Fujifilm X-Pro1: L’ami du photographe

Entête de l'article sur le Fujifilm X-Pro1Il semble que, dans le dernier mois, j’ai eu un petit festival impromptu d’essais d’appareils Fujifilm. L’entreprise, depuis quelques années, a su lancer moult caméras intéressantes et fascinantes. La plus notoire de ces lancées aura été la série X. Pour bien conclure cet involontaire (mais tout de même divertissant) carnaval, me voici avec mes impressions du Fujifilm X-Pro1.

Avant que je débute, je dois dire que cet essai sera un récit très subjectif. Je n’ai pas réalisé de chartes MTF, d’essais comparatifs de la performance en ISO élevés ou du niveau de distorsion des objectifs. J’ai réalisé cet essai de la façon la plus simple possible: en sortant l’appareil de la boîte et en prenant des photos. Donc voilà, maintenant que c’est dit, allons-y de mon délicieux récit d’une lune de miel de deux semaines avec le Fujifilm X-Pro1. C’est parti!

Qu’est-ce que le X-Pro1?

Ensemble Fujifilm X-Pro1 avec les trois objectifs Fujinon et leur pare-soleilLe Fujifilm X-Pro1 est un boîtier hybride à objectifs interchangeables (ce que nos amis les anglos appellent un mirrorless camera (ils ont le sens de la concision, quand même, les anglos!)) embarquant un nouveau type de capteur CMOS, délicatement nommé X-Trans. Ce capteur X-Trans de 16 mégapixels est de taille APS-C et se départit de l’usuel filtre anticrénelage pour le remplacer par un filtre à couleurs primaires. Pour la visée, les ingénieurs et designers de Fujifilm ont choisit de reprendre leur déjà excellent viseur hybride tel que vu sur le X100 et l’a grandement, grandement amélioré.

Le Fujifilm X-Pro1, sans objectif, exposant son excellent capteur
Le Fujifilm X-Pro1, montrant fièrement son capteur X-Trans de 16 mégapixels.

Côté objectifs, le X-Pro1 bénéficie d’une toute nouvelle monture, aptement nommée «X». Il y a trois objectifs en monture X présentement sur le marché, soit le Fujinon XF18 F2 R, le Fujinon XF35mm F1.4 R et le Fujinon XF60mm F2.4 R Macro. Plusieurs autres modèles sont prévus pour la prochaine année (ce qui est une toute excellente nouvelle).

Le X-Pro1 est donc un assemblage du meilleur de Fujifilm dans un boîtier tout de noir vêtu, avec un look très utilitaire, très business. Un look qui donne envie de faire des photos. Mais ce qui est excellent ici est que ceci n’est pas qu’un look, qu’une apparence: l’appareil est un réel outil de photographe. Un ami du créateur d’images. Je pense que je suis tombé amoureux. Alors avant de vous parler de mes impressions techniques, discutons amour!

Ma lune de miel avec Monsieur X-Pro1

Quand j’ai reçu l’ensemble du X-Pro1, il s’est passé quelque chose qui n’arrive jamais quand je reçois du matériel à essayer: je me suis mis à l’utiliser tout de suite. Sans lire le manuel, sans mettre la pile sur le chargeur pour être certain qu’elle soit pleine, sans faire plus de recherche sur son pedigree. Je me suis juste lancé dans l’utilisation. J’avais une certaine fascination envers l’appareil, une forme d’attraction. Une envie forte de l’utiliser.

Pendant les 2 semaines suivantes, j’ai utilisé le X-Pro1 à chaque occasion. Je m’en suis servi pour faire les photos des produits qui paraîtront prochainement sur ce blog. Je suis parti faire des photos en nature et en ville et partout où j’ai pu. Le X-Pro 1 a su faire ressortir mes vieux réflexes de photographe. Mes mains se trouvaient en terrain connu. L’opération de l’appareil m’a semblé toute naturelle dès le départ. Peut-être est-ce parce que j’avais utilisé le X10 et le X100 avant, peut-être est-ce parce que j’avais déjà utilisé de vieux appareils argentiques manuels.

Et c’est précisément cela qui m’a enchanté. Ce sentiment de familiarité, de confort ne vient que très rarement avec un appareil que l’on utilise pour la première fois. Il faut généralement apprivoiser, apprendre, s’ajuster. Je n’ai pas senti cela avec le X-Pro1.

Ceci dit, cela ne signifie pas que l’appareil est parfait, bien sur que non. Rien n’est parfait.

