L’horreur à la Vitesse Lumière

Tout de suite après la marche des zombies organisée par Living Dead Events and Productions, je me suis dirigé à l’intérieur du Musée de la civilisation où se tenait la 13e édition du festival Vitesse Lumière. Cet événement offre une tribune de choix aux réalisateurs indépendants qui tentent de percer dans le milieu avec leurs œuvres uniques. La soirée était découpée en deux parties : la première consacrée à des courts et moyens métrages, la seconde à un documentaire dédié aux coulisses du cinéma d’horreur indépendant.

Première partie

Voici les films qui ont été présentés en début de soirée et mes impressions.

Missing (Disparue) : ce moyen métrage met en vedette Alice, une jeune femme début vingtaine qui se réveille complètement nue dans un champ, loin de chez elle. Au fur et à mesure que l’histoire progresse, elle se remémore comment elle s’est retrouvée dans un pareil pétrin. Pendant ce temps, sa mère est rongée par l’inquiétude et garde espoir de la revoir. J’ai apprécié l’atmosphère, le ton de ce film, où la tension est palpable et les clichés, évités au maximum. Seule la conclusion m’a laissé perplexe, en fait je ne suis pas certain d’avoir compris ce qui s’est passé, mais pour ne pas gâcher la surprise, je dirais qu’elle est un peu farfelue, mais originale. En somme, Missing est un effort louable que j’ai beaucoup apprécié.

Mula Xul : ce court métrage particulier a été tourné et scénarisé en 48 heures dans le cadre d’un concours dont le nom m’échappe. Il met en scène un homme dans la trentaine et une femme de la même tranche d’âge qui couchent ensemble. Jusqu’ici, rien d’imprévisible. Toutefois, dès son réveil, le personnage principal se rend à la salle de bain et découvre que sa tendre moitié saigne à profusion dans la douche. L’instant d’après, une femme cadavérique sort du bain, seins bien en évidence, et s’approche de lui. Une autre morte se joint aux festivités et le trio de femmes morbides explique à l’homme paniqué qu’il doit servir de « canal » à un ancien dieu. Si vous ne comprenez pas mon texte, ce n’est pas bien grave, je n’ai pas plus compris le film. En revanche, j’ai aimé son aspect complètement déboussolé, unique, limite perturbant.

Le livreur : dans ce film, l’humour et l’horreur sont au rendez-vous. Un homme se cherche désespérément un boulot et tombe sur une offre qu’il s’empresse de saisir : livreur. Une fois à son entrevue, il soupçonne que des choses louches se trament puisque l’endroit est délabré, une vieille usine abandonnée qui sert de bureau à un employeur parlant le franglais. Le personnage principal accepte tout de même le job et livre des boîtes mystérieuses à des clients encore plus étranges. J’ai adoré ce film qui jouit d’un scénario exemplaire, d’un jeu d’acteurs extraordinaire et d’une bonne balance entre suspense, horreur et drôleries. Pour un effort indépendant, c’est remarquable à tous points. Je vous le conseille vivement, du début à la fin vous serez accroché.

The Legend of Beaver Dam : sans contredit mon coup de cœur de la sélection offerte au festival Vitesse Lumière. Des scouts autour d’un feu apprécient leur moniteur qui gratte sa guitare et chante, avant d’être interrompu par le petit intellectuel du groupe. Le moniteur se met alors à rire de lui et à l’envoyer chier, carrément, tout en continuant sa chanson qui porte sur une légende de Beaver Dam : Stompy Sam, ayant perdu un bras et qui tue si son nom est répété trois fois au cours d’une même nuit. Mélange d’humour hilarant, de musique et de gore, ce film emprunte une direction inhabituelle. C’est un véritable vent de fraîcheur et j’en redemandais même une fois que le générique défilait.

Voici un aperçu :

Bloody Blow : je dois avouer que je me demandais vraiment où ce court métrage voulait en venir. Un criminel interpellé par Interpol est gardé prisonnier dans un sous-sol. Son maquillage de squelette qui recouvre son visage est plutôt effrayant. Des agents de police échangent une valise avec lui et, peu de temps après, le psychopathe dévore un cerveau humain aux côtés de ses deux employés de service. À la toute fin, on comprend que le film est dédié à Rémy Couture, accusé au criminel par la justice canadienne car son art est trop violent. « Art is not a crime », pouvait-on lire dans un bain de sang. Sans cause, le film passerait rapidement à l’oubli, mais son message est si puissant que je l’ai tout de suite adopté.

Jeune assassin : ce court métrage a été présenté au cours de la seconde partie histoire de souci technique, mais je l’ajoute ici avec les autres. Dans Jeune assassin, deux colocataires partagent un souper arrosé. L’un d’eux se moque éperdument de l’autre, au point qu’il le poignarde à la gorge avec un couteau à steak. Une fois venu le temps de se débarrasser du corps découpé en morceaux et placé dans des sacs à vidange, le tueur fait face à une multitude de péripéties malchanceuses : sa voiture est remorquée, il doit prendre le bus, il n’a pas assez d’argent pour payer les frais, et ainsi de suite. Le scénario, un peu comme Le Livreur, est un mixte d’humour qui fait toujours mouche et d’horreur, de suspense. Ce film faisait aussi partie de mon top après la soirée, c’est tout dire.

Deuxième partie

La seconde partie de la soirée au festival Vitesse Lumière était consacrée à la présentation du documentaire Under the Scares, qui nous invite dans le monde peu connu du cinéma d’horreur indépendant. Plusieurs entrevues ont été réalisées avec des gros joueurs du milieu, par exemple George A. Romero (Night of the Living Dead), Herschell Gordon Lewis (Blood Feast) ou encore Lloyd Kaufman (Toxic Avenger). En plus d’une multitude de conseils offerts aux jeunes cinéastes qui aimeraient se lancer dans la réalisation d’un film d’horreur à petit déploiement, Under the Scares offre un bilan actuel de cette industrie et ne ménage pas ses mots. Il n’y a pas de demi-vérités avec ce film, tout est juste afin de dresse le portrait le plus fidèle de la réalité de ce cinéma à l’ère numérique. Si vous êtes moindrement fan de l’horreur, du gore, de slashers, et que vous désirez en apprendre plus sur le monde indépendant, ce documentaire est un incontournable. Vous pouvez vous procurer le DVD à l’adresse suivante moyennant une vingtaine de dollars : http://www.underthescares.com/.

À propos de Michael

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