La page blanche : plus qu’un simple divertissement

On a souvent taxé la bande dessinée de ne pas être un média sérieux. En fait, c’est toujours le cas, même si elle gagne de plus en plus ses lettres de noblesse. Pour ma part, je trouve difficile de trouver une bonne BD. Qui divertit, qui fait sourire, mais aussi qui émeut et fait réfléchir. Ça a été le cas avec La page blanche, de Boulet (scénariste) et Pénélope Bagieu (dessinatrice), publiée par les éditions Delcourt.

Ok, ça s’appelle La page blanche. Déjà, l’écrivaine en moi a été interpelée. Mais il n’est pas question du fameux syndrome en fin de compte. Non, dans cette BD, on parle d’amnésie. Une amnésie de film. Une jeune femme se retrouve sur un banc de parc à Paris, et n’a plus aucun souvenir de sa vie ou de qui elle est. Bon, à la base, c’est pas très original, me suis-je dit. Une amnésie de film : on en a vu dans plein de films, justement!

Capture-d’écran-2012-01-29-à-12.19.26Pourtant, La Page blanche se démarque par son humour et aussi par sa simplicité dans l’histoire et les graphismes qui pourtant cachent une question beaucoup plus profonde et une histoire beaucoup plus touchante qu’on pourrait le croire de prime abord. Le personnage d’Éloïse Pinson est tout simplement attachant, beaucoup de jeunes femmes pourront s’y identifier. C’est vrai, je ne l’ai pas spécifié : le public féminin est particulièrement visé, mais, messieurs, vous devriez tenter une petite lecture, même si la couverture est rose!

On suit donc le quotidien d’Éloïse dans sa quête d’identité. Son intelligence et sa débrouillardise lui permettent de retrouver son appartement, son travail, ses amis, mais pas ses souvenirs. Et on constate assez rapidement que de tous les scénarios envisageables – Éloïse a une imagination fertile qui donne des résultats très comiques! –, la réalité peut se montrer bien décevante. Et c’est là que le côté plus profond de l’histoire se dévoile. La page blanche fait plus que divertir et faire sourire. Malgré toute sa simplicité, elle pousse à l’introspection, à poser un regard critique sur sa propre vie.

J’ai terminé ma lecture en me demandant : mais je suis qui, moi? C’est quoi, ma vie? Des histoires qui vous font poser sérieusement ces questions, il n’y en a pas des tonnes!

Bref, je lève mon chapeau à Boulet et Pénélope Bagieu pour avoir créé La page blanche, une bande dessinée drôle et touchante qui donne envie de partir en quête de sa propre identité!

© images Éditions Delcourt

À propos de Martine Meloche

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