bien modélisés et les combats conservent leur nervosité. Le framerate vise la stabilité avant tout, quitte à sacrifier un peu de finesse. C’est un choix logique : le jeu privilégie la fluidité à la simple démonstration technique.
En mode portable, les concessions sont plus visibles, mais pas totalement catastrophiques. Les textures sont allégées, les ombres simplifiées et les effets de particules réduits. Tout est là, mais dans une version plus sobre. La distance d’affichage est raccourcie, ce qui se remarque surtout dans les grandes zones urbaines. Malgré cela, la fluidité reste étonnamment constante. Voir Midgar tourner correctement sur une console que l’on peut glisser dans un sac est une vraie prouesse technologique. La Nintendo Switch 2 adapte et optimise, et ça fonctionne.

La direction artistique et la mise en scène
Si la technique doit s’adapter, la direction artistique, elle, reste impeccable. Final Fantasy VII Remake repose avant tout sur une identité visuelle forte, presque théâtrale, et cette identité survit parfaitement au passage sur Nintendo Switch 2.
Midgar reste une ville oppressante, saturée de métal, de néons et de fumée. Les contrastes entre les bas-fonds et les quartiers supérieurs conservent leur puissance symbolique. Même lorsque certains détails sont simplifiés, la composition des décors et l’utilisation de la lumière maintiennent l’ambiance. Le jeu sait exactement où poser le regard du joueur et c’est là que la magie opère.
La mise en scène est toujours d’une grande précision. Les cinématiques gardent leur intensité émotionnelle, les cadrages sont expressifs et les transitions entre la jouabilité et la narration restent fluides. Sur un écran plus petit, les visages prennent encore plus d’importance : les regards, les silences et les micro-expressions deviennent centraux.
Quant à la bande-son, elle demeure un pilier de l’expérience. Les réarrangements musicaux sont d’une grande richesse, alternant entre la nostalgie et des réinterprétations plus modernes. Avec un casque d’écoute, en mode portable, l’expérience devient plus personnelle. Le jeu ne perd rien de son côté épique, mais gagne en proximité émotionnelle.

Une jouabilité et un système de combat toujours aussi addictifs
Le système de combat hybride reste l’un des points les plus solides du remake et la version Nintendo Switch 2 ne le trahit pas. L’équilibre entre action en temps réel et stratégie au tour par tour est toujours aussi finement dosé.
Les affrontements sont dynamiques, lisibles et demandent une vraie implication. On ne martèle pas des boutons au hasard : il faut observer et exploiter efficacement les faiblesses ennemies tout en gérant la jauge ATB et en alternant entre les personnages. La Nintendo Switch 2 encaisse bien cette complexité, même lors des combats les plus chargés visuellement.
Les contrôles sont bien adaptés, que l’on joue avec les Joy-Con ou avec une manette plus traditionnelle. La réactivité est au rendez-vous, et les menus restent fluides, ce qui est crucial dans un jeu où la prise de décision rapide peut faire toute la différence.
Final Fantasy VII Remake se prête d’ailleurs très bien à de plus courtes sessions de jeu. Faire un combat, une mission secondaire ou un simple chapitre s’enchaîne naturellement. Le jeu perd son côté de monument intimidant et devient plus accessible, sans jamais perdre en profondeur.

Le contenu et la narration
Narrativement, cette version ne modifie pas la nature du jeu, mais elle change la manière dont on le vit. Final Fantasy VII Remake n’est pas un simple remake fidèle : c’est une relecture consciente de son propre mythe.
Le scénario prend le temps de développer ses personnages, parfois au prix d’un rythme inégal. Certaines sections s’étirent, ajoutant des quêtes ou des séquences qui peuvent diviser, mais ces moments servent aussi à renforcer l’attachement aux protagonistes. Cloud n’est plus seulement un héros taciturne, il est fragile, fissuré. Tifa et Aerith gagnent une profondeur émotionnelle remarquable. Barret oscille entre caricature et sincérité.
Sur Nintendo Switch 2, la narration gagne une dimension plus personnelle. Jouer seul, au calme, accentue l’impact des dialogues et des silences. Les thèmes comme l’identité ou le destin ressortent avec encore plus de force. Le jeu assume pleinement ses choix, quitte à frustrer certains puristes. (Mais bon… Un remake ne devrait pas toujours être un copié et collé, selon moi.) C’est précisément ce qui le rend fascinant : il ne cherche pas à rassurer, il cherche à se questionner. Et cette audace narrative reste intacte, peu importe la plateforme.

En conclusion
Final Fantasy VII Remake sur Nintendo Switch 2 n’est pas la version la plus spectaculaire, mais ce n’est pas ce qu’on lui demande. C’est une version solide qui prouve que la Nintendo Switch 2 peut accueillir des monuments autrefois réservés aux consoles plus puissantes.
Jouer à un tel jeu en mode portable, accepter ses compromis et se laisser happer par son univers est un vrai plaisir. L’important n’est pas d’avoir le plus beau Midgar possible, mais de pouvoir y retourner n’importe où, n’importe quand. Et ça, la Nintendo Switch 2 le fait plutôt bien.
J’aime
- Un système de combat profond et addictif
- Une adaptation techniquement solide pour la Nintendo Switch 2
- Le plaisir inédit de jouer à Final Fantasy VII Remake en mode portable
J’aime moins
- Une fluidité forcément inférieure aux versions PS5/PC
- Des concessions graphiques visibles, surtout en mode portable
La copie de Final Fantasy VII Remake a été fournie par Nintendo.
Final Fantasy VII Remake
Scénario
Graphismes
Bande sonore
Jouabilité
Durée de vie
Impressionnant
Sur une console portable telle que la Nintendo Switch 2, je ne m'attendais pas à plus, mais certainement à moins.
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