Le côté technique

Le X-Pro1 embarque plusieurs petits éléments clés pour rendre la vie plus facile à ses usagers. Le premier d’entre ceux-ci est le superbe, l’excellent viseur hybride. Comme son nom l’indique, il combine viseur optique et viseur numérique en une seule unité et permet de passer de l’un à l’autre, au besoin ou au goût.

L'arrière du Fujifilm X-Pro1, avec le viseur, l'écran et les différents contrôles
L’arrière du Fujifilm X-Pro1 est sans chichis, bien dessiné et joliment utilitaire

Parlant du viseur numérique, je dois souligner à quel point celui-ci m’a épaté. Lors de mon premier jour d’utilisation, j’avais monté l’objectif macro sur l’appareil et me suis amusé à faire quelques clichés de très près. Voyant que l’appareil refusait de faire le foyer à une si courte distance, j’ai actionné le mode macro et me suis remis l’oeil au viseur et le doigt sur le déclencheur. Ce n’est qu’en actionnant le bouton du menu par mégarde et en le voyant s’afficher dans le viseur que je me suis rendu compte que j’étais en mode visée numérique! Moi qui avait un certain dédain pour la visée numérique, j’ai eu ma leçon. Bien joué, X-Pro1.

L’ergonomie de l’appareil m’a beaucoup plu. Partis sont les boutons spongieux et trop petits du X100. Les contrôles du X-Pro1 sont tactiles et aisément repérables. Le seul élément frustrant qui reste est la molette de compensation d’exposition qui est trop facile à accrocher. Mais, à vrai dire, je cherche des points négatifs à dire. Il ne m’en vient que très peu.

Les objectifs et la qualité d’image

Les trois objectifs Fujinon, en ordre de grandeurJ’avais en test les trois mousquetaires Fujinon, soit le 18, le 35 et le 60. Faute d’avoir l’esprit rigoureux d’un scientifique, j’ai effectué cet essai en changeant souvent d’objectifs et en ne portant que peu attention à lequel était monté à quel moment. Mais j’ai tout de même dénoté quelques trucs intéressants.

Les trois objectifs produisent des images très détaillées, avec une saturation adéquate et un bon contraste. La mise au point, bien que pas ultra rapide, n’est pas terriblement lente non plus. Aussi, elle est généralement très précise. Avec l’objectif 60mm, j’ai cependant remarqué que la mise au point était plus difficile. Lorsque couplé avec le viseur en mode visée optique, j’ai souvent eu des images complètement floues, comme si le carré de sélection du point de focus n’était pas assez précis ou assez ciblé pour bien indiquer où le foyer serait fait. Une simple passage en visée numérique règle le problème.

Les images sortant du X-Pro1 sont bien détaillées avec une grande étendue dynamique

Les images sortant du X-Pro1 sont épatantes. Délicieuses. Superbement détaillées, avec une très grande étendue dynamique et une belle répartition des tons. Le capteur X-Trans permet au X-Pro1 une incroyable performance même en très, très faible luminosité. Le bruit numérique n’est que très peu apparent, même à ISO 3200. L’appareil permet aussi de shooter en RAW, ce qui offre encore plus de possibilités dans le traitement des fichiers. Il est donc possible de tirer partie de la pleine latitude qu’offrent les images du X-Pro1.

Cliquer ici pour voir la galerie d’images prises avec le X-Pro1

Au final

Le positif

  • La superbe qualité d’image
  • La construction ultra-solide et vraiment pro
  • Les contrôles manuels sur l’appareil et les objectifs
  • La performance en ISO élevés

Le négatif

  • L’autofocus parfois dans l’erreur
  • La molette de compensation d’exposition trop facile à dérégler par accident
  • Le prix plutôt élevé de l’appareil (quoi qu’il soit totalement justifié)

La conclusion

Le Fujifilm X-Pro1 est réellement un boîtier pour photographe aguerri, pour l’amateur d’images, le fan de contrôle et l’obsédé de qualité d’image. Il sera un excellent compagnon pour le photographe de voyage, le photographe de rue ou le portraitiste. À 1699$, boîtier seulement, il n’est pas pour toutes les bourses, mais celui qui pourra se le procurer en verra sa vie photographique enrichie.

Voir: Fujifilm X-Pro1 (Fujifilm Canada)

À propos de Olivier Deveault

Étudiant d'informatique, photographe réformé et amateur de design, Olivier aime beaucoup le sushi de qualité. Il parle bilingue et demi, mesure 6 pieds 4 pouces et possède un compte twitter (@odeevee).

Aussi à voir...

Piper

Piper : Assembler un ordinateur avec son enfant

Pourquoi offrir à votre enfant sa propre tablette, quand vous pourriez l’accompagner dans l’assemblage d’un …

Qu'en penses-tu ?