[Critique] Ninja Gaiden 3: Razor’s Edge

Il m’a été donné de jouer à des jeux qui ne brillaient pas. Bien souvent, je trouve de belles qualités à ces jeux, de petites choses qui ne les sauvent de leur mauvais design ou de leur médiocrité relative, mais qui les rend relativement endurables. Malheureusement, le jeu que je m’apprête à critiquer ne possède pas ces petites choses qui me le font finir, aussi horrible soit-il.

Fiche Technique

Console(s) Wii U
Nombre de joueurs 1 joueur
Développeur Team Ninja
Éditeur Tecmo Koei / Nintendo
Date de sortie 18 Novembre 2012
Prix de détail suggéré 59.99$
ESRB M pour Mature

Ninja Gaiden est une franchise qui est réputée pour la difficulté de ses jeux, parfois frisant le ridicule. Le troisième volet, Razor’s Edge, présente le retour de Ryu Hayabuza, incroyable ninja
d’un village éponyme au Japon. À travers ses rocambolesques aventures, on trouve de tout… pour en faire un jeu risiblement mauvais.

Assassine-moi une histoire…

Quand j’ai lu sur la quatrième de couverture que l’histoire de Razor’s Edge serait épique, je ne pensais pas qu’elle serait si horriblement mal ficelée et si invraisemblable que j’en viendrais à croire qu’on devait être sarcastique. Il y a une limite à nous dire de belles paroles!

Le jeu aurait pu se priver d’histoire et simplement sauter d’un niveau à l’autre. Les cinématiques mettent en valeur des personnages vides et parfois littéralement insignifiants. Justement, pourquoi avons-nous besoin de ces scènes si aucune saveur ne reste une fois que nous arrivons dans le meilleur du jeu?

Un autre point qui me dérange énormément est le fait que, comme dans la majorité des jeux de Team Ninja, les femmes, avec leurs énormes seins, prennent un statut d’objet. Aucun personnage féminin dans ce jeu ne semble voir de problème à porter une paire de seins dont certaines planètes seraient jalouse ou des habits qui ne sont absolument pas fonctionnels. Ce genre de puérilité sous-entend que ce jeu ne vise que les mâles en rut plutôt que les gamers ordinaires. Mais je m’éloigne du sujet principal!

Recevoir un couteau dans le front

Si ce n’était que des aspects de l’histoire, le jeu pourrait possiblement survivre… Une fois qu’on en fait abstraction, nous sommes laissés devant quelque chose qui peut sembler, aux premiers abords, un jeu absolument excitant.

Malheureusement, l’effet du jeu de hack’n slash se brise aussi rapidement que la barre de vie qui disparait à l’écran. Aucune familiarisation n’est faite dès le départ, aucune règle de convivialité n’est donnée : on nous lance dans un jeu où il faut savoir les règles d’avance. Cela donne l’impression que le jeu nous trahit et nous punit pour ne pas connaître les contrôles, qui ne sont expliqués que par de petits aide-mémoires placés à des moments de survie extrêmes.

Donc, est-ce qu’on a le temps de les lire? Bien sûr que non!

Cette faiblesse nous suit tout le long du jeu. Si nous oublions une tactique plus qu’une autre, le jeu ne pardonne pas. Bien au contraire, il sévit sauvagement contre notre manque d’attention. Il était rare que, durant ma période de jeu, je ne sois pas sur le point de mourir à cause d’un ennemi utilisant son espèce de combo impossible à bloquer autrement qu’en utilisant une techniqueinfaisable. À d’autres moments, certains ennemis ne font qu’être dans le chemin : quelques petits coups et voilà, on n’en parle plus. C’est particulièrement sur ce point que l’expérience devient inégale et déplaisante.

L’art de l’indiscrétion

En ce qui concerne la variété, il n’y en a tout simplement pas. On détruit tout sur son passage et on poursuit le niveau . Le jeu ne laisse rien au hasard et souvent, on se retrouve dans des situations qui ressemblent étrangement à du déjà-vu. Il n’y a pas 36 manières de terminer un combat : tant qu’un ennemi est debout, on doit l’achever, même si celui-ci ne fait rien de spécial. Autre chose : ces ennemis ont tous la même voix et se sont probablement dit que crier “Fuck you!” à répétition serait une excellente manière de tuer Ryu Hayabuza. On remarque avec irritation que le budget n’a pas été mis sur ces aspects de la jouabilité… qui font tout de même d’un jeu une expérience amusante plutôt qu’une expérience frustrante.

Malgré un système qui nous permet d’obtenir des nouveaux mouvements, attaques et armes, ça revient pas mal au bon vieux “slash slash slash slash slash, suivant!” De plus, j‘ai été surpris de voir que la subtilité d’un ninja n’est utilisée que pour se faire “garrocher” dans une autre situation de combat plutôt que pour simplement éviter des situations fâcheuses qui nous font faire face à des méchants dont l’armement, composée majoritairement de lance-roquettes est comparable à une guérilla sud-américaine.

Un rasoir très peu coupant

Quand le jeu a été adapté, un an plus tard, pour la Wii U, je m’attendais à des changements qui permettraient d’utiliser le nouvel écran du Gamepad. Malheureusement pour moi, outre des boutons additionnels sur l’écran, aucune navigation n’est opérée par le touché. C’est une réelle déception de voir que Team Ninja n’a pas repoussé les limites sur ce point.

Devriez-vous l’acheter?

NON

Je crois que Ninja Gaiden 3: Razor’s Edge présente le manque marqué de maturité de son équipe. On passe d’une histoire risible et mal écrite à des personnages dont on se fout complètement. Ajoutez un manque total de savoir-faire en matière de design, et vous obtenez un cocktail relativement explosif pour que votre manette se retrouve encastrée dans un mur non lointain.

Ninja Gaiden 3: Razor’s Edge est à éviter par tous les moyens. Au prix de ce jeu, faites-vous donc une faveur et achetez-vous d’excellents titres indies sur le Nintendo e-shop.

À propos de Bruno-Pierre Campeau

Bruno est rédacteur en chef de la section jeux vidéo et est un passioné de l'industrie du jeu. Il jouer et aime en parler mais surtout il n'hésite pas à taper sur les doigts d'une companie lorsque celle-ci fait une erreur.

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